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titre: "Mudlarks, Charles Dickens apprenti écrivain"
description: "Avant de devenir l’un des géants de la littérature anglaise, Charles Dickens a connu une enfance marquée par la pauvreté et l’exploitation. Avec..."
rubrique: "Bande dessinée"
type: "Critique"
auteurs: ["plienard"]
date_publication: 2026-09-21
note: "3.75/5"
oeuvre: "Mudlarks - Charles Dickens, apprenti écrivain"
fiche_oeuvre: https://bd.krinein.com/oc/28629-mudlarks-charles-dickens-apprenti-ecrivain.md
url: https://bd.krinein.com/mudlarks-charles-dickens-apprenti-ecrivain/
editeur: Krinein (https://www.krinein.com)
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# Mudlarks, Charles Dickens apprenti écrivain

Avant de devenir l’un des géants de la littérature anglaise, Charles Dickens a connu une enfance marquée par la pauvreté et l’exploitation. Avec *Mudlarks*, Philippe Charlot et Manu Cassier imaginent une rencontre entre le jeune Dickens et un gamin des rues de Londres. Une aventure historique sensible, qui transforme un épisode douloureux en récit initiatique.

> **Verdict : 3,75/5.** Un enfant de boue ...

En 1824, Charles Dickens n’est encore qu’un gamin de douze ans. Son père vient d’être envoyé en prison pour dettes et la famille est plongée dans la misère. Charles doit abandonner l’école et travailler dans une manufacture de cirage pour rapporter quelques sous. Une situation bien éloignée de l’image que l’on peut avoir du futur auteur de *Oliver Twist* ou de *David Copperfield*.

![](https://www.krinein.com/img_articles/big/26600-nouvel-article-3.jpg) *© Grand Angle 2026.*

C’est dans les rues de Londres que le jeune garçon va faire la connaissance d’Oliver, un enfant des rues qui survit en fouillant les berges de la Tamise. Ces « mudlarks », littéralement des fouilleurs de boue, récupèrent tout ce qui peut être revendu. Entre les deux garçons, que tout semble opposer, va naître une amitié qui va servir de moteur à l’album.

Le principal intérêt de *Mudlarks* réside évidemment dans son personnage principal. Philippe Charlot ne cherche pas à raconter la naissance miraculeuse d’un génie littéraire. Charles Dickens est encore un enfant, et c’est précisément ce qui rend le récit intéressant. Il observe, écoute, découvre le monde qui l’entoure.

Oliver devient alors une sorte de guide dans ce Londres populaire que Dickens apprendra à connaître intimement. Le jeune garçon des rues possède l’expérience que Charles n’a pas. Charles, de son côté, possède déjà ce regard attentif qui fera plus tard la force de son œuvre.

![](https://www.krinein.com/img_articles/big/26600-nouvel-article-2.jpg) *© Grand Angle 2026.*

Le scénario joue ainsi avec une idée séduisante : et si les personnages que Dickens rencontrera dans les rues de Londres avaient contribué à nourrir son imaginaire ? Le procédé est forcément romancé, mais il fonctionne plutôt bien. Les lecteurs familiers de l’œuvre de Dickens reconnaîtront d'ailleurs quelques échos particulièrement savoureux.

Le parallèle avec *Oliver Twist* est évidemment impossible à éviter. Charlot l'assume sans transformer son album en catalogue de clins d'œil. Oliver n'est pas le Oliver Twist de Dickens, mais sa présence permet de comprendre comment le jeune Charles aurait pu puiser dans les destins croisés autour de lui.

Charles et Oliver sont deux enfants confrontés à des réalités difficiles, mais leurs personnalités sont très différentes. Le premier est réservé et observateur ; le second est débrouillard, roublard et parfaitement adapté à la survie dans la rue. Cette opposition permet au récit d’éviter de sombrer dans une simple reconstitution historique.

