8/10Au cœur de l'empire : L'héritage de Luther Arkwright - Tome 2

/ Critique - écrit par riffhifi, le 09/04/2008
Notre verdict : 8/10 - On ne peut pas luther contre le talent (Ecrivez votre critique)

Temps de lecture estimé de l'article : 2 minute(s) - 3 réactions

Pivot de la trilogie Au cœur de l'empire, cette nouvelle plongée dans le monde créé par Bryan Talbot est riche en surprises narratives et en panache graphique.

Luther Arkwright, c'est un personnage qui trouve ses racines dans les années 70, époque à laquelle Bryan Talbot lui donne vie pour la première fois dans Brainstorm Comix. Mais ce n'est qu'au cours des années 80 que Talbot se consacre à ce qui deviendra Les aventures de Luther Arkwright éditées par Dark Horse Comics, un comic book acclamé pour son inventivité et sa force par tous les caïds de la profession. Pourtant, il fallut attendre 2006 pour voir publiées en France ces Aventures, grâce à l'initiative des éditions Kymera. Trop passionnés pour s'arrêter en si bon chemin, les p'tits gars de Kymera proposent dans la foulée la saga périphérique produite par Talbot à partir de 1999 : Au cœur de l'empire, l'héritage de Luther Arkwright. Même univers, différente histoire. Et trois tomes couleurs au lieu d'un seul en noir et blanc.

Victoria, fille de la reine Anne et de Luther Arkwright, s'interroge sur sa condition de princesse et sur la propension de sa mère à se consoler avec des Irlandais nus de la disparition de son père. Mais au-delà de ces considérations, et de la présence
menaçante du Père Barberini, un réel danger menace le multivers : la fin est proche. La fin de quoi ? On se le demande un peu, mais ce qui est sûr, c'est qu'elle aura lieu dans 48 heures. Dans 36 heures. Argh, on s'en rapproche...

Tenter de résumer un tel ouvrage relève de l'équilibrisme, tant l'œuvre de Talbot est riche et dense. Entre science-fiction et environnement aux relents de XIXème siècle, la narration complexe et surchargée d'informations cohabite avec l'expérience quasiment sensorielle qui se passe de mots : ah, cette incroyable scène de sexe des pages 27 à 30 ! oh, ce carnaval étourdissant des pages 59 à 66 ! Si la mise en couleurs franche et énergique de Angus McKie est l'occasion pour Bryan Talbot de simplifier son dessin dans une certaine mesure, on appréciera le relief indiscutable qu'il confère aux visages en dessinant leur contour d'un trait significativement plus épais que leurs détails. Sa mise en page, inventive sans ostentation, fait elle aussi des merveilles.

Conteur de talent, graphiste inspiré, Talbot a un univers qui n'appartient qu'à lui Ne la joue pas comme Victoria Beckham
Ne la joue pas comme Victoria Beckham
malgré le kaléidoscope de références qui le nourrit de toute évidence. En termes d'intrigue, on pourra probablement reprocher à cet épisode central de ne pas assez rentrer dans la question des mondes parallèles, et de concentrer la majeure partie de ses révélations et péripéties dans le dernier tiers de l'album. Mais il s'agirait d'ergotage : le deuxième tome d'une trilogie a toujours le cul inconfortablement posé entre deux chaises, et ne devrait être considéré que dans la perspective du tout. Du coup, dire qu'on attend la suite avec impatience serait un doux euphémisme, surtout au vu de la fin (trop ?) abrupte et (très !) alléchante que propose ce deuxième tome.

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