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Bande dessinée Critique
Les 400 coups - c'était mieux avant

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Notre note : 4/5

L’école, c’était mieux avant… surtout quand on n’y est plus

Les 400 coups - c'était mieux avant figure parmi nos BD les mieux notées.

Votre note pour Les 400 coups - c'était mieux avant :

Ah, l’école ! Ses cahiers, ses récréations, ses copains… et ses humiliations, ses baffes, ses profs tyranniques et ses petits caïds prêts à vous refaire le portrait derrière le préau. Avec Les 400 coups – Certains les font, et d’autres les prennent, Fluide Glacial réunit 22 souvenirs d’auteurs pour rappeler une vérité toute simple : l’école de notre enfance n’était pas forcément le paradis que la nostalgie voudrait nous vendre. Et quand les souvenirs font mal, autant en rire.

Il paraît que c’était mieux avant. Les enfants jouaient dehors, les professeurs étaient respectés, les élèves étaient polis et personne ne passait ses journées le nez collé à un smartphone. Enfin… c’est la version officielle. Parce qu'en grattant un peu le vernis, on retrouve surtout des cours de récréation où certains réglaient leurs problèmes à coups de poing, des enseignants capables de transformer une punition en épreuve de survie et des gamins qui avaient parfaitement compris que l’injustice était parfois incluse dans le programme scolaire. C’est précisément dans cette mémoire-là que plonge Les 400 coups. Le principe est simple : 22 auteurs racontent leurs pires souvenirs d’école, entre brimades, humiliations, violences physiques ou morales, bagarres, punitions injustes et autres joyeusetés pédagogiques. 

Avec son  excellent titre - Les 400 coups, il y a ceux qui les font et ceux qui les prennent - le recueil fonctionne sur une ambiguïté. Les auteurs replongent dans des souvenirs qui, avec plusieurs décennies de recul, peuvent devenir matière à rire. Mais derrière les gags se cachent des situations qui, lorsqu’elles étaient vécues par un enfant, n’avaient absolument rien de drôle.

Le recueil profite évidemment de la présence de quelques habitués de l'humour décalé. Fabcaro raconte ainsi sa rencontre avec Mattioli, le caïd de sa classe de cinquième. Le garçon possède la panoplie complète du petit voyou : banane gominée, bracelets de force, gilet en cuir et même peigne à cran d’arrêt. Le genre de camarade qui transforme instantanément une journée ordinaire en stage de survie. Et forcément, lorsqu'il lui demande de sauter d’un mur, Fabcaro s’exécute.

Tout n'est évidemment pas du même niveau humoristique, une limite inhérente à ce genre de recueil. Certains souvenirs sont franchement hilarants. D'autres sont simplement amusants. Quelques-uns sont nettement plus amers. Mais cette variété est aussi ce qui rend l’ensemble intéressant. Parce que les mauvais souvenirs d’école ne se ressemblent pas. Pour certains, c'est le professeur qui terrorise toute une classe. Pour d'autres, ce sont les camarades. Pour d'autres encore, une institution qui préfère parfois appliquer le règlement plutôt que d'écouter celui qui vient de se faire marcher dessus.

Le recueil raconte des expériences individuelles, souvent anciennes, avec le filtre forcément déformant de la mémoire. Plusieurs récits remontent à une époque où certaines violences scolaires étaient banalisées ou simplement considérées comme « normales ».

Comme souvent avec les recueils collectifs, l'hétérogénéité est à la fois la force et la faiblesse de l'album. Graphiquement, les styles sont très différents. Narrativement aussi. Mais cette diversité évite surtout une certaine monotonie. On passe d'une anecdote franchement burlesque à un souvenir plus cruel, puis à une situation complètement absurde. Certains auteurs savent transformer une humiliation en véritable mécanique comique. D'autres préfèrent la dérision ou le récit plus frontal.

La réussite de ce recueil est certainement de démonter gentiment cette vieille rengaine du « c'était mieux avant ». Les adultes étaient parfois plus autoritaires. Les enfants pouvaient être particulièrement cruels. Certaines violences étaient minimisées. Et l'humour permet aujourd'hui de raconter ce qui, hier, restait parfois soigneusement sous le tapis.

Avec Les 400 coups, Fluide Glacial transforme les souvenirs de cour de récré en thérapie collective. Certains ont donné des coups, d'autres les ont pris, et quelques-uns ont eu la bonne idée d'en faire une BD. Un recueil drôle, parfois grinçant, qui prouve surtout une chose : l'école, c'était peut-être mieux avant… mais uniquement pour ceux qui ont oublié les mauvaises journées.

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