Glénat : Little Bird, Serpent Dieu T2, Mickey All stars, Conan le Cimmérien T6

/ Critique - écrit par plienard, le 19/07/2019

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Little Bird - note :6/10

Little Bird est une jeune enfant qui va avoir pour mission de raviver la résistance contre le pouvoir expansionniste américain. Sa mère lui a demandé de libérer "la hache", une sorte d'homme invincible au physique de bucheron, et retenu prisonnier. Little Bird réussit à l'en sortir juste avant l'arrivée d'une équipe de nettoyeur qui devait éliminer tous les prisonniers.


© Glénat 2019DR.

 Avec un récit très violent au graphisme moebusien du new yorkais Ian Bertram, cet album dérange autant qu'il surprend. Il dénonce une certaine vision américaine et au-delà de cela, toute vision expansionniste et dictatoriale.

L'album peut choquer par certains côtés ou paraître un peu manichéen. Les auteurs - Darcy Van Poelgeest et Ian Bertram - arrivent cependant à accrocher le lecteur avec des thèmes qui résonnent dans notre existence et des images fortes.

 

Serpent Dieu - Tome 2 : Le temple du Dieu-Corbeau - note : 8/10

Comme souvent lorsqu'un premier tome nous a bien plu, on attend avec une légère impatience la suite de l'histoire. Pour serpent Dieu, de Jérôme Le Gris et Benoît Dellac, l'attente n'aura pas été trop longue, voire carrément courte puisqu'il aura fallu seulement trois mois pour avoir le plaisir de retrouver Elrik l'Orcadien.


© Glénat 2019DR.

 Dans l'affrontement qui a opposé Ulf Keludar et Björn le brûlé, la fille de ce dernier, Nessa, y a laissé la vie. Ayant pris parti pour le clan de Keludar, Björn perd donc la femme qu'il aime par sa faute. Mais il garde en tête de se venger de son roi Hakun qui est responsable de la mort de sa mère.

La satisfaction du tome 1 reste égale avec ce deuxième épisode où Elrik va rencontrer le troisième guerrier-fauve. Une très bonne histoire de guerrier nordique et de vengeance par Jérôme Le Gris à qui ont doit les trois tomes d'Horacio d'Alba. On se plaindra juste du trop grand nombre de références nordiques qui parsèment la lecture et le début de l'album. Pour les fans de Thorgal, il y aura comme un air de déjà vu, avec tous ces dieux et mondes nordiques.

Benoît Dellac est à ranger dans la case des tout meilleurs dessinateurs. C'est un vrai plaisir de lire ses albums pour lesquels on sent un gros travail dans le découpage et la mise en page.

Enfin, dernière satisfaction, le tome 3 est déjà annoncé pour octobre 2019. Trois tomes en moins d'un an, chapeau messieurs !

 

Mickey all stars - note : 6/10

Pour les 90 ans de la souris la plus célèbre au monde, et les 50 ans de la maison d'édition, Glénat, l'éditeur grenoblois a invité une cinquantaine d'auteurs à présenter leur Mickey en une page avec un concept : le personnage rentre dans la première page pour ressortir dans la dernière. Entre les deux cases, carte blanche ! Cela donne un album d'hommage, un peu bancal dans son déroulement, mais qui permet aux auteurs de se faire plaisir et aux fans d'avoir une bande dessinée de 50 auteurs pour le prix d'une seule.


© Glénat 2019DR.

 Les auteurs sont, par ordre d'apparition : Giorgio Cavazzano et Joris Chamblain, Flix, Dav, Keramidas, Fabrice Parme, Alfred, Brüno, Batem et Nicolas Pothier, Federico Bertolucci et Frédéric Brrémaud, Silvio Camboni et Denis-Pierre Filippi, Thierry Martin, Guillaume Bouzard, José-Luis Munuera, Alexis Nesme, Fabrizio Petrossi, Jean-Philippe Peyraud, Pirus, Massimo Fecchi, Boris Mirroir, Godi, Florence Cestac, Eric Herenguel, Marc Lechuga, César Ferioli, Tebo, Clarke, Dab's, Pieter De Poortere, Antonio Lapone, Ulf K, Pascal Regnauld, Johan Pilet, Mathilde Domecq, Nicolas Juncker, Jean-Christophe Chauzy, Mike Peraza, Arnaud Poitevin, Olivier Supiot, Eric Cartier, Zanzim, Marco Rota, Paco Rodriguez, Sasha Wüstefeld.

 

Conan le Cimmérien - Tome 6 : Chimères de fer dans la clarté lunaire - note : 8/10

Nouvel album consacré à Conan chez Glénat et c’est une femme qui va s’occuper du barbare. Les plus macho vont râler mais Conan serait sûrement d’accord avec ce choix. Lui, qui est épris de liberté et qui ne veut pas être enfermés dans des codes absurdes. Virginie Augustin a donc pour tâche d’adapter en bande dessinée Chimère de fer dans la clarté lunaire. Cela ressemble presque à un haïku mais c’est avant tout une quête pour la survie.


© Glénat 2019DR.

 La survie de Conan tout d’abord. Il a son nom en grand sur la couverture alors parlons de son échappée dans les marais pour éviter les armées d’un roi qui le veut mort. Seul survivant de ses francs compagnons, il va vite avoir de la compagnie en la personne d’Olivia. Cette ancienne princesse, vendue comme esclave par son père, veut échapper au même seigneur que Conan. Tous les deux veulent éviter les sévices et après que Conan ait tué le roi, les voilà donc en cavale pour éviter la vengeance, la torture et la vie dans un royaume qui ne veut pas d’eux. C’est ainsi qu’ils atterrissent sur une île  apparemment déserte. Et là, je ne vous raconte plus rien d’autre car c’est ici que commence l’histoire à proprement parler. Nous avons donc les ingrédients de base d’un récit Conan. Howard, le papa du barbare, avait d’ailleurs écrit cette histoire pour des fins alimentaires.

Nous avons donc : un île mystérieuse, une ancienne civilisation, du surnaturelle, une créature mortelle, des pirates et une femme en détresse. Cela dit, Howard n’avait pas fait que cela. Augustin a bien compris qu’au final, celle qui allait sublimer cette album, c’est Olivia. Elle monte en puissance tout au long de l’album. Sa quête de liberté sera aussi une émancipation et elle finira par dicter les règles qui régissent sa vie. Conan de son côté est plus monolithique. Finalement, entre le début et la fin du récit, il traverse les événements en étant assez peu changé ou marqué. Même la créature ne va pas le surprendre outre mesure.

Graphiquement, c’est moins surprenant que les autres albums de la collection. C’est sûrement l’œuvre la plus classique. Conan apparaît tel qu’on l’imagine : cheveux longs noir, slip et bottes en peau de bête, une épée à la main. Idem pour les décors et autres personnages qui sont assez classiques. Nous ne sommes pas dans la révolution visuelle que le Colosse Noir (par exemple) avait apporté à Conan.

Cela dit, Conan le Cimmérien - Chimères de fer dans la clarté lunaire est un album qui s’apprécie pour son cadre, cette tension permanente autour de nos héros et surtout pour Olivia qui est la véritable héroïne de ce récit.

 


Les couvertures des 4 albums - © Glénat 2019DR.

 

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