4/10Cupidon - Tome 20 - Elles et moi

/ Critique - écrit par riffhifi, le 28/03/2008
Notre verdict : 4/10 - Eros biffe les grosses baffes. Bof. (Ecrivez votre critique)

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Une des interminables séries de Cauvin parues dans Spirou. Cupide ? On serait tenté de le croire, ne serait-ce que pour le jeu de mots. N'empêche, quand la source est tarie il faut savoir arrêter de boire le sable.

Depuis son premier album en 1990, Cupidon décoche inlassablement les mêmes flèches. Il atteint cette année son vingtième tome, pendant que les Femmes en blanc sortent leur trentième. 2008 est l'année des comptes ronds pour le scénariste Raoul Cauvin.

Cupidon, dieu de l'amour chez les Romains, appelé Eros par les Grecs, est représenté depuis longtemps sous la forme d'un angelot, suite à un amalgame avec la religion chrétienne. Le Cupidon dont il est question chez Cauvin et Malik est donc à la solde de Saint-Pierre, et se traîne depuis près de vingt ans la tâche parfois Il y a des gens qui ne se bécotent pas sur les bancs publics
Il y a des gens qui ne se
bécotent pas sur les bancs publics
insurmontable d'amener les humains à s'aimer les uns les autres. Chacun sait à quel point le problème peut être épineux... Depuis le tome précédent, l'angelot s'échine à trouver une copine à Raphaël, sorte d'alter ego juvénile de Athanagor Wurlitzer, l'Obsédé sexuel de Maëster. Raphaël les aime toutes mais souffre d'une maladresse congénitale croisée à un manque de bol digne de celui de Pierre Richard dans La chèvre. Il se prend donc veste sur veste, humiliation en prime la plupart du temps, et ne sait pas saisir les occasions quand elles se présentent malgré tout. Son corps hurle le mot LOSE par tous les pores, et les conseils de Cupidon n'y font rien.

Cucupidon

Le dessin de Malik est toujours agréable, mais dramatiquement limité par les scénarios ultra-répétitifs de Cauvin. Les neuf dixièmes de l'album de déroulent dans un jardin public, et mettent en scène Cupidon, Raphaël, une fille, et généralement un banc (pas toujours le même banc d'ailleurs, il faut saluer l'effort). Pour varier un minimum les plaisirs, Malik s'efforce de bien dessiner chaque fille de façon sensiblement différente de la précédente, mais rien n'y fait : toutes les pages se
ressemblent, à l'exception de l'épisode Cache-cache aux pages 7 et 8, qui transforme le jardin en lieu agréablement menaçant une fois la nuit venue. Aucune continuité, en-dehors d'une fille perpétuellement en rogne qui revient dans quatre histoires, ne vient lier les différents épisodes entre eux. L'album repose donc entièrement sur le comique des dialogues. Et forcément, comme dans la plupart des séries de Cauvin, le sujet a été pressé comme une orange trop mûre au cours des multiples albums précédents. Il ne reste donc plus qu'une poignée de clichés, de gags faciles et pour la plupart déjà vus cent fois, la palme revenant à L'intellectuelle, qui se paie le luxe d'être à la fois un classique de l'humour ultra-connu (on retrouve le même gag dans un des premiers Gai-Luron de Gotlib, il y a plus de 35 ans) et une variante plutôt misogyne qui tend à dire que le rôle de la femme est clairement de s'occuper des tâches ménagères et de la cuisine. Vieillot.

Elles et moi satisfera essentiellement les lecteurs qui ont découvert Cupidon dans le Journal de Spirou il y a quinze ans et lui ont conservé une sympathie teintée de nostalgie. Les autres passeront leur chemin. De toute façon, en deux albums, Cupidon aurait dû comprendre que Raphaël, comme son nom l'indique, est lui aussi un ange. Il est donc asexué et n'aura jamais de copine. End of story.

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