Les albums chez Futuropolis

/ Critique - écrit par plienard, le 08/12/2013

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Un Davodeau, un Piatzszek-Pendanx et un Gibrat qui a mieux en magasin ?

Chez Futuropolis, les bons albums sont légions. On en a choisi 3 parmi tous ceux parus entre Octobre et Décembre. Je sais c’est peu.

Le chien qui louche – note 8/10


DR.

Il y a dans les albums d'Etienne Davodeau une empathie réelle qui se dégage pour les gens. Il aime raconter des histoires simples (en apparence) sur des gens simples. Ici, Fabien est gardien de musée, au Louvre plus exactement. Il fréquente Mathilde, une jeune et jolie intérimaire qui va le présenter à sa famille, le clan Bérion. Un père, deux frères, vendeurs de meubles de père en fils. S'ils en connaissent un rayon sur les meubles, il n'en ait pas de même pour l'art de la peinture et l'arrivée de Fabien va déclencher chez eux un espoir un peu fou : faire exposer le tableau de Gustave, le grand-père du grand-père, dans l'ancienne résidence des rois de France. Quelques tracas et péripéties vont, dès lors, mettre un peu de sel dans la vie de Fabien.

Au travers de ses récits, Etienne Davodeau donne l'impression d'aimer les gens. Ici, les Bérion père et fils, même s'ils apparaissent un peu caricaturaux avec leur manque de finesse, ont une bonhomie et une jovialité communicative ce qui a pour effet de pardonner leur maladresse. L'auteur démontre encore tout son talent narratif dans ces histoires "vraies", talent qui s'exprime au travers de quelques cases emblématiques comme la réunion de famille chez les Bérion où tout le monde est assis sur un tabouret (vous en connaitrez la cause un peu plus loin dans le livre) ou encore les expressions de visages des Bérion sur la fin, passant du sourire au mécontentement, scène qui fait penser aux Tontons flingueurs.

 

Tsunami – note 8/10


DR.

Tsunami est un mot qui résonne fortement dans notre inconscient. On a tous encore en tête ces images apocalyptiques du raz de marée qui a frappé l’Indonésie en décembre 2004. C’est 9 ans après que Stéphane Piatzszek (scénario) et Jean-Denis Pendanx (dessins et couleurs) envoient leur personnage, Romain Mataresse, à Bandah Aceh, au Nord de l’île de Sumatra.

Il part à la recherche de sa sœur, Elsa, partie aider les populations en 2004 en tant que médecin et qui n’a plus donné signe de vie depuis 2005. Sa disparition a été comme une catastrophe pour la famille. Romain décide donc de la retrouver pour avoir des réponses, pour lui, pour sa mère. Et sur sa route, il va rencontrer une jeune papoue, Jessie. Il aura besoin de son aide pour affronter la vérité.

Une belle histoire comme savent les dénicher les éditions Futuropolis avec un récit de Stéphane Piatzszek à la fois émouvant mais aussi comme un témoignage des événements et de leurs conséquences. La mise en image est signée Jean-Denis Pendanx avec de superbes case pleines pages dignes de cartes postales mais aussi des ravages du tsunami. Il faut dire que les paysages sont magnifiques et que Jean-Denis Pendanx leur fait honneur avec ses dessins à l’aquarelle.

 

Mattéo, troisième époque – note 8/10


DR.

Mattéo, le héros de Jean-Pierre Gibrat, est revenu du bagne. Cela fait d’ailleurs 20 ans. Nous sommes maintenant en Août 1936, en pleine période des congés payés. Ce sont les premiers. Mais c’est aussi la guerre civile en Espagne et un homme engagé comme Mattéo peut-il rester sans rien faire ? Mais après des années de bagne, l’homme n’est plus dans l’action. Et pour l’instant ce sont les vacances. Et c’est l’occasion d’emmerder les bourgeois sur la plage ...

Jean-Pierre Gibrat reprend son crayon pour une troisième époque qui promet de belles choses. Il remet son personnage dans un contexte historique tendu : la guerre d’Espagne, le front populaire, l’extrême droite et la cagoule, l’opposition travailleur-patron. Le terreau est fertile pour l’auteur et offre de nombreuses possibilités. Toutes ne seront pas utilisées mais elles servent à définir une époque et une ambiance qui commence par la joie des premiers congés payés, des vacances à la mer à Collioure plus exactement, chez la mère de Mattéo. Du bon Gibrat, mais y en a-t-il déjà eu du mauvais ?

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