8/10Jazz Maynard - Tome 4 - Sans espoir

/ Critique - écrit par riffhifi, le 29/06/2010
Notre verdict : 8/10 - El-Raval ment (Ecrivez votre critique)

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Une nouvelle histoire commence pour le trompettiste le plus séduisant d'El Raval... Le duo Raule & Roger a le bon goût de prolonger cette saga stylée, à l'ambiance glauque et aux personnages bien brossés (au sens figuré, parce qu'au sens propre...).

L'an dernier, le troisième tome de Jazz Maynard était annoncé comme la fin d'une série conçue dès le départ comme un triptyque. En vrai, on en voulait encore, et c'est avec un petit gloussement de plaisir que l'on vit arriver en librairie le quatrième album, toujours concocté par les Espagnols Raule (au scénario) et Roger (Ibañez, au dessin). Cerise sur le gâteau : la très jolie couverture se concentre à nouveau Une lectrice enthousiaste
Une lectrice enthousiaste
sur le personnage-titre, après un tome qui laissait la place à une escouade de bruyants personnages secondaires.

Selon l'expression consacrée, Jazz est trop vieux pour ces conneries. Les conneries en question : un passé de voleur hors pair, débrouillard et insaisissable. Devenu raisonnable, Jazz se contente d'exercer son métier de trompettiste en évitant les embrouilles, tandis que son ancien adversaire Judas Melchiot croupit en prison. Mais le naturel revient au trot, sous la double forme d'une proposition de son ancienne copine Diana, et d'une embrouille dans laquelle Teo se retrouve par la faute d'un inquiétant chef mafieux surnommé Caligula...

Malgré la multitude de personnages et les différents fils que suit l'intrigue, ce nouvel album trace la route de façon parfaitement claire, reprenant un rythme plus posé que celui du frénétique volume précédent. Une nouvelle histoire émerge, et les auteurs prennent le temps de planter le décor, par un savant assemblage de scènes explicatives en flash-backs, de scènes d'action tendues comme ils savent les fignoler et de dialogues bien écrits entre les protagonistes. On retrouve avec plaisir le dessin racé de Roger, qui maîtrise de mieux en mieux la mise en couleur : perpétuellement nocturne, la teinte des images alterne entre la dominante ocre et
le bleu, permettant par exemple un efficace montage en parallèle à la planche 36.

Au milieu des figures familières, deux nouvelles arrivées attisent particulièrement l'intérêt : la plantureuse Maribel et son oncle Caligula, dont l'histoire personnelle traumatisante façonne l'identité de façon redoutable... Accordant toujours autant d'importance au décor et à l'ambiance qu'aux personnages et à l'intrigue, Raule & Roger imposent décidément Jazz Maynard comme une des séries polar les plus solides et agréables de ces dernières années.

En fin de compte, Sans espoir est un opus bien mal nommé : à l'instar du quatrième épisode de Star Wars, il aurait dû être titré Un nouvel espoir, tant il permet de relancer intelligemment la série vers de nouveaux horizons. Reste à savoir ce que réserve la suite, que l'on souhaite pouvoir lire l'an prochain...

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