8.5/10Les Tours de Bois-Maury, première et deuxième partie

/ Critique - écrit par plienard, le 28/01/2017
Notre verdict : 8.5/10 - Hermann joue des tours

Temps de lecture estimé de l'article : 8 minute(s) - laisser un commentaire

Pour cette journée spéciale Hermann, suite des aventures d’Hermann avec les deux premières intégrales des Tours de Bois-Maury parues en novembre 2016.

C’est une des séries les plus célèbres et emblématiques de la carrière d’Hermann, le grand prix d’Angoulême 2016. Elle montre notamment son aisance à traiter tous les genres en tant que dessinateur ou auteur complet après Bernard Prince (1969), Comanche (1972) et Jeremiah (1979). Il signera les dix premiers tomes d’une série  désormais culte en tant qu'auteur complet. Les éditions Glénat ont sorti deux intégrales en novembre 2016 reprenant chacune cinq tomes de la série.


Les couvertures des 2 intégrales ©Glénat 2016.
 

Tome 1 : Babette (novembre 1984)


©Glénat .

Le maçon Germain est accusé du meurtre du chevalier Geoffroy, alors que ce dernier tentait d’abuser de la paysanne Babette. La mort de ce chevalier au comportement grossier, bien éloigné des codes de la chevalerie, n’émeut pas vraiment le chevalier Aymar de Bois-Maury, au contraire du fils de son hôte qui en prend ombrage et ne cessera de provoquer Aymar

Ce premier tome d’Hermann signe son arrivée dans le catalogue Glénat et le début d’une série prenante. Loin d’être vraiment charismatique, ce chevalier intrigue par son histoire dont on ne sait pas grand chose à l’exception qu’il a été dépossédé de son château dont les « tours sont les plus belles et les plus hautes en terre chrétienne »

 

Tome 2 : Eloïse de Montgri (novembre 1985)


©Glénat.

Un étrange berger propose au seigneur de Caulx de choisir quelques brebis pour le remercier de l’avoir laissé errer sur ses terres. Cela n’est qu’un leurre pour piller et bruler le château en ne laissant aucun survivant. Pourtant le jeune Basile de Caulx sera sauvé et avec les paysans ils se réfugient dans la forêt espérant des jours meilleurs.

Le chevalier Aymar continue d’espérer revoir ses tours les plus belles et les plus hautes. Sur son chemin, il va retrouver d’autres pauvres nobles, dans le même désœuvrement que lui, la fille du seigneur de Montgri et le jeune Basile de Caulx. Ils vont s’unir pour mettre fin aux agissements du berger-pilleur.

 

Tome 3 : Germain (novembre 1986)


©Glénat.

On retrouve le personnage de Germain du premier tome qui a finalement rejoint le groupe de voleur  de la Pie. Ils décident de voler les trésors d’un monastère. Mais un certain Favart est là pour veiller dessus. Et il comprend rapidement qui sont les auteurs du vol. Une course-poursuite s’organise alors qui va virer au drame. De son côté, le chevalier Aymar et son écuyer Olivier escortent un marchand jusqu’à Saint-Jacques de Compostelle. La femme de celui-ci a perdu la tête à la suite de la mort de son enfant.

Dans ce tome, on s’attarde sur le destin de Germain, plutôt que celui du chevalier. Deux destins en parallèle qui semblent liés sans jamais réellement se rencontrer.

 

Tome 4 : Reinhardt (janvier 1987)


©Glénat.

Aymar emmène le marchand et son équipage jusqu’au port pour que ceux-ci puissent prendre le bateau jusqu’à Saint-Jacques de Compostelle. Ils rencontrent le chevalier croisé Reinhardt qui revient d’Orient. Son frère Hugo cherche à le faire éliminer pour pouvoir garder l’héritage de leur père. Aymar, Olivier et Reinhardt vont tenter de s’échapper  par la montagne, mais le chemin est périlleux et difficile. Leur mort est assurée, mais une petite fille va de nombreuses fois les aider.

Si l’univers médiéval plait dans cette série, Hermann était resté extrêmement réaliste jusque dans les dialogues. Pourtant cet album dénote par rapport au reste de la série avec une pointe de mystère, voir de fantastique qu’on n’avait pas habituellement, dû à la présence de la petite fille qui apparaît et disparaît un peu par magie. Même le chevalier Aymar en reste songeur.

 

Tome 5 : Alda (décembre 1988)


©Glénat.

Alda a fait partie de la bande de La Pie et de Germain. Ayant finalement réussi à échapper à Favart (voir tome 3), elle a refait sa vie en reprenant une auberge. C’est par hasard qu’elle apprend qu’un voleur correspondant à la description de Germain sème la terreur sur les terres d’Yvon de Portel, une connaissance d’Aymar qui va justement jusqu’à sa forteresse. Elle décide d’en savoir plus.

Cet album sonne la fin de ce qu’on pourrait appeler le premier cycle. A l’image du tome 1, Germain et Aymar vont vivre les mêmes événements  et Germain va pouvoir rembourser la dette qu’il avait auprès du chevalier depuis tout ce temps.

 

Tome 6 : Sigurd (janvier 1990)


©Glénat.

Un mystérieux cheval blanc apparaît sur la plage à Aymar et Olivier avant de disparaître comme par enchantement sans laisser la moindre trace sur le sable. Cette histoire revient aux oreilles au seigneur de Landri qui s’en inquiète. Une ancienne malédiction semble revenir les tourmenter. Et alors que le chevalier de Bois-Maury est parti à la recherche du chevalier de Courcy, il rencontre un viking du nom de Sigurd et sont renversés par le cheval blanc.

