8.5/10Bouncer - Tome 7 - Coeur double

/ Critique - écrit par plienard, le 12/11/2009
Notre verdict : 8.5/10 - Manchot mais pas trop (Ecrivez votre critique)

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Après le massacre des Apaches, l'affrontement entre le Bouncer et la mystérieuse "Veuve Noire" semble inévitable. Le Bouncer n'hésitera pas longtemps, surtout quand l'institutrice de Barrow City lui vendra ses charmes pour mettre un terme aux agissements de sa soeur malfaisante...

Bouncer est enfin de retour pour la fin du diptyque commencé avec le tome 6 et qui clôt le cycle de la « veuve noire ». Cette série, scénarisée par Alexandro Jodorowsky et dessinée par François Boucq, est en cours depuis 2001.

L'action se passe dans une ville du Far West, nommée Barro City. Bouncer, successivement videur puis bourreau de la ville (voir les tomes précédents), est maintenant propriétaire de l'Infierno saloon. Il a comme caractéristique d'être manchot, mais surtout d'être une fine gâchette ce qui lui est très utile dans le
monde très « Wild » dans lequel il évolue.

Car il faut bien l'avouer, ce ne sont pas des enfants de cœur qui peuplent le monde imaginé par Jodorowsky et superbement dessiné par Boucq. A peu près tous les hommes ont quelque chose à se reprocher. Bouncer balançant entre son désir pour Evelyn ou Carolyn et celui de sauvegarder les intérêts de son neveu. Axe-Head, une montagne de méchanceté et de vices avec une hache incrustée sur la tête et qui envoie ses 5 enfants à l'école pour qu'ils aient de l'éducation car « les fils d'Axe-Head seront cultivés, pas des connards de tueurs d'illettrés ». Quant aux femmes, elles ne sont pas en reste. On est loin de la potiche douce et aimable avec Yin Li et sa mère qui veut dix petits-enfants, l'institutrice qui est loin d'être une sainte nitouche, sans oublier la veuve noire qui cherche à récupérer les terres de la région par tous les moyens.

Ce monde est en effet gouverné par le sexe et la violence. Il est complètement fou. Mais dans ce monde  de brutes, il y a quand même un peu de douceur représenté par les sentiments de Yin Li pour Bouncer ou du barman Job et de l'indienne Jakaweta.

Au final, la lecture de cet album est un moment de pur plaisir. Un scénario qui ne manque pas de rebondissements jusqu'à la fin, et dans lequel résonnent quelques références bibliques (Seth, Caïn ou encore le serpent dans le jardin d'Eden de la veuve noire).  Les dialogues sont fleuris (« dans ma douce vallée, son cerisier ne s'est jamais épanoui »). La psychologie des personnages est bien rendue même si Bouncer paraît faible avec les femmes : il se laisse facilement impressionner par une belle paire de jambes en bas résilles. A voir ce que l'on ferait dans son cas ! Dans cet album, il semble pourtant subir les événements. Ce sont bien les femmes qui mènent la danse !

Au service du scénario, un dessin très réaliste. Les décors sont magnifiques et reflètent bien les atmosphères (la poussière, l'envie charnelle, l'ambiance de violence...).

Bref, la qualité est au rendez-vous et le plaisir ne se dément pas d'album en album. Alors installez-vous tranquillement dans un bon fauteuil, comme si vous alliez regarder un bon western. Ouvrez l'album et la lecture commence par une belle double page de garde qui vous invite à l'évasion.

A noter, un coffret réunissant les tomes 6 et 7 du cycle de la veuve noire qui est aussi disponible aujourd'hui.

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