![](https://www.krinein.com/img_articles/big/26600-nouvel-article-1.jpg) *© Grand Angle 2026.*

Philippe Charlot connaît bien ce type de récit mettant en scène des enfants confrontés à une société qui ne leur fait pas vraiment de cadeau. On retrouvait déjà cette sensibilité dans *Le Train des orphelins*. Ici, le scénariste transpose cette approche dans le Londres du XIXe siècle.

La misère est présente, l'exploitation des enfants également, tout comme la violence familiale. Pourtant, l'album ne cherche jamais à en rajouter dans le pathos. Les auteurs préfèrent raconter ces événements à hauteur d'enfant. C'est une bonne décision, même si elle donne parfois à l'ensemble une tonalité un peu trop sage.

Au dessin, Manu Cassier propose une vision très lisible du Londres de 1824. Les ruelles, les quais de la Tamise, les ateliers et les quartiers populaires installent efficacement le contexte historique. Les décors jouent pleinement leur rôle et donnent envie de se promener dans cette ville aussi fascinante que peu accueillante.

Son trait, souple et expressif, convient particulièrement bien aux jeunes personnages. Les attitudes sont vivantes et les scènes d'action bénéficient d'un découpage dynamique. Les variations de cadrage apportent également du rythme à un récit qui aurait pu facilement devenir trop contemplatif.

Mais le dessin présente aussi une petite faiblesse : la dureté du monde décrit par Charlot est parfois atténuée par la douceur du graphisme. La boue de la Tamise est bien là, les vêtements sont usés, les quartiers populaires sont délabrés… mais l'ensemble reste finalement assez propre.

C'est peut-être là que *Mudlarks* laisse une petite frustration. On aurait aimé ressentir davantage la puanteur, le froid, la faim et la violence de ce Londres miséreux. Le récit raconte une enfance difficile sans toujours parvenir à nous la faire véritablement éprouver.

Avec ses 64 pages, *Mudlarks* avance rapidement. Peut-être même un peu trop. Certains personnages secondaires auraient mérité davantage d'épaisseur et certaines situations auraient gagné à être développées. Le parcours de Charles est finalement assez balisé : le jeune garçon souffre, rencontre Oliver, découvre la rue, observe le monde et commence progressivement à comprendre qu'il pourra un jour transformer cette expérience en histoires.

Le récit reste néanmoins agréable à lire et surtout accessible. Les lecteurs qui connaissent Dickens apprécieront les correspondances avec son œuvre ; les autres pourront découvrir un épisode méconnu de sa jeunesse sans avoir besoin de posséder une quelconque connaissance préalable.

*Mudlarks* est une jolie aventure historique, portée par un duo attachant et un dessin efficace. Philippe Charlot imagine avec intelligence les prémices de ce qui deviendra l'univers littéraire de Dickens, sans tomber dans l'exercice scolaire. Dommage toutefois que la noirceur du contexte soit parfois trop gentiment emballée et que le format court limite l'ambition du récit.

Une lecture agréable et touchante, qui donne surtout envie de retourner fouiller dans les romans de Dickens pour retrouver les traces de ce Londres découvert ici à hauteur d'enfant.

## Fiche technique : Mudlarks - Charles Dickens, apprenti écrivain

- Collection : [Grand Angle](https://bd.krinein.com/grand-angle.md)
- Dessinateur : Emmanuel Cassier
- Editeur : Bamboo édition
- Pages : 64
- Scénariste : Philippe Charlot
- Genre : Aventure
- Date de sortie : 01/07/2026
- Site officiel : https://www.angle.fr/bd/grand_angle/mudlarks/mudlarks_-_histoire_complete/9791041116652
- Fiche de l'œuvre sur Krinein : https://bd.krinein.com/oc/28629-mudlarks-charles-dickens-apprenti-ecrivain.md

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*Critique publié par Krinein, magazine culturel francophone. Version HTML : https://bd.krinein.com/mudlarks-charles-dickens-apprenti-ecrivain/*
