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titre: "Corum - Tome 2 - La reine des épées"
description: "Il y a des héros qui rêvent tranquillement d'une retraite bien méritée. Et puis il y a Corum. Un prince mutilé, un œil qui voit ailleurs, une main qui..."
rubrique: "Bande dessinée"
type: "Critique"
auteurs: ["plienard"]
date_publication: 2026-09-09
note: "3.75/5"
oeuvre: "Corum - Tome 2 - La reine des épées"
fiche_oeuvre: https://bd.krinein.com/oc/28625-corum-2-reine-epees.md
url: https://bd.krinein.com/corum-tome-2-la-reine-des-epees/
editeur: Krinein (https://www.krinein.com)
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# Corum - Tome 2 - La reine des épées

Il y a des héros qui rêvent tranquillement d'une retraite bien méritée. Et puis il y a Corum. Un prince mutilé, un œil qui voit ailleurs, une main qui n'est plus vraiment la sienne, des dieux qui font n'importe quoi avec les dimensions et, pour couronner le tout, une armée du Chaos qui vient joyeusement massacrer son peuple. Bref, les vacances sont annulées.

> **Verdict : 3,75/5.** Les vacances sont terminées !

Après un premier tome qui avait réussi à rendre accessible l'univers plutôt touffu de Michael Moorcock, David Chauvel et Luca Merli remettent le couvert avec *La Reine des épées*. Et cette fois, les choses sérieuses commencent vraiment. Corum n'a pas franchement le temps de souffler. Gaynor le Damné et ses armées marchent sur Lywm-an-Esh, dernier bastion des Vadhagh. Corum pourrait rester tranquillement chez lui et tenter de défendre ce qui lui reste de peuple. Mais non. Le bougre décide de partir chercher de l'aide au cœur même du royaume de Xiombarg, déesse du Chaos. Parce que lorsqu'on a déjà perdu un œil et une main, autant aller discuter directement avec les dieux du problème. Accompagné de Jhary et du comte Moidel, Corum s'enfonce donc dans un univers où les Plans s'entremêlent, où les créatures infernales se baladent joyeusement et où les notions de réalité et de logique prennent quelques jours de congé. Chauvel ne cherche pas à rendre cet univers artificiellement simple. Il conserve cette dimension étrange et baroque propre à Moorcock, tout en donnant suffisamment de rythme à l'aventure pour éviter que le lecteur ne se retrouve avec un dictionnaire de noms propres posé sur les genoux. L'un des pièges de l'adaptation de Moorcock était pourtant évident : comment faire tenir toute cette mythologie dans une BD sans perdre le lecteur en route ? ![](https://www.krinein.com/img_articles/big/26581-nouvel-article-4.jpg) *DR.*

Le premier tome avait déjà donné quelques éléments de réponse. Le deuxième confirme la méthode : on avance. Vite. Voir un peu trop vite. Les événements s'enchaînent, les lieux se succèdent, les personnages apparaissent, les dimensions s'ouvrent et les ennuis s'accumulent. On n'a pas vraiment le temps de s'ennuyer. En revanche, on aimerait parfois avoir quelques secondes pour respirer. Car derrière cette débauche d'idées se cache un récit qui pourrait gagner à s'attarder davantage sur certaines situations. Quelques transitions paraissent expédiées et certains passages auraient mérité quelques cases supplémentaires pour laisser l'étrangeté de l'univers produire son effet. ![](https://www.krinein.com/img_articles/big/26581-nouvel-article-3.jpg) *DR.*

C'est un peu le problème de cette adaptation : elle veut tellement raconter qu'elle oublie parfois de laisser le lecteur regarder. Heureusement, Luca Merli est là pour transformer tout ce joli chaos en spectacle. Le dessinateur propose un univers fantasy qui ne cherche pas à refaire pour la millième fois les mêmes forêts, châteaux et chevaliers boueux. Ici, les créatures sont inquiétantes, les architectures paraissent sorties d'un mauvais rêve et les dimensions semblent avoir été dessinées après une nuit particulièrement agitée. Le travail sur les couleurs participe énormément à cette impression. Ça flamboie, ça contraste, ça grouille.  Et lorsque les armées du Chaos entrent en scène, on comprend rapidement que Corum aurait peut-être mieux fait de rester chez lui. ![](https://www.krinein.com/img_articles/big/26581-nouvel-article-2.jpg) *DR.*

