7.5/10Biotope 1

/ Critique - écrit par iscarioth, le 21/01/2007
Notre verdict : 7.5/10 - Men in black (Ecrivez votre critique)

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Pour le moment intéressant et stimulant, on attend la suite, et notamment la suite scénaristique, pour constater si Biotope est véritablement à percevoir comme original.

Il y a des paires de scénariste-dessinateur qui tombent à pic. Des projets symboliques pour lesquels deux individus, tout aussi symboliques, allient leurs talents. Biotope, même s'il ne s'annonce pas être une future référence du genre, réunit deux auteurs estimés, qui ne semblent pas s'être réunis ici par hasard : Appollo et Brüno.


Brüno s'est fait remarquer pour son style qui faisait renaître l'Amérique black des années 1970, avec Inner city blues, série déjà bien assise, publiée chez Vents d'ouest. Avec Biotope, on retrouve le même style blacksploitation classieux, et la même esthétique 70's, mais le tout projeté dans un futur science-fictionnesque. Alléchant n'est-ce pas ? Les premières pages s'annoncent pourtant peu enthousiasmantes : présentation de la palette de personnages classiques, un mystère à désépaissir, puis une enquête au départ mollassonne qui se met en place. Dans les premiers temps de l'album, il ne se passe rien, ou presque. L'occasion pour le lecteur de se plonger à la fois dans le climat étrange de cette base scientifique recroquevillée sur elle-même à l'autre bout de l'univers et sur un trio de personnages glaçants. Il y a Eunice, grande, belle et distante, souvent taquinée par Langevin, plus provocateur et spontané. Le tout est chapeauté par le commissaire Toussaint, un petit gros bougon, le plus silencieux de tous.


Toussaint est le personnage central, celui que nous épions dans son intimité. Claustrophobe et mystérieux, il est vraisemblablement le plus charismatique des personnages rencontrés ici. A l'image de Toussaint, qui esquisse un premier sourire page 29, le scénario se déride vers la fin de l'album, pour investir les thèmes prévus de l'action et de la trahison. Bien ficelé et plutôt prenant, le scénario d'Appollo est pour le moment prévisible. Notre intérêt porte surtout sur l'esthétique de l'album. Comme on l'a dit, Biotope est un album de rétro futur, avec une base scientifique extra-terrestre comme on aurait pu se l'imaginer dans les années 1970 : des costumes cintrés et des panneaux de contrôle avec des gros boutons partout. On connaît, grâce à Inner city blues, le trait très stylisé de Brüno, ses visages caractériels et ses mouvements tout en lenteur et en classe. On retrouve cette marque ici (voir la page 22) mêlée d'étrange, d'impression fantastique. Cette nouvelle donne est principalement générée par la couleur. La tonalité de l'album est froide, avec un mélange de couleurs verdâtres et métallisées. La fusion des tonalités boiseuses du dehors avec l'austérité, l'épuration du dedans.


Pour le moment intéressant et stimulant, on attend la suite, et notamment la suite scénaristique, pour constater si Biotope est véritablement à percevoir comme original.

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