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titre: "Le jour va se lever"
description: "Après avoir raconté la fin de vie et ceux qui l’accompagnent, L’Homme étoilé s’attaque à un autre territoire délicat : le deuil. Pas question ici de..."
rubrique: "Bande dessinée"
type: "Critique"
auteurs: ["plienard"]
date_publication: 2026-10-23
note: "3.25/5"
oeuvre: "Le jour va se lever"
fiche_oeuvre: https://bd.krinein.com/oc/28668-jour-va-lever.md
url: https://bd.krinein.com/le-jour-va-se-lever/
editeur: Krinein (https://www.krinein.com)
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# Le jour va se lever

Après avoir raconté la fin de vie et ceux qui l’accompagnent, L’Homme étoilé s’attaque à un autre territoire délicat : le deuil. Pas question ici de sombrer dans le pathos ou de collectionner les mouchoirs. À travers cinq rencontres et autant de façons d’appréhender la perte, *Le soleil va se lever* cherche plutôt à comprendre comment on peut continuer à vivre lorsque quelqu’un n’est plus là.

> **Verdict : 3,25/5.** La mort en pleine lumière

Parler de la mort sans plomber l’ambiance : voilà un exercice qui parait compliqué. Et pourtant, L’Homme étoilé y arrive avec une étonnante facilité.

Avec *Le soleil va se lever*, Xavier, alias L’Homme étoilé, délaisse un temps les seuls couloirs des soins palliatifs pour devenir reporter du deuil. Son carnet sous le bras, il part à la rencontre de cinq personnes qui ont fait de l’accompagnement des endeuillés leur métier, leur engagement ou leur vocation : un psychiatre, une thanatopractrice, une fondatrice d’association, une doula de fin de vie et une médium. Un casting particulièrement éclectique.

[![](https://www.krinein.com/img_galerie/article_big/84968.jpg)](https://www.krinein.com/img_galerie/big/84968.jpg) *© Le Lombard 2026.*

Mais c’est précisément ce qui rend la démarche intéressante. L’auteur écoute, questionne, doute et accepte même de se retrouver déstabilisé par certaines réponses. L’album fonctionne alors comme une véritable enquête, avec ses rencontres, ses découvertes et ses remises en question.

Le premier mérite de *Le soleil va se lever* est donc de refuser l’idée d’un deuil universel. Il n’existe pas une recette, une durée réglementaire ou un mode d’emploi livré avec le certificat de décès. Chacun avance comme il peut, parfois en rond, parfois à reculons, parfois avec l'impression d'aller mieux avant de se prendre une nouvelle vague émotionnelle en pleine figure.

[![](https://www.krinein.com/img_galerie/article_big/84969.jpg)](https://www.krinein.com/img_galerie/big/84969.jpg) *© Le Lombard 2026.*

L’Homme étoilé raconte tout cela avec une douceur qui n’exclut jamais l’humour. Car si le sujet est grave, l’album ne se transforme jamais en mausolée graphique. Quelques scènes du quotidien, des échanges avec ses proches et certaines situations inattendues viennent régulièrement ramener le récit vers la vie. C’est même l’un de ses paradoxes les plus réussis : plus l’album parle de la mort, plus il donne envie de regarder ce qui reste.

Cette dimension personnelle est essentielle. Au départ, L’Homme étoilé semble vouloir réaliser un reportage sur les autres. Mais progressivement, son propre parcours s’immisce dans celui de ses interlocuteurs. Le reportage devient alors aussi une réflexion intime sur la perte, la mémoire et ce que l’on fait de l’absence. Les témoignages ne sont plus simplement juxtaposés : ils viennent résonner avec l’expérience du narrateur. 

Graphiquement, L’Homme étoilé reste fidèle à ce qui fait son identité. Son dessin tout en rondeur privilégie l’expression des visages et la proximité avec les personnages. Ici, pas besoin de grandes démonstrations graphiques : les regards, les silences et les attitudes font une bonne partie du travail. Les couleurs d’Hélia apportent quant à elles une chaleur bienvenue et contribuent à cette volonté de chercher la lumière dans un sujet naturellement associé à l’obscurité. 

[![](https://www.krinein.com/img_galerie/article_big/84970.jpg)](https://www.krinein.com/img_galerie/big/84970.jpg) *© Le Lombard 2026.*

Le choix des cinq interlocuteurs permet surtout de multiplier les points de vue. Christophe Fauré aborde le deuil sous l’angle psychiatrique, Stéphanie Sounac celui de la thanatopraxie, Sarah Dumont développe une approche autour de la parole et de la sensibilisation à la mort, Vanessa Maier évoque l’accompagnement en fin de vie et Florence Hubert introduit une dimension plus spirituelle. 

Avec ses quelque 250 pages, *Le soleil va se lever* prend le temps de développer ces rencontres. L’album aurait pu devenir répétitif ou excessivement démonstratif. Il évite globalement le piège grâce à son alternance entre témoignages, scènes personnelles et moments plus légers.

Et puis il y a cette idée simple qui traverse tout le livre : le deuil ne signifie pas nécessairement couper le lien avec celui ou celle qui est parti. Il peut aussi être une manière différente de faire vivre ce lien. On ressort donc de *Le soleil va se lever* avec une étrange sensation : celle d’avoir passé près de 250 pages à parler de la mort sans avoir eu envie de fuir à toutes jambes. Mieux encore, on referme l’album avec l’impression qu’il parle finalement beaucoup plus de la vie que de la disparition.

## Fiche technique : Le jour va se lever

- Coloriste : L'homme étoilé
- Dessinateur : L'Homme étolié
- Editeur : [Le Lombard](https://livres.krinein.com/lombard.md)
- Pages : 248
- Scénariste : L'Homme étoilé
- Genres : Graphic novel, Récit, Reportage, Témoignage
- Date de sortie : 21/08/2026
- Site officiel : https://www.lelombard.com/bd/le-soleil-va-se-lever/le-soleil-va-se-lever
- Fiche de l'œuvre sur Krinein : https://bd.krinein.com/oc/28668-jour-va-lever.md

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*Critique publié par Krinein, magazine culturel francophone. Version HTML : https://bd.krinein.com/le-jour-va-se-lever/*
