Soleil : Enquêtes du Misterium, Fables de l’Humpur et Zombies nechronologies

/ Critique - écrit par plienard, le 14/11/2014

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Trois albums aux sujets divers mais à la qualité égale.

Les Enquêtes du Misterium, tome 1 – note 7/10

Le scénariste des Arcanes de midi-minuit lance une nouvelle série aux éditions Soleil avec les enquêtes du Misterium. Jean-Charles Gaudin s’associe à Brice Cossu (Geste des chevaliers dragons T6) pour de nouvelles enquêtes faites cette fois par une troupe de saltimbanques. Nous sommes en plein Moyen-âge  et cette famille de troubadour parcourt la France pour effectuer des représentations et des enquêtes sur des faits étranges à la demande des seigneurs locaux.


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Baudouin est le leader du Misterium. Il est accompagné de sa femme, de leurs enfants Sénélia et Thibaud ainsi que d’un autre couple. Dans ce premier tome, le seigneur Geoffroy fait appel à eux pour résoudre une série de meurtres perpétrés par un Baphomet, un monstre à la tête et aux pieds de bouc.

Ce premier tome est l’occasion d’une présentation rapide du misterium avec surtout la mise en avant de Sénélia, la réelle enquêtrice douée d’un grand pouvoir de déduction. Les personnages sont sympathiques, assez doués dans leur partie avec une première enquête sur des meurtres qui se veulent fantastiques dans leur exécution avant que toute la lumière soit faite par Sélénia pour en révéler toute la mystification.

Un bon démarrage avec ce premier tome. On attendra avec plaisir la suite dont on l’espère de nouvelles informations sur le couple qui les accompagne notamment.

 

Les Fables de l’Humpur, tome 2 – note 7/10

La collection Cherche futurs, chez Soleil, adapte en bande dessinée, les meilleurs romans de science fiction ou de fantasy. Le romans de Robin Hobb, avec Assassin royal et les Aventuriers de la mer sont de ceux-ci. Un autre auteur, qui a à son actif plus de 50 livres, a aussi droit à cet honneur. Pierre Bordage adapte lui-même ses romans, les Fables de l’Humpur.


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Le titre n’est sans doute pas anodin. Quand on voit le mot fable, on pense irrémédiablement aux Fables de La Fontaine où les animaux ont des comportements humains. Ici, Pierre Bordage va  plus loin.

Les hommes ont disparu. Ils sont devenus un mythe, une légende, voir même des dieux pour les animaux humanoïdes qui vivent ici. Les Hurles (loups), les Grognes (cochons), les Bêles (moutons) ... forment des castes comme au Moyen-âge. Mais ici, chaque famille d’animaux aux comportements humains gardent des caractéristiques liées à leur race. Ainsi les Hurles dominent les Grognes et les Bêles. Ces derniers gardent des techniques d’élevages avec reproduction par le mâle le plus fort, castration pour engrosser certains individus qui serviront de repas aux dominateurs. Ils n’ont d’humains que leur apparence et encore.

Véhir, le Grogne, veut échapper à sa condition. Il s’échappe donc de son village. Tia, la Hurle, ne veut pas être une des reproductrices du mâle dominant. Les événements vont faire que les deux êtres que tout oppose sont s’associer pour se retrouver dans un même but : échapper à leur condition et se mettre en quête de retrouver les dieux humains. Mais les règles établies sont fortes et pour toutes les races. Il est inconcevable qu’un Grogne se promène avec une Hurle.

Au-delà de l’aspect fantasy de cette histoire, le sujet est évident : l’acceptation de la différence des autres. Le combat de Véhir et Tia, s’il est d’abord personnel, se rejoint. Mais il apparaît vain, il faut bien le dire, car tout est contre eux. Et comme pourra le dire Ruogno, le Ronge (rongeur) : « à deux, on ne soulève pas des montagnes » (p32).

Pour mettre en image tout cela, Olivier Roman (Harry Dickson chez Soleil) nous offre le meilleur de lui-même. Un dessin emballant, et surtout une imagination folle pour humaniser toutes ses races, toutes plus réelles les unes que les autres.

Reste un petit point concernant les dialogues qui offrent une difficulté inattendue. En créant une grammaire et une orthographe spéciale, Pierre Bordage offre une originalité à son œuvre, à l’image d’un Tolkien qui a inventé la langue elfique. Et si elle reste très compréhensible, il est parfois difficile de tout comprendre. Et il n’est pas rare qu’on s’y reprenne à deux fois. Une difficulté qui vaut largement le coup d’être affrontée tant l’histoire est emballante.

ZOMBIES NÉCHRONOLOGIES - T.1 - Les Misérables – 8/10

Alors que l’on attend fébrilement la suite de Zombies, Olivier Peru nous fait patienter avec un tome dédié à l’invasion mais côté France. Avec moins de territoire mais également beaucoup moins d’armes à feu en circulation, cela promet de beau moment de massacre. C’est ce que nous allons constater à travers Charles, garde du corps du président. L’homme est une machine, un chien de garde pour certains, mais c’est avant tout un vieux briscard dont le sang-froid, le réalisme et le cynisme désignent comme le héros parfait pour ce monde infecté par les morts vivants. Charles va, ainsi, se retrouver sur les routes afin de rejoindre sa femme en Suisse tout en amenant un collègue qui doit délivrer des informations capitales sur l’épidémie. En chemin, nous découvrirons les joies de la campagne et l’organisation militaire de Genève. L’album est court mais il est saisissant. De plus, on ne peut pas dire que Peru mâche ses mots tant il dénonce les différentes mesquineries liées aux arcanes du pouvoir. Visuellement, il est accompagné de Petrimaux qui fait un travail propre et efficace. Si le début peut paraître classique, il montre dans les scènes de foule et d’action, un trait sûr. Olivier Peru continue donc de développer son univers et les fans seront ravis car la qualité est toujours au rendez-vous.


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