L'univers visuel possède surtout une vraie personnalité. Ce qui est loin d'être négligeable dans une production fantasy où l'on peut parfois avoir l'impression de regarder le même dragon depuis quinze albums. L'autre bonne idée de la série est de ne pas transformer Corum en simple héros de fantasy qui distribue des coups d'épée en attendant la prochaine prophétie. Le personnage est profondément marqué par ce qu'il a subi. Son statut de survivant, sa relation aux autres et sa place dans cet univers en plein bouleversement donnent au récit une tonalité assez sombre. Et puis il y a cette idée chère à Moorcock : les forces du Chaos et de l'Ordre ne sont pas simplement deux équipes portant des maillots de couleurs différentes. Ici, les dieux manipulent les mortels, les héros servent des puissances qui les dépassent et la victoire n'est jamais vraiment synonyme de happy end. On est donc assez loin de la fantasy où il suffit de tuer le méchant pour que tout le monde rentre manger une tarte aux pommes. ![](https://www.krinein.com/img_articles/big/26581-nouvel-article-1.jpg) *DR.*

Trop rapide, mais jamais ennuyeux. C'est finalement le paradoxe de ce deuxième tome. On pourrait lui reprocher son rythme parfois frénétique, son manque de respiration et certaines transitions un peu brutales. Mais difficile de lui reprocher de ne pas se passer quelque chose. Chauvel sait maintenir l'intérêt et surtout conserver cette sensation de danger permanent. Quant à Merli, il donne suffisamment de matière visuelle au monde de Corum pour que l'on accepte volontiers de se perdre quelques instants dans ses méandres. Le lecteur qui connaît déjà Moorcock y retrouvera les grandes lignes de son univers. Celui qui le découvre avec cette adaptation aura peut-être parfois besoin de relire une page ou deux, mais ne devrait pas être complètement largué. Et c'est déjà une belle réussite. Avec *La Reine des épées*, Corum confirme donc les promesses du premier tome. Ce n'est pas forcément l'adaptation la plus facile à suivre, et elle ne cherche surtout pas à l'être. Mais elle possède suffisamment de personnalité, de souffle et de folie graphique pour donner envie de connaître la suite. Le seul vrai regret vient de ce sentiment de course permanente. Avec quelques pages de plus consacrées à certains personnages et à certains moments-clés, l'ensemble aurait probablement gagné en puissance. Mais après tout, Corum n'a pas vraiment le temps de faire du tourisme. Son peuple est menacé, les Plans partent en vrille et les dieux ont décidé de jouer avec l'univers. Alors on va suivre. Parce que lorsqu'une BD vous donne envie de savoir ce qui va arriver au prochain tome alors même que vous avez parfois du mal à comprendre ce qui vient de se passer, c'est généralement qu'elle a réussi quelque chose.

## Fiche technique : Corum - Tome 2 - La reine des épées

- Collection : 24x32
- Coloriste : Lucas Merli
- Dessinateur : Lucas Merli
- Editeur : [Glénat](https://manga.krinein.com/glenat.md)
- Pages : 56
- Scénariste : David Chauvel
- Genre : Fantasy
- Date de sortie : 28/08/2026
- Site officiel : https://www.glenat.com/glenat-bd/corum-tome-02-9782344064603/
- Fiche de l'œuvre sur Krinein : https://bd.krinein.com/oc/28625-corum-2-reine-epees.md

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*Critique publié par Krinein, magazine culturel francophone. Version HTML : https://bd.krinein.com/corum-tome-2-la-reine-des-epees/*
