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9.5/10Casa HowHard 5

/ Critique - écrit par Maixent, le 03/02/2013
Notre verdict : 9.5/10 - Train train quotidien (Ecrivez votre critique)

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La Casa howHard est un lieu hors du monde. S’y prélassent des sylphides symbole de beauté et d’aspiration intellectuelle mais dans un univers fantasmé et onirique, loin des turpitudes de l’existence, mais cependant très proche.

La caractéristique étrange de ces êtres est leur sexe, un corps féminin
Sévère mais juste
avec des seins hypertrophiés et des fesses charnues, des chevelures châtain luxuriantes et une douceur toute féminine avec cependant un pénis. Il ne faut pas croire cependant que nous ayons affaire au troisième sexe ou une quelconque vision transgenre. Pas de changement de sexe ici mais seulement un état de fait étrangement harmonieux  qui n’a de cesse de charmer le lecteur. Les pénis ne sont pas offensifs malgré leur taille exagérée et s’ils sont le plus souvent en érection, c’est pour un plaisir partagé entre les différents protagonistes qui s’ébattent sans aucune pudeur. Ce qui est d’ailleurs renforcé par les dialogues, d’une simplicité et d’une naïveté quasi enfantine mais sans moquerie. Baldazzini propose une sexualité qui coule de source que l’on pourrait rapprocher de celle de Twenty où chacun peut jouir comme il l’entend, les pudibonderies et une morale douteuse ayant été mises de côté.

Dans les premiers tomes, nous suivions principalement les aventures d’Angela et son éducation particulière qui ont fait d’elle ce qu’elle est aujourd’hui.  Pour clore cette pentalogie, Baldazzini a choisi la forme de la préquelle, soit de raconter un simple voyage en train qui allait mener Angela à cette nouvelle vie et à la découverte de la Casa Howard qui saura parfaire une éducation déjà bien avancée. Dans son compartiment où divers protagonistes prennent place, Angela conte son parcours, faisant naître en chacune une émotion sincère, un émoi soudain et irrépressible les plongeant dans une douce sensualité et un jeu de caresses. C’est
L'éducation sentimentale
l’occasion de rencontres délicates et la présentation de nouveaux personnages, tous sur le même type, comme une multiplication à l’infini d’un thème redondant, une redécouverte de soi-même à travers l’autre. Et en effet, Baldazzini fait basculer l’érotisme vers une sensation psychanalytique dans laquelle le lecteur se perd, faisant naître son émoi dans les tréfonds de son inconscient plutôt que de convoquer des images mentales simples et efficaces comme on peut en trouver dans la pornographie.

On pourrait reprocher l’utilisation de codes convenus. Une école où les punitions corporelles sont de rigueur et où le port de l’uniforme est obligatoire. Ou encore l’apprentissage de la sexualité avec une camarade d’école mais tous ces codes sont détournés et mis au profit de la sensualité des situations. Baldazzini sait se réapproprier les situations afin que celles-ci ne soient pas trop dépaysantes pour le lecteur mais sous un prisme déformé qui convoque une multitude de souvenirs cachés et transcendent la simple image que pourrait se faire le lecteur.

Au niveau du graphisme,  tout en gardant l’utilisation de la ligne claire et
Super Deformed
une précision proche de Clowes, Baldazzini a su innover et apporter une touche manga à l’ensemble. Grâce à un tour de passe-passe narratif, une mise en abîme assez discrète et efficace, le lecteur est plongé dans le manga d’une des passagère du train, appelé School HowHard. On y trouve alors des codes connus comme des écolières à jupette, sorte de Sailor Moon avec serre-tête mais sans culotte et le sexe dressé en avant. Se glisse aussi dans ces pages  un style graphique surtout utilisé dans les jeux vidéo et les mangas, le SD, soit un personnage ayant la taille d’un enfant et des proportions anatomiques fausses avec une tête trop grande sur son petit corps. Procédé que l’on retrouvait par exemple fréquemment dans le Collège fou, fou, fou. Ainsi, l’auteur puise dans divers procédés et techniques de dessin, réalisant un mélange des genres parfaitement cohérent, allant même jusqu’à donner un nouvel élan à ses talents graphiques tout en conservant son style remarquable.

Baldazzini clôt sa série avec brio avec toujours autant de sérénité et de talent et confirme que Casa Howard est un chef-d’œuvre de la bande dessinée érotique. Comme disait Moebius à son sujet, il « est un ange qui nous laisse entrevoir le rêve aveuglant de nos désirs »

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