4/10Les Gosses - Tome 14 - Bonjour l'angoisse

/ Critique - écrit par riffhifi, le 14/05/2008
Notre verdict : 4/10 - Oui oui, bonjour (Ecrivez votre critique)

Temps de lecture estimé de l'article : 2 minute(s) - 3 réactions

Les gags tout bêtes dans une famille moyenne, ça va bien deux minutes mais il n'y a pas de quoi en faire quatorze tomes. Surtout que côté dessin on a vite fait le tour.

Les Gosses, c'est une série dont Carabal s'occupe depuis 1996. On saluera la démarche inhabituelle de l'auteur, qui a consisté à faire grandir ses personnages en temps réel. Respectivement âgés de quatre et huit ans dans le premier tome, les frangins Romain et Cyril ont donc logiquement atteint 16 et 20 ans dans ce quatorzième volume, et se sont vus gratifiés il y a peu d'années d'une petite sœur appelée Lola (un prénom typique de petite sœur, mais vous verrez qu'à cinquante balais ça lui posera des problèmes).

L'humour des Gosses, consensuel et mou, a pour but essentiel de refléter la réalité des rapports familiaux. Les histoires en une page se succèdent (le format est immuable) sans grande conviction, sans volonté de construire une continuité interne (les gags ne se répondent pas) et sans inspiration comique démesurée (si vous souriez plus de quatre fois en lisant l'album c'est que vous êtes bon public, si vous riez à haute voix c'est que vous êtes bourré). Carabal cherche essentiellement
à saisir des instants du quotidien, et ne cache pas que sa série puise directement ses racines dans sa propre vie familiale. Alors effectivement, on peut se reconnaître dans l'adulte que l'on est ou l'adolescent qu'on a été, quoique l'aîné paraisse un peu attardé du haut de ses 20 ans, et nécessite probablement un coup de pied aux fesses pour décoller un peu plus souvent du salon de ses parents. C'est d'ailleurs un reproche global que l'on peut faire aux Gosses : le décor et l'action sont presque exclusivement limités à l'appartement parental, à de très rares excursions près à la plage ou au supermarché. On objectera que la série a pour objet les rapports parents-enfants, et qu'on verserait dans le hors-sujet à visiter l'école ou le cercle d'amis de chacun des rejetons. Peut-être, mais le huis-clos finit par faire tourner en rond les personnages comme les idées. Vivement que le plus vieux des gamins parte habiter dans son appart', se marie, fasse des gamins à son tour. Car on espère que Carabal n'osera pas reprendre la saga à zéro avec une nouvelle génération...

Les dessins, dont le style fait largement penser à l'Agrippine de Claire Brétécher, sont sympathiques mais loin de se suffire à eux-mêmes. Donc à moins d'avoir établi un lien personnel très fort avec Cyril, Romain et leurs parents ces douze dernières années, on passera sans problème à côté de ce nouvel opus sans y toucher.

Dans la même veine, on préfèrera ce mois-ci le tome 1 de Pico Bogue chez Dargaud : à défaut d'être hilarant, il présente le double avantage d'un visuel plus chaleureux et d'un réservoir d'idées encore intact.

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