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5.5/10Un destin de soubrette

/ Critique - écrit par Maixent, le 28/11/2021
Notre verdict : 5.5/10 - Jouer pour changer de vie (Ecrivez votre critique)

Tags : livres livraison sciences prix tome soubrette droit

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S'il y a bien un cliché qui perdure dans l'imaginaire érotique c'est celui de la soubrette. Au départ la soubrette désigne seulement une femme de chambre dans une œuvre de fiction, comme par exemple au théâtre. Cet archétype est surtout utilisé comme rouage d'une narration mettant en valeur les personnages principaux et permettant une proximité avec le public. Souvent accorte, elle devient dès le XIXe siècle fantaisie érotique avec ce fantasme de la bonne sur laquelle peut s'appliquer un droit de cuissage tacite. Figure féminine sexualisée, ses attributs vestimentaires deviennent fétichisme jusqu'à quitter sa fonction première et ne plus être qu'objet de désir. De nos jours les employés de maison peuvent porter des uniformes mais celui de soubrette se trouve presque exclusivement dans les sex-shop, en version ultra courte et sexy voire en latex. Évidemment le milieu kink et BDSM s'est emparé de ce costume, devenu symbole de soumission à l'autorité, versant exploité dans Un destin de soubrette.


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Dans cet album sont réunies quatre histoires courtes toujours sur le thème de la féminisation, non pas grammaticale mais sexualisée à l'extrême. Des situations souvent cocasses et exagérées avec un esprit bon enfant malgré de réelles sévices mais toujours appréciés par la victime. Ainsi le schéma est souvent identique. Un homme se voit contraint et humilié, devenant l'objet sexuel de plusieurs personnes, majoritairement des femmes mais après une période de réticence compréhensible, s'adapte parfaitement à sa nouvelle situation d'esclave sexuel. C'est un pattern un peu grossier et répétitif avec cependant une certaine efficacité voire un peu de grotesque pour une lecture non pas transcendantale mais plutôt plaisante et sans doute excitante pour les amateurs.
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Sans tout dévoiler, on trouvera dans la première histoire un voleur malchanceux. En plein casse, il tombe sur une soirée BDSM extrême impliquant diverses personnes transgenres, des déguisements et un certain plaisir dans les relations D/S. Alors qu'il est prêt à partir, il tombe sur une participante isolée et ne peut refréner ses pulsions de violeur. Or, s'il y a bien une chose importante dans ce genre de soirée, c'est le consentement et le voleur va l'apprendre à ses dépends. Féminisé puis carrément vendu, il n'est plus désormais qu'un jouet entre des mains perverses. On aura ensuite un mari adepte du travestissement qui se fera surprendre par sa femme et deviendra son esclave puis un tour de magie bien particulier suivi d'une virée dans un ranch.


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Quatre histoires donc sur à peu près le même thème dans des lieux différents avec une réelle appétence pour l'excessif et une progression toujours identique et assez rapide. Les lacunes du dessin, assez simplistes, sont compensées par une avalanche de cases et des planches extrêmement denses ce qui permet à l'action de se dérouler assez vivement. Sans être au top le dessin n'est cependant pas mauvais même si l'aspect pornographique est sans doute plus important pour l'auteur que l'aspect technique proprement dit.

Un destin de soubrette reste dans les clichés du genre et une fantasmatique fetish très particulière. Cependant, l'album à l'avantage d'être à la fois ridicule et extrême ce qui donne un ovni assez intéressant même si loin d'être indispensable. Un album sympathique pour découvrir cet auteur hongrois dont il s'agit de la première publication en France.