4/10Buffy contre les vampires - 2005 - Origines

/ Critique - écrit par athanagor, le 21/06/2009
Notre verdict : 4/10 - La reine du pieu (Ecrivez votre critique)

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Avec ce premier tome, la série Buffy contre les vampires en comics se dirige vers la sortie d'intégrales. Avis aux amateurs ?

Dans la catégorie Fusion Comics, voici un ouvrage regroupant les aventures dessinées de la tueuse de vampire qui cicatrise super vite. Ces comics s'efforcent de proposer des aventures dessinées en rapport avec la série, quand il ne s'agit pas simplement de reprendre des épisodes et de les transposer en format papier. Le fan peut ainsi conserver le bénéfice de la compagnie de son héroïne dans toutes les situations de la vie courante qui se passent à plus de 4 mètres d'un écran de télévision. Ce premier échantillon ouvre une série d'ouvrage collectant les diversesPerdu !
Perdu !
aventures de la blonde, jusqu'à atteindre le statut d'intégrale quand tout sera sorti. Le parti pris choisi ici pour la méthode de compilation est chronologique. Non pas que les albums soient classés selon leur ordre de parution, mais bien selon les étapes de la vie de Buffy herself. Ce tome 1 s'ouvre donc sur l'élément fondateur de l'univers Sunnydale, le film Buffy the vampire slayer qui offrait à Luke Perry son meilleur rôle (avant Oz) et à Paul Reubens sa meilleure réplique (Kill him a lot !) et l'occasion de jouer la meilleure agonie connue à ce jour sur grand écran.

Le transfert sous format BD du film, se clamant pourtant plus fidèle, n'est qu'une sinistre copie ne bénéficiant pas des avantages en termes de développement et de traitement des situations que permet la fluidité du format animé. Les situations s'enchaînent trop vite et de façon trop saccadée pour que l'on puisse croire qu'un lecteur n'ayant pas déjà vu le film puisse s'y retrouver. En même temps, il est fort à parier que ceux qui seront enclin à se procurer l'ouvrage sont des fanas absolus de Buffy qui, collectant tout ce qui a trait à l'héroïne et ayant déjà vu le film, ne seront en rien gênés par ces détails. Si tant est, bien sûr, qu'ils ne manifestent aucun critère d'exigence vis-à-vis d'un comic. Car, d'un point de vue purement bédéphile, l'histoire est adaptée en enchaînant les diverses situations au coup par coup, ne gardant que le pitch de chaque scène et respectant une succession narrative cinématographique, faisant alors complètement fi des exigences du format BD. Certes, on adapte un scénario de cinéma, mais si le but était d'en faire un storyboard en changeant la bobine des personnages pour que celles-ci soit plus en adéquation avec la série, quel intérêt outre celui de faire du Buffy portable ?

La deuxième histoire, brodée autour d'une fugue de Buffy à Las Vegas, pour bouter du vampire avec l'aide de son compagnon Pike (Luke Perry dans le film) qui est secrètement amoureux d'elle, souffre de développements trop rapides et, comme la première histoire, d'ellipses étranges et mystérieuses. Tout est orienté dans le seul sens de la confrontation finale, et le sujet principal, à savoir la préoccupation de Pike envers la sécurité de Buffy, passe très mal. Ce sujet est traité à l'aide d'encarts de textes séparés de l'action, comme les pensées du personnage en voix-off, qui constituent un ensemble perdu au milieu de plusieurs cases dont l'enchaînement à la logique absconse, assortie de l'incongruité de ces réflexions, forme un tout difficile à appréhender. Le bordel existant dans l'ordre des cases est renforcé par la présence d'Angel, qui débarque d'on ne sait où et fait on ne sait quoi. Encore plus perturbant, Angel pense et agit ici comme il est censé le faire après une Was ?
Was ?
vingtaine d'épisodes. Or, la classification chronologique devrait normalement le poser comme un personnage que l'on découvre pour la première fois et dont les motivations nous sont étrangères.

Ainsi le classement chronologique ressemble un chouïa à de l'arnaque. De toute évidence ce système, pour être intelligible, doit s'adresser à des lecteurs déjà conquis et connaissant déjà les histoires, les autres étant mis sur la touche dès les premières pages. Or les fans sont largement suspectés d'avoir déjà en leur possession les BD séparés. Mais ils sont également suspectés de ne pas hésiter une demi-seconde pour se racheter de nouveau ces épisodes, pour l'avantage énorme que constitue une couverture cartonnée, et surtout pour ne pas être en retard du moindre article dans la collec' complète. Mais après tout, pourquoi pas.

Plus pragmatiquement, le réel problème de ce genre de format, c'est sa contribution à l'hermétisme qui finit par englober les séries imaginaires et leur fans, devenus des référents culturels de ces univers particuliers. Les "gentils", n'y entravant que peu de choses, pensent pouvoir se mettre à niveau à l'aide de ces livres regroupant les aventures des héros, qui plus est de façon chronologique. Mais là : déception. La narration, pourtant aidée d'une illustration qui fait tout son possible, ne laisse aucune chance à celui qui n'a pas fermement décidé d'y passer ses soirées, ses week-ends et ses vacances.

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