Dupuis : Macaroni !, Choc T2

/ Critique - écrit par plienard, le 18/04/2016

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Dans des genres totalement différents, deux bandes dessinées aux éditions Dupuis qui tiennent le haut du pavé. A lire absolument.

Macaroni ! – note : 8/10

Pour ceux qui ne le savent pas, la Belgique a toujours eu une forte communauté italienne. Et si on peut se demander pourquoi, cet album va nous éclairer. Après la guerre, l’Italie est exsangue et une grande campagne de publicité invite les Italiens à venir travailler en Belgique dans les mines. Et c’est attirés par cet eldorado qui n’en sera pas un que de nombreux italiens vont faire le long voyage vers le plat pays.


©Dupuis édition 2016.

Et c’est sur ce fond historique que Macaroni ! va raconter les vacances du jeune Roméo chez son grand-père à Charleroi avec en point d’orgue la difficulté de communiquer entre les générations. Roméo doit passer quelques jours chez son grand-père. Ce n’est pas ce qui lui fait le plus plaisir, d’aller chez le « vieux chiant » comme il l’appelle. Mais le grand-père le lui rend bien en le traitant de « stupidino », et en l’obligeant à travailler au jardin dès le lever du jour et à laver l’auge du cochon surnommé Mussolini.

C’est une belle histoire que celle que nous racontent Thomas Campi et Vincent Zabus, respectivement au dessin et au scénario. Un album qui a d’ailleurs eu quelques difficultés à se faire et dont vous pourrez découvrir les péripéties à la fin de l’album s’il vous vient la bonne idée de le lire. On découvre ainsi le fond historique des italiens belges, les macaronis, surnom désobligeant dont ils ont été affublés. C’est aussi et surtout beaucoup d’émotion avec un petit-fils qui découvre un grand-père à partir du moment où la communication s’établit. Ça c’est pour le côté « intelligent » de la bande dessinée, mais il y a aussi et surtout ce côté « nostalgique » que tout le monde pourra ressentir en revoyant ressurgir ses souvenirs d’enfance chez les grands-parents et les rapports si particuliers qui en découlent.

Le dessin de Thomas Campi est une ode à ces souvenirs d’enfance, et retranscrit pleinement l’image de ces corons belges. Il arrive aussi à exprimer efficacement les souvenirs brumeux du vieux grand-père. On a aussi quelques moments de grâce lorsque Roméo et son grand-père ramassent le raisin.

Que des bonens raisons pour lire cette bande dessinée.

 

Choc – Tome 2 : Les Fantômes de Knightgrave (deuxième partie) – note : 8.5/10

Déjà impressionné par le premier tome, le deuxième opus sur la genèse du méchant de Tif et Tondu ne nous déçoit pas du tout et confirme la qualité de l’histoire de Stéphan Colman et Éric Maltaite.


©Dupuis édition 2016.

Qui se cache derrière le heaume de M Choc ? C’est la question que tous les fans de Tif et Tondu se sont posés pendant plus de 60 ans. La réponse est maintenant à quelques pages d’être révélée. Prévu en trois tomes, l'histoire de Stéphan Colman fait honneur au personnage créé par Will (Willy Maltaite) en 1955 et dont le fils, Éric Maltaite signe le nouveau graphisme. On oscille entre empathie et horreur pour ce personnage qui aligne les morts avec un cynisme assez effrayant. Car, le méchant est plus complexe qu’il n’y paraît. N’est–il qu’un simple voleur et un horrible meurtrier ? Ou incarne-t-il un Chevalier contre l’injustice aux méthodes expéditives ? Choc a-t-il des circonstances atténuantes ? Est-il le produit d’une société qui exploite la pauvreté ?

Ce tome 2 n’en donne pas encore la réponse car on ne sait pas encore qui il est réellement même si cela se précise. On a cependant rarement vu autant de morts dans une bande dessinée classique Dupuis. Alors avant de livrer un jugement définitif sur Choc, il va falloir attendre le tome 3. Et je peux vous dire qu’on est impatient.


Les couvertures des 2 albums - ©Dupuis édition 2016.

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