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titre: "La Belette"
description: "Contrairement à ce que l'on dit, La Belette n'est pas un ersatz de Silence. L'album confronte la religion chrétienne aux paganismes les plus primitifs et..."
rubrique: "Bande dessinée"
type: "Critique"
auteurs: ["iscarioth"]
date_publication: 2005-05-23
note: "4.5/5"
note_lecteurs: "3.1/5 (35 votes)"
oeuvre: "La Belette"
fiche_oeuvre: https://bd.krinein.com/oc/2481-belette.md
url: https://bd.krinein.com/belette/
editeur: Krinein (https://www.krinein.com)
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# La Belette

Contrairement à ce que l'on dit, *La Belette* n'est pas un ersatz de *Silence*. L'album confronte la religion chrétienne aux paganismes les plus primitifs et isolés.

> **Verdict : 4,5/5.** La Monstrueuse Parade

## L'histoire

Anne et Gérald sont les parents de Pierre, un jeune simplet. Gérald travaille pour la télévision. Anne attend un nouvel enfant. La petite famille s'installe dans un coin perdu de la campagne ardennaise, pour y trouver calme et dépaysement.

## Silence bis ?

Lorsqu'il est sorti en 1980, *[Silence](https://bd.krinein.com/silence/)* a créé un véritable événement. Le succès de l'album a tout d'abord canonisé Didier Comès comme étant un grand artiste à suivre. Mais *Silence* a aussi été l'album révélateur, presque annonciateur, d'une époque pendant laquelle allait naître le militantisme écologique. A posteriori, les bédéphiles reprochent souvent à Comès d'avoir voulu surfer sur cette vague en créant, avec *la Belette*, un ersatz, un sous-Silence. Il est vrai que l'on retrouve en lisant *La Belette* beaucoup de thèmes, personnages et situations déjà vus dans *Silence* : la campagne ardennaise, l'ésotérisme, la religion, l'enfant silencieux et retardé, le père de famille cruel, la seconde guerre mondiale et, surtout, la nature... Car c'est avant tout cette ambiance, typique de *Silence*, que l'on retrouve dans *La Belette* : un paysage rural sur lequel plane un curieux air d'étrange et de sorcellerie. La grosse différence entre *Silence* et la *Belette*, c'est qu'avec *la Belette*, il n'y a pas véritablement de personnage principal. *Silence*, comme son titre l'indique, se centrait sur la perception de la vie d'un jeune muet simplet. Avec *La Belette*, on explore plus la vie d'une multitude de personnages, oscillant entre différentes figures : le voisin et son fils, le curé Schonbroodt, *la* *belette* et son père... Même si le récit finit par se fixer sur la figure d'Anne, *La Belette* traite plus d'une communauté d'habitants que d'un personnage en particulier. Et le résultat est très convaincant.

## La Monstrueuse parade

Tous les personnages, sans exception, sont très inquiétants. La morphologie des personnages et leurs visages sont tout d'abord assez extraordinaires. Quant on connaît le dessin de Comès, on sait que sa façon de dessiner les visages est très impressionnante. Comès ne fait presque jamais ouvrir la bouche à ses personnages, que l'on croirait revêtus d'un masque et, pourtant, il confère à ceux-ci une grande dimension expressive, génératrice de terreur. Avec *la Belette*, cette stylisation des visages atteint son paroxysme : Anne et Gérald ont des visages très allongés : on croirait des gobelins tout droit sortis d'un récit héroïc fantasy. La plupart des habitants du village ont un visage très grossier, bourru parfois monstrueux. En plus de leur apparence, ils développent une attitude étrange, voire extrême. A ce niveau, un personnage marque beaucoup : Bebert, le fils du voisin Renard, une grosse bête étrange, muette et sexuellement déséquilibrée. Sur de nombreux points, ce personnage, véritable homme-enfant, psychopathe répugnant, fait beaucoup penser au *Leatherface* de [*Massacre à la Tronçonneuse*](https://cinema.krinein.com/massacre-tronconneuse-1974/). Dans la deuxième moitié de l'album, seule Anne fait figure de personne « normale ». Le lecteur ne peut s'identifier qu'à cette femme enceinte isolée et souffrante. La peur et le suspense gravitent autour de ce personnage, dans les derniers chapitres. On pense beaucoup au film phare de Roman Polanski, [*Rosemary's Baby*](https://cinema.krinein.com/rosemary-baby/).

*La Belette* va plus loin que *Silence* dans certains grands thèmes. L'album confronte la religion chrétienne, au travers du personnage du fou de dieu Schonbroodt, aux paganismes les plus primitifs et isolés.

Contrairement à ce que l'on dit, *La Belette* n'est pas un ersatz de *Silence*. Même si les points communs entre les deux oeuvres sont assez nombreux, *La Belette* conserve tout de même un haut degré d'originalité. L'album n'est pas une redite : il réussit à créer une atmosphère nouvellement lourde et un panel de personnages inquiétants.

## Fiche technique : La Belette

- Scénariste : Didier Comès
- Coloriste : Noir et blanc
- Dessinateur : Didier Comès
- Editeur : [Casterman](https://bd.krinein.com/casterman.md)
- Collection : [A Suivre](https://bd.krinein.com/a-suivre.md)
- Pages : 140
- Genre : Esotérisme/étrange
- Date de sortie : 01/09/1983
- Fiche de l'œuvre sur Krinein : https://bd.krinein.com/oc/2481-belette.md

## Liens

- [Critique Rosemary's baby](https://cinema.krinein.com/rosemary-baby/)
- [Critique Eva](https://bd.krinein.com/eva/)
- [Critique Silence](https://bd.krinein.com/silence/)

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*Critique publié par Krinein, magazine culturel francophone. Version HTML : https://bd.krinein.com/belette/*
