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8/10La fabrique pornographique

/ Critique - écrit par Maixent, le 28/02/2016
Notre verdict : 8/10 - Vis ma vie de pornstar (Ecrivez votre critique)

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Les logiques capitalistes et la commercialisation du sexe expliquées en bd.

Sociorama est une nouvelle collection chez Casterman ayant pour ambition de réaliser le télescopage entre bande dessinée et sociologie. Ainsi plusieurs albums sont prévus sur différents thèmes réunissant à chaque fois un enquêteur et un dessinateur différent, s’associant pour décoder en image les dessous de notre société. Premier thème abordé, la sexualité, et plus concrètement les réalités du milieu pornographique, univers suscitant le fantasme érotique mais aussi fantasme social d’une réalité qui échappe à beaucoup.


Le mauvais goût fait partie du métier

 

Avec un dessin plutôt enfantin, Lisa Mandel permet une lecture très claire du propos. Alternant au niveau du trait, elle met en relief la différence entre l’image, fantasmée ou réelle, mais ne collant pas à une réalité et le quotidien des acteurs et autres évoluant dans le milieu. Ainsi, son trait efficace mais loin d’être simpliste permet au lecteur de mieux appréhender le message sans pour autant prendre le lecteur pour un imbécile.

L’étude sociologique, comme il est convenu selon cette science, se base sur un cas concret, celui d’Howard, jeune vigile de centre commercial faisant ses débuts en tant qu’acteur porno. A travers le personnage d’Howard, mais aussi de sa petite amie qu’il entraine dans le milieu, le lecteur pourra appréhender la réalité du métier, au-delà du vernis glamour dont se pare le genre. Grand fan de pornographie, Howard se rend au salon de l’érotisme dont il ne voit que les paillettes et son actrice fétiche, Pamela. Prenant son courage à deux mains, il est invité le lendemain à participer à une orgie. Sa carrière est lancée mais il n’est pas au bout de ses peines. Etant noir, il enchaine les productions du genre « Black et femmes mûres », puis trouve des productions correspondant mieux à ses fantasmes mais à une condition sine qua non, ramener une fille. Il part alors en Espagne avec sa petite amie qui accepte le rôle pour le tournage d’un « Vrai » porno.
la performance

 

Sans complaisance, l’étude est surtout centrée sur la réalité d’un quotidien qui oblige à se poser des questions différentes comme celles de la jalousie ou de la virilité à travers un prisme déformé par rapport à une norme sociale en vigueur. Mais aussi sur le statut social des travailleurs du sexe avec des anecdotes comme le fait qu’ils ne soient pas considérés comme comédiens dans les années 70, par rejet des « vrais » comédiens, la mention « cascadeur » étant alors inscrite sur leur contrat.

L’étude est véritablement poussée sans être rébarbative. Beaucoup d’aspects sont abordés, ce qui permet une très bonne base de réflexion pour ceux que cela intéresse. C’est très construit et très bavard mais cela se lit d’une traite comme on peut juste feuilleter quelques pages pour glaner quelques informations. Ce n’est pas un ouvrage pornographique même si illustrant des scènes de sexe explicites, donc réservé à un public averti.

Le pari est réussi donc pour ce premier tome de la série, avec un ton très juste, un certain humour qui évite une forme trop doctorale et un dessin qui fonctionne bien. 

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