8/10Mercy - Tome 3 - La mine, nos souvenirs et la mortalité

/ Critique - écrit par Maixent, le 15/03/2021
Notre verdict : 8/10 - Le déchirement des passions (Ecrivez votre critique)

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Fin de la trilogie Mercy

Fin de la trilogie Mercy avec ce dernier tome aussi surprenant que les précédents dans un traitement unique et une ambiance tout aussi particulière. Déchirés par leurs passions, des sentiments incontrôlables et des pulsions de violence, ces êtres venus d'ailleurs exultent ici dans une apothéose flamboyante et poisseuse qui embarque le lecteur jusqu'au bout.


© Glénat 2021.

 

Le mystère Mercy s'est dévoilé peu à peu, toujours à la manière d'un roman victorien dont on ne comprend pas toujours les enjeux immédiatement. En effet, à l'instar du Frankenstein de Mary Shelley, on ne sait  plus qui est le héros, de la créature ou du créateur, et surtout, on peut tout à fait s'arrêter à une lecture premier degré en gardant en tête l'image du monstre mais les enjeux narratifs et psychologiques sont beaucoup plus profonds, garant d'ailleurs du succès du livre à travers les siècles et l'imaginaire collectif. Alors s'il est vrai que le graphisme est remarquable, on peut ici aussi plonger dans les méandres des sentiments et ce qui fait la nature même de notre humanité.
© Glénat 2021.

 

Les créatures, malgré leur aspect répugnant et gluant, avec des yeux qui poussent partout et un aspect tentaculaire dégagent de réelles émotions ( ce qui causera leur perte), voire même un certain érotisme. En effet, on ne se limite pas à un grouillement sans aucun sens. Le dessin transmet le fait que ces créatures ont acquis des émotions humaines, acquérant ainsi une certaine expressivité visuelle. Ainsi on ressent des émotions telles que la haine, la peur, ou même l'amour filial de Lady Hellaine pour la petite Rory. Amour, passion, carnation, tout cela se mêle dans les corps humains ou extrateresttres et à la beauté troublante de Lady Hellaine au corps délicat parsemé de grains de beauté auquel répond la viscosité végétale et hypnotique des créatures.


© Glénat 2021.

 

Un final donc surprenant, empreint d'émotions et de rebondissements. On a eu le temps de s'attacher au personnages et même si l'on ne comprenait pas totalement les enjeux au début, ce qui aurait pu n'être qu'une banale histoire d'invasion se révèle être un récit empathique et profondèment vivant. Il y a une forme d'onirisme assez captivant, comme si au réveil on ne savait pas si on a fait un doux rêve ou un cauchemar. En jouant sur les sensations plutôt que des ressorts plus grossiers, Mirka Andolfo livre ainsi une oeuvre subtile qui sort des clichés habituels.Une trilogie de qualité aussi bien au niveau du dessin que du récit qui prouve qu'une nouvelle génération sachant allier finesse, comics, science fiction et action a vu le jour.

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