Delcourt : Soleil froid T1, 14-18 T5, USA über alles T3

/ Critique - écrit par plienard, le 17/06/2016

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Un récit fantastique sur la bataille de Verdun, une histoire de trahison ou de patriote selon le camp où l’on se place et l’apocalypse en pleine montagne suisse.

Soleil froid – Tome 1 : H5N4 – note : 7/10

Dès le début, vous avez l’impression d’avoir déjà lu ce genre de bande dessinée, pourtant Soleil froid réussit à vous captiver. Et si des séries somme Walking dead ou l’Autoroute sauvage, vous viennent à l’esprit à la lecture de cet album, le duo Jean-Pierre Pécau et Damien – à qui ont doit Arcane majeur et Une brève histoire de l’avenir – utilise quelques ingrédients de notre époque pour expliquer l’avenir qu’ils ont inventé.


©Delcourt 2016.

Le virus de la grippe aviaire a évolué et  a décimé une partie de la population. C’est dans cet univers dévasté, qu’un homme, Jan, évolue dans les alpes suisses en compagnie d’une mule – un robot évolué – qui le prévient de toutes activités anormales autour de lui.

Une grippe aviaire qui s’est finalement déclenchée pour toucher les hommes, un projet Google X d’ascenseur jusque dans l’espace, tout cela participe à donner un soupçon de réalité au récit. Ajoutez des groupes militaires mystérieux dans le pur style Mad Max, une légende de laboratoire caché ayant trouvé l’antidote au virus et vous comprendrez qu’on s’arrache difficilement de la lecture de l’album.

Ce premier tome de mise en place distille les informations au compte-goutte et est plutôt efficace si bien qu’il ne vous reste qu’une alternative, attendre la suite.

 

USA über alles – Tome 3 : L’ombre rouge – note : 6,5/10

Le troisième album d’USA über alles est maintenant sur les étals de nos libraires. Si la couverture pourrait laisser à penser que c’est un nouvel album de la série JOUR J, elle en a aussi toutes les qualités : une relecture de l’histoire de la seconde guerre mondiale qui permet d’apporter une touche un peu plus fantastique avec des modèles d’avions assez originaux. Ce n’est cependant pas le cas même si ce triptyque était à l’origine bien prévu pour JOUR J. D’ailleurs le duo Jean-Pierre Pécau – Maza a déjà à son actif le triptyque OMEGA sur JOUR J (tomes 14, 18 et 21), dans la même période historique.


©Delcourt 2016.

On admire ici le fabuleux travail de Maza sur les avions et la mise en page très efficace avec quelques belles grandes cases sur deux pages qui donnent beaucoup de punch au récit. Concernant l’histoire en elle-même, elle est un peu confuse avec de nombreux personnages qui interviennent pour en sauver d’autres, tout cela pour empêcher ou permettre des complots de se réaliser. Une relecture des trois albums est sans doute nécessaire pour tirer la quintessence de tout ceci.

 

14-18 – Tome 5 : Le Colosse d’ébène (février 1916) – note : 7.5/10

Nous arrivons à mi-chemin de la série 14-18, cinquième tome sur dix prévus, chez Delcourt, par Eric Corbeyran et Etienne Le Roux et c’est l’occasion de faire le lien avec les commémorations actuelles sur le début de la bataille de Verdun.

Car nos huit personnages – Pierre, Arsène, Jules, Louis, Maurice, Denis, Armand et Jacques – touts issus du même village, vont se retrouver livrés à eux-mêmes dans les tout premiers jours de la bataille de Verdun, au fort de Douaumont, censé être la fierté de l’arsenal défensif français.


©Delcourt 2016.

Mais la fierté des soldats français a depuis longtemps été ravalée et le manque de munition empêche de pouvoir défendre correctement le fort. C’est la débâcle et la retraite obligatoire. Et dans ce capharnaüm meurtrier, des tirailleurs sénégalais sont venus prêter main forte.

C’est une histoire assez émouvante qu’on découvre dans ce cinquième tome où la bêtise humaine côtoie avec la même force la plus belle des qualités, l’humanisme. C’est la bêtise de la guerre, bien sûr, où des hommes se font tuer pour avancer de quelques mètres mais aussi la bêtise du racisme où la couleur de peau pouvait signifier que vous étiez un sous-homme auxyeux des autres. Mais cette série a ceci de beau qu’elle montre aussi que l’homme peut faire preuve d’humanité avec son semblable.

 

Billet d’humeur : à l’heure où quelques « fiers français » ont réclamé – en menaçant un maire de la république – l’annulation d’un concert de Black M (d’origine guinéenne dont le grand-père a servi chez les tirailleurs sénégalais durant la seconde guerre mondiale) pendant les commémorations de Verdun sous prétexte que le rappeur a eu des paroles très dures envers la France il y a quelques années dans ses chansons, et que ce n’était pas le lieu ni le moment de « faire la fête », on se dit quelques fois qu’on est retombé un siècle en arrière et que ce genre d’album et de série est un joli pavé lancé dans la mare de leur bêtise.


Les couvertures des 3 albums - ©Delcourt 2016.

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