Dargaud : Pepe Carvalho T1, Filles des oiseaux T2, Tyler Cross T3, Guantanamo kid

/ Critique - écrit par plienard, le 26/03/2018

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Pepe Carvalho - Tome 1 : Tatouage - note : 6/10

Pepe Carvalho est un célèbre personnage de Manuel Vasquez Montalban dans la littérature populaire espagnole. C'est un détective privé, sorte de San Antonio espagnol, qui ne pense qu'à bouffer et à baiser. Les allusions déplacées sont donc légions et pourrait mettre le lecteur un peu mal à l'aise compte-tenu de l'ambiance actuelle de notre société. Il faut cependant replacer ce personnage dans son contexte. Créé dans les années 70, il est l'archétype du détective de cette époque, séducteur et cynique avec quelques particularités étranges : fan de cuisine, il adore se mettre aux fourneaux et particulièrement cultivé, il n'hésite pas à faire une flambée avec un bon livre.


© Dargaud 2018.

 Un corps est retrouvé sur une plage de Barcelone, le visage mangé par les poissons et un mystérieux tatouage sur l'épaule. Monsieur Ramon, le gérant d'un salon de coiffure charge le détective Pepe Carvalho de trouver l'identité de cet homme et savoir ce qu'il faisait. Et pour cela, il n'hésite pas à aligner la monnaie. Une enquête qui va emmener le privé jusqu'en Hollande.

 

Filles des oiseaux - Tome 2 - note : 7/10

Florence Cestac nous livre le second album de Filles des oiseaux qui retrace un rapide aperçu de l'évolution de la société sur 50 années au travers de l'amitié entre deux femmes, avec ses hauts et ses bas.


© Dargaud 2018.

 On avait laissé Marie-Combe et Thérèse aux portes de mai 68 à la fin du tome 1. On les retrouve donc en pleine libération de la société : manifs, débats, répression policière, et bien sûr libération sexuelle. Une période de liberté avec ce qu'elle entraîne d'excès, mais aussi de joie et de plaisir. Marie-Combe et Thérèse fêtent maintenant leur 60 ans et reviennent sur leur vie par flash-back. Des moments de bonheur, de tristesse, de tendresse, de disputes, une vie comme tout à chacun.

Le talent humoristique de Florence Cestac avec ses personnages au gros nez nous invite à lire cette synthèse sur un demi-siècle d'évolution. Un album léger pour lequel certains verront une certaine nostalgie, d'autres un témoignage sur des acquis mis à mal ces derniers temps. Les combats d'hier restent d'actualité.

 

Tyler Cross - Tome 3 : Miami - note : 8/10

Fabien Nury et Brüno s'associent pour un troisième tome de Tyler Cross, un anti-héros par excellence qu'ils vont envoyer à Miami, mais qui ne fera ami-ami avec personne.


© Dargaud 2018.

 Nous sommes à la fin des années 50, le tourisme de masse est amené à prendre de plus en plus d'importance, n'en déplaise à quelques fortunés. Tyler Cross, lui, est un survivant. Son avocat, Sid Kabikoff, qui lui doit de l'argent, l'a vendu à des tueurs à gage. Et il ne s'en tire que parce qu'il est meilleur qu'eux. Tyler va vouloir récupérer son argent, mais l'avocat ne l'a déjà plus. Il a investi dans un projet immobilier avec un promoteur véreux qui doit ramasser 700 000 dollars en pot de vin. Et si notre antihéros le braquait ?

Après une première collaboration sur l'album Atar Gull - récit dramatique sur un prince africain devenu esclave et envoyé dans les Antilles, d'après un roman d'Eugène Sue - Fabien Nury et Brüno ont continué leur collaboration avec la série Tyler Cross pour notre plus grand bonheur. Ce personnage de tueur à gage à la fin des années 50 est d'un cynisme à toute épreuve. Froid, calculateur, il est aussi synthétique que le dessin de Brüno et ses cadrages cinématographiques. Ce troisième tome est un réel plaisir pour ceux qui aiment le genre polar. Un plaisir augmenté par les couleurs de Laurence Croix. 

 

Guantanamo kid - note : 6/10

Les éditions Dargaud proposent un livre édifiant de Jérôme Tubiana et Alexandre Franc sur celui qui a été longtemps le plus jeune détenu de Guantanamo, Mohamed El-Gorani. Une histoire incroyable, qu'on ose à peine croire tant elle bouscule des valeurs qu'on croit inaliénables dans des sociétés dites de droit dans lesquelles on croit vivre. Celle du droit international et surtout humain, de la justice, de la présomption d'innocence.


© Dargaud 2018.

 Mohamed El-Gorani vit avec sa famille à Médine. Mais n'étant pas saoudien, ses droits sont limités. Il aspire à une vie meilleure et a pour ambition de devenir réparateur en informatique. Son seul espoir d'y arriver est de partir en Afghanistan où la famille d'un ami propose de l'accueillir et lui apprendre quelques rudiments. Mais sa famille refuse et il va devoir se faire faire de faux papiers et mentir sur son âge pour réussir à partir sans l'autorisation de ses parents. Ce "petit" mensonge va avoir de graves conséquences. Les attentats du 11 septembre 2001 vont avoir lieu durant son séjour en Karachi. Il n'y prête pas beaucoup d'attention, les Etats-Unis d'Amérique viennent d'être blessés et leur réaction va être sanglante. Ils vont pourchasser et mettre à prix les terroristes d'Al-Qaïda : cinq milles dollars ! Les policiers afghans ne vont pas faire dans le détail ! Et Mohamed se fera arrêter à la sortie de la mosquée. Son accent saoudien étant sans doute la preuve de sa culpabilité. C'est le début de la descente aux enfers.

 


Les couvertures des 4 albums - © Dargaud 2018.

 

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