Les Petits Mythos présentent L’Atlantide
Atlantide : retrouvée. Les petits Mythos : toujours pas coulés.
Les petits Mythos présentent ... - Tome 4 - L'atlantide figure parmi nos BD les mieux notées.
Après la mythologie nordique, l’Égypte antique et les Jeux antiques, les Petits Mythos prennent cette fois la direction de l’Atlantide. Une destination touristique qui a toutefois un petit défaut : elle est censée avoir disparu sous les eaux. Christophe Cazenove, Bloz et Amandine Marshall plongent donc Totor et sa bande dans l’un des plus célèbres mystères de l’Antiquité. Au programme : des gags, des mythes, quelques théories bien perchées et surtout une bonne dose d’informations.
Il faut reconnaître une qualité aux Petits Mythos : ils ne connaissent pas la peur. Après avoir affronté les dieux nordiques, les Égyptiens et les Jeux antiques, Totor et ses copains s’attaquent maintenant à l’Atlantide. Une île légendaire engloutie par un cataclysme, décrite par Platon et qui continue, plus de deux millénaires plus tard, à faire fantasmer les amateurs de mystères. Autrement dit, l’endroit rêvé pour une bande de gamins qui ont déjà suffisamment de problèmes avec la mythologie classique.
Le principe de cette collection est maintenant bien rodé. Chaque chapitre alterne un gag en une illustration, deux pages documentaires et une planche de BD. Onze chapitres permettent ainsi de naviguer entre humour et vulgarisation. Et ça fonctionne plutôt bien.
Cazenove connaît parfaitement ses personnages et sait surtout comment les mettre dans des situations absurdes. Totor, Ulysse, Hercule, Aphrodite et les autres deviennent les parfaits guides touristiques d’une Atlantide qui n’a évidemment rien d’un séjour organisé par le Club Med. Le gag est souvent prévisible, mais on ne vient pas chercher de l’humour sophistiqué ou du second degré particulièrement subtil. On vient pour sourire, apprendre deux ou trois choses au passage et tourner la page en se demandant quelle nouvelle bêtise les auteurs vont inventer.
Et c'est notamment ces deux ou trois choses qui font l'intérêt de cet album qui raconte l’histoire d’un mythe. Et là, l’égyptologue et mythographe, Amandine Marshall,apporte une vraie plus-value. Elle revient notamment sur les deux textes de Platon, Timée et Critias, qui constituent la source antique essentielle du récit de l’Atlantide. On découvre que l’Atlantide que nous connaissons aujourd’hui est largement une construction postérieure. Civilisation fabuleuse, île engloutie, technologie mystérieuse, trésors cachés : tout ce que la culture populaire a empilé autour du mythe n’est pas nécessairement présent dans le récit original. On réalise alors que nous ne connaissons finalement pas si bien que cela ce sujet.
Le gros avantage du format, c’est que les explications ne viennent jamais casser complètement le rythme. On plaisante et on explique. On raconte une histoire et on plaisante à nouveau. Les pages documentaires pourraient facilement devenir rébarbatives pour un jeune lecteur, mais les auteurs les rendent suffisamment vivantes pour que l’on ait envie de continuer.
Et Bloz joue évidemment un rôle important dans cette mécanique. Son dessin très expressif colle parfaitement à l’humour des Petits Mythos. Les personnages sont immédiatement reconnaissables et les mimiques font une bonne partie du travail comique.
Autre point positif : l'album ne se limite pas à la seule histoire de Platon. Les auteurs s’intéressent également aux différentes interprétations et aux théories qui ont fleuri autour de l’Atlantide au fil des siècles. Civilisations disparues, localisations improbables, théories pseudo-historiques… l’Atlantide est devenue un formidable terrain de jeu pour les amateurs de mystères et autres idéologies extrêmes. Comme quoi, quand un mythe commence à être utilisé pour raconter n’importe quoi, il peut vraiment aller très loin.
Après plusieurs volumes, les Petits Mythos continuent de rendre la connaissance amusante. Avec L’Atlantide, les Petits Mythos poursuivent leur mission avec efficacité : faire rire sans prendre les enfants pour des idiots et apprendre sans leur donner l’impression d’être à l’école.





