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6.5/10Magenta - Bienvenue en Enfer

/ Critique - écrit par Maixent, le 12/07/2015
Notre verdict : 6.5/10 - L'enfer c'est les autres (Ecrivez votre critique)

Temps de lecture estimé de l'article : 3 minute(s) - laisser un commentaire

Quand Magenta infiltre la haute société.

On aime bien Magenta. Cette héroïne haute en couleur issue tout droit des fantasmes de femme fatale, celle avec bas nylons et talons aiguilles, inspirant crainte et respect d’un seul regard. Ce que l’on aime aussi c’est sa démesure, des aventures courtes et improbables mettant la belle dans des situations rocambolesques et trépidantes. Mais si les saynètes sont très réussies voir Magenta, détective dépravée), cela méritait-il de faire un album grand format avec une longue histoire ? On l’a vu, le format court peut être très efficace mais ne marchera pas forcément en grand format. Ce constat est valable dans la bande dessinée, les longues histoires de Boule et Bill sont les moins réussies mais aussi le cinéma comme le prouve l’adaptation de Caméra Café en « vrai film ».


Fetish

Le grand point positif de passer de saynètes à une œuvre plus magistrale est l’implication de l’auteur et notamment le soin apporté au dessin. Alors que les histoires courtes, à l’instar de la plupart dans le genre érotique, étaient parfois un peu bâclées - des contraintes d’édition sans doute - Bienvenue en Enfer met en avant les qualités de dessinateur de Nick Guerra. Si les contrastes étaient déjà maîtrisés auparavant, ils prennent ici encore plus de relief, donnant vie aux personnages et aux décors. Les ombrages sont travaillés avec audace, avec une recherche graphique que l’on ne voyait pas dans les autres albums, mettant en avant les courbes de Magenta parfois de manière peu crédible mais toujours dans un sens érotisant à même de plaire au lecteur. De même les références fetish ou iconiques sont plus appuyées. Là où il n’y avait que des clins d’œil, le plan serré montrant Magenta enfilant ses escarpins est tout simplement sublime, de même que le rappel au  martyr de Saint Sébastien de Mantegna, transformé pour le coup en torture érotique.
Relecture du martyr de Saint Sébastien

 

Ce qui pêche c’est l’histoire qui se délite sur trop de pages pour être vraiment palpitante. Une histoire mêlant espionnage à la James Bond et perversité  de la haute bourgeoisie, les invités n’étant que des proies pour une population décadente et perverse, un peu comme dans les chasses du comte Zaroff. Magenta, elle, est envoyée dans ce manoir étrange pour enquêter. Missionnée par une agence gouvernementale, elle a pour objectif d’enquêter sur de mystérieuses disparitions et de retrouver un agent disparu. Vite repérée, Magenta saura cependant jouer de ses charmes pour se sortir de toutes les situations.


Devant la cheminée

 

On retrouve dans l’ensemble de l’album l’esprit Magenta, notamment avec une bonne dose d’horreur rappelant les films de série B de la grande époque et cet aspect « carton-pâte » qui donne un charme désuet à l’ensemble et un décalage humoristique. Sont présents les grands classiques du genre comme la pièce capitonnée avec des caméras, les dégénérés congénitaux ou encore la tête de la défunte épouse conservée dans le formol.

Tout cela mis bout à bout donne un album plutôt sympathique mais sans l’acuité et la précision d’une histoire de quelques pages. Magenta reste toujours Magenta, aussi séduisante que dangereuse, mais, elle est une maîtresse d’une nuit inoubliable, pas la femme d’une vie. 

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