C’est une aventure résolument fantastique qui attend le chevalier avec ce cheval fantôme. Elle introduit le nouveau cycle qui emmènera Aymar et son écuyer jusqu’en Orient.

 

Tome 7 : William (décembre 1990)


©Glénat.

Le jeune chevalier William tient en grande estime le chevalier Aymar d’autant que grâce à lui il va pouvoir partir combattre les hérétiques en Orient. Mais son empressement le fait abandonner Bois-Maury convalescent en route pour suivre une troupe de chevalier. Lorsqu’Aymar est remis sur pied, il escorte une troupe de pèlerins à travers l’Europe et finit par traverser un village pratiquement abandonné et où ils ne sont pas les bienvenus. D’autres chevaliers les précédant n’y ont pas laissé de bons souvenirs.

Le chemin jusqu’en Orient est semé d’embûches mais elles ne viennent pas forcément de là où on pense. Et si de nombreux malheurs arrivent aux pèlerins et aux croisés, il faut bien avouer qu’ils récoltent un peu ce qu’ils sèment.

 

Tome 8 : Le seldjouki (avril 1992)


©Glénat.

Aymar et sa troupe de pèlerins sont maintenant en Grèce. Leurs conditions sont critiques. Soif, faim, ils doivent en plus prendre garde aux attaques des musulmans ennemis. Parmi eux, les Seldjoukis, dont ils vont capturer un des leurs. Aymar préfère le garder en vie contre l’avis des autres. Il devine que celui-ci cache un secret important.

L’épopée de ces croisés n’est pas tout repos. Et comme à leur habitude, certains d’entre eux font preuve de peu de charité chrétienne.

 

Tome 9 : Khaled (mars 1993)


©Glénat.

 Aymar et sa troupe arrivent dans un port. Alors qu’il empêche la mise à mort d’une hérétique enceinte, il se retrouve nez à nez avec le chevalier Reinhardt von Kirstein qui ne semble pas le reconnaître. Il finira par lui proposer d’aller porter secours au seigneur Bernard de Mance assiégé par les Arabes. Mais dans l’ombre, un certain messire Fayrnal pactise avec l’ennemi pour empêcher ce sauvetage.

C’est le tome qui change tout pour Aymar, celui des révélations. Il va y trouver la fortune et se rendre compte que le temps passe et qu’il est temps de récupérer son bien et de fonder une famille.

 

 

Tome 10 : Olivier (août 1994)


©Glénat.

De ses aventures en Orient, Aymar de Bois-Maury a ramené fortune, alliés et amour. Messire William revient ainsi d’Angleterre pour renforcer l’armée qu’il a constituée afin de reprendre possession de son fameux château de Bois-Maury. Mais les propriétaires actuels ne sont pas décidés à le lui rendre aussi facilement et décident d’enlever sa femme afin de gagner du temps.

Ce dixième tome est assez dramatique. Alors qu’Aymar est tout à la joie d’avoir trouvé la femme qu’il aime (Guenièvre, la fille du seigneur Hendrick) et sur le point de récupérer son bien, voilà que son écuyer se comporte bizarrement et qu’il fait preuve de trop de fougue en acceptant un duel contre plus fort que lui. Quant à son écuyer Olivier, il supporte mal la présence de Guenièvre.

 

C’est un récit épique que nous a dévoilé Hermann avec l’épopée de ce chevalier errant qui va chercher toute sa vie à récupérer son château. Une sorte d’arlésienne que le lecteur n’aura jamais le loisir de voir même si dans le tome 10 le chevalier est en passe de récupérer son bien. C’est un fil rouge qui cours tout au long des albums et qui donne une raison de vivre au chevalier. Autre point remarquable, c’est le réalisme qui en ressort. Dans les rapports hiérarchiques entre paysans et seigneurs, ou entre écuyers et chevaliers, chacun est remis à sa place dès qu’il ose outrepasser son rang. Les dialogues, aussi, participent a donner encore un peu plus de réalisme au récit, avec ses expressions en « vieux françois » de plus en plus visibles quand on avance dans les albums. Enfin, le trait d’Hermann de plus en plus précis est aussi austère et viril que ses histoires. L’auteur nous plonge dans le moyen-âge avec une facilité et un réalisme à toute épreuve. On se doutait que l’époque n’était pas facile. Il nous le montre.

 

Actuellement la série compte 15 albums et depuis le tome 12, Yves H (le fils d’Hermann) a pris en main le scénario.

Tome 1 : Babette (novembre 1984)

Tome 2 : Eloïse de Montgri (novembre 1985)

Tome 3 : Germain (novembre 1986)

Tome 4 : Reinhardt (janvier 1987)

Tome 5 : Alda (décembre 1988)

Tome 6 : Sigurd (janvier 1990)

Tome 7 : William (décembre 1990)

Tome 8 : Le seldjouki (avril 1992)

Tome 9 : Khaled (mars 1993)

Tome 10 : Olivier (août 1994)

Tome 11 : Assunta (mars 1998)

Tome 12 : Rodrigo (août 2001)

Tome 13 : Dulle Griet (août 2006)

Tome 14 : Vassya (septembre 2009)

Tome 15 : Œil de ciel (mai 2012)


Les couvertures des albums ©Glénat.

A découvrir

Vous pouvez aussi découvrir d'autres excellents articles sur Krinein, comme celui-ci : Androïdes – Tome 2 : Heureux qui comme Ulysse