6.5/10Empire USA - Tomes 4, 5 et 6

/ Critique - écrit par riffhifi, le 30/12/2008
Notre verdict : 6.5/10 - L'empire usa ses dernières forces (Ecrivez votre critique)

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Suite et fin de la saga "à la 24" orchestrée par Stephen Desberg. Le rythme ne mollit pas, et le récit d'espionnage se dote d'une pointe de mysticisme/fantastique. Le tout reste très convenu.

La saga-fleuve de ce troisième trimestre 2008 a pris fin : avec son tome 4 le 7 novembre, son tome 5 le 21 et son tome 6 le 5 décembre, l'Empire USA de Dargaud a bouclé la boucle... provisoirement du moins, car les yeux affûtés avaient repéré dès le début la mention « Saison 1 » au bord de la page sommaire. Plus que d'un sommaire, on parlera même d'un générique, puisqu'on y trouve jusqu'à neuf noms et que le découpage par épisodes rappelle à plein nez les séries américaines du moment, 24 en tête.

Tome 4


"... Donc pas tout de suite."
Pour ce début de deuxième moitié, on salue le retour de Griffo au dessin ; l'artiste de S.O.S. Bonheur et Vlad assure ainsi la continuité de l'aspect graphique, après un épisode où Eric Juszezak faisait très légèrement bifurquer le style de la série vers le sien propre. Du point de vue du scénario, il est temps aussi de recentrer l'action sur l'intrigue principale, quitte à faire de ce quatrième tome un épisode de transition : rappel stratégique de l'enfance égyptienne du héros, introduction un peu impersonnelle d'un personnage-clé des tomes suivants... Le meilleur point de l'album, c'est que le personnage de Duane cesse enfin de s'exprimer systématiquement comme Maître Yoda, bien que les références à Star Wars restent présentes dans presque chacune de ses répliques.

Un gros décolleté par-ci, quelques coups de feu par là, et on peut conclure sur une révélation détonante, qui n'attend que d'être développé ultérieurement. Pour peu qu'on veuille s'économiser un tome sur les six, c'est sans doute celui-ci qui disparaîtrait le plus facilement. Même graphiquement, l'album s'avère occasionnellement assez maladroit, comme le démontre cet enchaînement curieux de cases aux pages 26-27.

Tome 5

Un choix d'angle audacieux pour la série
Un choix d'angle
audacieux pour la série
A l'approche de la conclusion, il est temps de mettre un coup de turbo, dans la narration écrite comme dans la partie visuelle. Sous la couverture, toujours signée de Philippe Ravon et Griffo, c'est Daniel Koller (Mayam) qui officie, offrant soudain un beau dynamisme à Empire USA. Faisant usage de cases globalement plus grandes que ses confrères, n'hésitant pas à déborder pour les besoins de l'action, il apporte un brin de sauvagerie dans le conventionnalisme qui avait guidé la série jusque là. Les scènes de flingage sont particulièrement efficaces, et leurs bruitages claquent de façon presque aussi sonores que dans un cinéma.

Côté scénario, le tournant négocié à la fin du tome 4 trouve ici une suite plutôt intéressante ; à l'image de cette couverture lorgnant plus sur les classiques de l'épouvante que du polar, le récit bifurque vers un mysticisme inattendu et bienvenu. On pouvait craindre que l'aspect religieux abordé fasse tomber le tout dans une bigoterie béate, mais elle s'oppose finalement plutôt bien à la peinture des extrémistes brossée depuis le tome 1. Le tome s'achève sur un rebondissement destiné à provoquer l'attente du dernier volet... Une grosse ficelle que l'on attendait plus ou moins.

Tome 6

Le genre de gars qui peut dire sans se tromper
Le genre de gars qui peut dire
sans se tromper "On peut aimer
mille fois mille personnes..."

euh non c'est pas ça...
C'est la fin (de cette saison, donc de l'intrigue en cours) : il faut compiler l'essentiel. Le héros Jared Gail, absent de la couverture depuis le premier tome, revient avec l'arme au poing, et tient la main de la sexy Scarlett, pour qui il craque depuis longtemps malgré leurs antagonismes professionnels ; on soutient leur relation à 100%, puisque la donzelle n'est pas vraiment responsable de ses mauvaises actions. Au dessin, c'est Henri Reculé (Le crépuscule des anges, Les immortels) qui prend les commandes de ces personnages qu'il a créés avec Enrico Marini. La narration est lisible quoiqu'un peu figée, à l'image de cette couverture un peu décevante pour un dernier tome. Mais on reste immergé dans l'histoire, qui se conclut dans les règles.

Desberg joue la sécurité en dénouant tous les fils de façon prévisible, et livre un final policé où good guys et bad guys trouvent le sort qu'ils méritent... Curieusement, le résumé qui ouvre ce dernier album ne fait que deux pages, contre cinq-six dans les tomes précédents : y aurait-il eu du remplissage oubliable précédemment ? Toujours est-il que la saison 1 se termine de façon satisfaisante, à défaut d'être fracassante, et qu'aucune sous-intrigue ne donne particulièrement envie de se jeter sur une potentielle suite... Mais c'est à voir, des fois que le monde soit à nouveau en danger d'extinction ; après tout, ça arrive une fois par an chez Jack Bauer, alors pourquoi pas chez Jared Gail ?

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