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7/10Ignominia

/ Critique - écrit par Maixent, le 18/10/2015
Notre verdict : 7/10 - Police des moeurs (Ecrivez votre critique)

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Une superbe bd d'action où les héroïnes costumées ne portent pas de costume.

Un monde où il n’y a plus que des femmes. Un fantasme finalement assez répandu d’une société gynarchique, et ce, depuis les Amazones de l’Antiquité. Il est dès lors logique de retrouver cet élément dans la bande dessinée.  On pensera notamment aux  enfants d’Eve de Bernard Werber, album dispensable mais traitant du même sujet, ou à la fameuse Wonder Woman. D’autant plus que privilégier des personnages féminins est évidemment une excuse pour dessiner des corps dans des positions lascives. Ingres l’avait très bien compris avec le Bain Turc, achevé dans les années 1870 et Ryp également.


Visite en prison

Les femmes de Ryp se démarquent par un fessier charnu, des seins lourds et des formes arrondies mises en relief par un trait fluide  et harmonieux et une série d’ombrages pointillistes, mais surtout une chevelure tentaculaire qui donne un mouvement au dessin. Ces femmes sculpturales empruntent à la pin-up, mais avec plus de force, et se confinant à la limite de la vulgarité. Ce sont des personnages puissants, empruntant à l’imagerie d’Helmut Newton osant des positions bien ancrées, mettant en avant les atouts des demoiselles, bien loin de la faible soumise que l’on peut voir souvent dans la bande dessinée érotique.

Au 23ème siècle, le monde n’est plus peuplé que de femmes. Dans cette dystopie, le sexe masculin ayant disparu, c’est le sexe tout court qui a été évincé et les dérives totalitaire aidant, tout acte sexuel est devenu répréhensible. Celui-ci, appelé Ignominia est devenu un délit plus grave encore que le meurtre. Heureusement,  Deborah Lick et la police morale veuillent au grain pour lutter contre les dérives masturbatoires et pornographiques qui habitent toutes ces femmes. Mais peut-on vraiment condamner toute forme de sexualité ?

Nous suivons donc l’enquêtrice Deborah Lick dans ses enquêtes de routine jusqu’à « l’affaire du siècle », un dossier explosif,
Une course pousuite effrénée et sans culotte

 

une vidéo sur laquelle apparait un être hybride, une femme avec un sexe d’homme. Cela pourrait bouleverser l’ensemble de la société et va conduire notre héroïne vers les plus hautes sphères. En effet, de cette société où tout est maitrisé, cette aberration qui apparait sur une seule vidéo, fait office de bombe.

Même si le déroulement est assez prévisible, la procréation naturelle n’existant pas, que va-t-il bien  pouvoir se passer ? Sans vraiment spoiler le récit, on devine très vite ce qui va arriver à notre héroïne. Qui plus est, la plupart des actions, empruntent aux codes du genre sans vraiment de surprise. Deborah est enquêtrice, donc on trouvera des scènes d’amour lesbiennes en uniforme et dans l’univers carcéral façon Orange is the new black. Mais tout cela est vraiment relevé par la qualité et la hardiesse du dessin qui tire l’ensemble de l’album vers le haut.

Dessinateur hors pair plus que scénariste , même si ce dernier talent est très bien exploité dans des histoires courtes que l’on a pu voir dans Gladys & Monique et Jeux de filles, Ryp nous régale encore une fois de ses créatures sensuelles et fortes. Ce récit bourré d’action, là aussi grâce à un dessin dynamique qui n'hésite pas à dépasser les strictes limites de la case, a su s’imposer et laisse une empreinte indélébile sur la rétine

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