7/10La Légèreté

/ Critique - écrit par plienard, le 29/04/2016
Notre verdict : 7/10 - à la recherche de la légèreté perdue

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Catherine Meurisse est triste et blessée depuis le 07 janvier 2015. Mais Catherine Meurisse est aussi belle et drôle. Et elle nous le montre.

Catherine Meurisse sort un album sur la légèreté. Cette journaliste de presse, chez Charlie Hebdo depuis 10 ans, a échappé au pire le 7 janvier 2015 en arrivant en retard. Mais si elle n’a pas été blessée physiquement, psychologiquement cela fut très dur. Cet album, qui paraît ce vendredi 29 avril aux éditions Dargaud, est donc une sorte d’exutoire à sa peine, à sa colère, une manière de pouvoir reprendre goût à la vie, aux plaisirs du passé comme ceux que les mots de Proust pouvaient lui procurer.


©Dargaud édition 2016.

Y arrivera-t-elle totalement ? Difficile de le dire à sa place. Elle essaie de retrouver, suite au drame, ses fondamentaux, après avoir perdu le sens du dessin et celui de la dérision. C’est comme un carnet intime qu’elle nous livre ici, avec ce personnage féminin caractéristique de son style, sur ses doutes, ses questionnements, le début d’un renouveau, la rechute après le 13 novembre 2015 et les attentats dans Paris. On retrouve peu à peu ce sens de l’humour qu’on aime chez cette artiste à la culture incroyable. Je me souviens encore de ce Moderne Olympia chez Futuropolis qui m’avait montré combien la peinture peut-être belle, intéressante et drôle. Une révélation pour moi. Ici le ton est moins humoristique, le sujet moins drôle, mais grâce à son dessin on n’est jamais dans le pathos. Il y a toujours cette pointe de drôlerie, un humour à fleur de peau qui nous laisse présager du meilleur pour elle.

Après Luz et son Catharsis, voici Catherine et sa légèreté. Et pour être honnête, on attendait tous que les victimes, directes ou indirectes, du 07 janvier 2015 s’expriment sur leurs sentiments. De manière un peu égoïste on avait besoin, nous aussi, qu’ils racontent, comme ils savent le faire avec des dessins, leur vie d’après, comment on peut se reconstruire. Cela nous rassure de voir qu’ils sont toujours là, que les autres n’ont pas réussi. Ils se font du bien en s’exprimant et en dessinant, et c’est tant mieux. Ils le font d’abord pour eux, mais sans le savoir ils le font aussi un peu pour nous.


La couverture de l'album - ©Dargaud édition 2016.

 

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