mercredi 15 février 2012 | 2h 48 min depuis la dernière mise à jour | 16 277 articles | 11 507 membres FACEBOOK | TWITTER | RSS

Ethan Ringler, agent fédéral - Tome 4 - L'homme qui est mort deux fois

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par - le 07/09/2008

Mêler espionnage et western n'est pas courant ; si la série télé Les mystères de l'ouest se tirait de l'exercice haut la main, c'était grâce à l'ajout d'une fantaisie bienvenue, à base de science-fiction et de gadgets incongrus. Mais Ethan Ringler, malgré les apparences, ne joue pas vraiment sur ce mélange de genre. Avec son héros ballotté entres les cultures, la bande dessinée fait plutôt penser au film Little Big Man avec Dustin Hoffman, bien que l'intrigue soit radicalement différente. On y retrouve ce côté "quête initiatique" d'un personnage désorienté dans un Far-West en pleine mutation.


Enfanté en 2004 par le scénariste Denis-Pierre Filippi et le dessinateur Gilles Mezzomo, Ethan Ringler est, dans sa propre réalité, le fils d'un Américain bien blanc et d'une Indienne. Ce qui, à la fin du XIXème siècle, lui pose quelques menus problèmes. Avant de devenir le sage Tecumska, en paix avec ses origines, il suivra un parcours chaotique qui fera de lui un agent double : un pied dans la bande du redoutable bandit Van Rhinelander, l'autre dans la célèbre agence de détective Pinkerton... Dans ce quatrième tome, la situation ne paraît pas plus calme pour Ethan malgré la mise sous les verrous de Van.

D'un concept de départ séduisant, Filippi tire une saga un peu trop étirée en longueur, qui n'échappe pas à certains clichés. Le jeune héros se retrouve régulièrement confronté aux situations typiques du flic infiltré chez l'ennemi, avec ses questionnements et ses états d'âme. Doit-il être fidèle à Pinkerton ou basculer du côté obscur ? Doit-il, pour ne pas éveiller les soupçons, assassiner des innocents dans le cadre de son rôle ?... Malgré son statut de héros et son apparente capacité à traverser les épreuves, Ethan Ringler paraît cependant un peu fluet, victime perpétuelle des évènements, et manque un peu trop d'épaisseur pour qu'on s'y attache réellement. Le dessin de Mezzomo, à qui on doit également la série Luka, est élégant et évite la surcharge ; parfois même un peu trop, à en juger par les traits sommaires du héros lorsqu'il est
vu de loin. Le découpage, quant à lui, fait preuve d'une subtile inventivité formelle dans son classicisme : le coup de loupe de la planche 32, les cadrages et les valeurs de plan de la planche 39... Les couleurs de Nadine Thomas, enfin, privilégient l'orangé dans la majeure partie de l'album, contribuant à l'aspect vieillot du style adopté.

Du côté de l'intrigue, ce quatrième tome ne fait pas terriblement avancer le schmilblick ; on attendra le cinquième pour assister à de réelles évolutions dans la vie du héros, bien qu'il « meure une deuxième fois » dans celui-ci, grâce à un twist assez inattendu en fin d'album. La série est agréable et se lit bien, mais semble s'adresser à un public de jeunes adolescents, qui ne s'offusqueront pas de l'aspect « déjà-vu » des péripéties.

Les amateurs de détail remarqueront le clin d'œil de Filippi sur un mur de prison de la planche 8... même si le scénariste aurait dû attendre que les barreaux soient dessinés pour signer !

riffhifi riffhifi [6.5/10]

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