8/10Mercy - Tome 1 - La dame, le ciel et le diable

/ Critique - écrit par Maixent, le 07/10/2020
Notre verdict : 8/10 - Beauté vénéneuse (Ecrivez votre critique)

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Quand la science fiction s'invite en Alaska

A tout juste trente ans, Mirka Andolfo a déjà un long parcours dans la bande dessinée, notamment chez Marvel et DC. Que ce soit en tant que coloriste, illustratrice ou dessinatrice ou même pour l'encrage, elle est présente d'une manière ou d'une autre sur les grandes séries des deux géants américains des années 2010, de Batman Métal à Harley Quinn Rebirth en passant par Ms. Marvel. Mais avec Mercy, elle prend les reines, maîtrisant l'album de bout en bout pour une œuvre plus personnelle, ne s'inscrivant pas dans la lignée des super-héros connus, même si pour cette artiste insatiable ce n'est ni la première ni la dernière fois.

L'album commence sur les chapeaux de roue. Trois planches grouillantes et violentes rappelant The Thing mais au fond d'une mine. On ne sait pas trop ce qu'il s'y passe mais on sait par contre qu'on a aucune envie d'y être. En quelques scènes, l'horreur est esquissée, la brutalité d'un instant qui contraste avec la planche suivante, une main mystérieuse tendue à une autre tandis qu'une sorte de plante étrange assez proche du symbiote de Carnage pousse un peu trop vite. Le récit proprement dit peut commencer.


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On est en Alaska, à la fin du XIXe siècle, à Woodsburgh, soit assez prêt du Klondike, la rivière qui cristallise à elle seule tous les espoirs et toutes les vilenies de l'Homme, théâtre de la plus fameuse ruée vers l'or et qui a gagné ses lettres de noblesses grâce à Charlie Chaplin ou Jack London. Une ambiance plutôt tendue donc, où les hommes sont violents, les vents glacials et les assiettes vides. Rory est l'une des nombreuses enfants à y survivre sous l'emprise de « l'oncle , sorte de famille Tenardier à lui tout seul qui exploite une tripotée d'enfants perdus dans son usine et les élève à coup de taloches et de pain sec (quand il y a du pain sec). En tout cas, l'atmosphère est posée pour ce tome d'exposition qui non seulement présente les personnages sans s’appesantir, avec un certain talent dans la narration, laissant juste assez de mystère, mais en plus aiguise la curiosité du lecteur, ouvrant de nombreuses pistes et possibles.
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On ne sait pas encore bien de quoi il s'agit. Une force extra-terrestre qui aurait pris possession d'un corps humain ? Une mutation improbable ? Ou la manifestation du diable. En tout cas ces tentacules végétales rose vif sont du plus bel effet et s’intègrent parfaitement à un dessin de qualité qui irradie de lumière. En effet, la qualité graphique vient surtout de la couleur qui influence l'ensemble de l'album, lui conférant plus de vie, tout en insistant sur son côté crépusculaire. On ressent véritablement le froid du climat ou la chaleur des intérieurs bourgeois, comme celui du bordel dont la tenancière jouera sans doute un rôle important par la suite.

Mercy propose donc une scène d'ouverture d'une qualité incontestable tant au niveau du graphisme que du scénario. Il y a juste ce qu'il faut de mystère, d'exposition et de climax pour un premier album. Les éléments se mettent en place et on a hâte de découvrir la suite de cette aventure que l'on détaillera plus en avant au fur et à mesure de la découverte. 

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