Soleil : La mécanique T3, Terres d'Ynuma T2
Bande Dessinée / Critique - écrit par plienard, le 06/05/2026
La Mécanique – Tome 3 : Le rêve du passé – note : 6/10
Le tome 3 de La Mécanique tome 3 : Le Rêve du passé, publié chez Soleil Productions, conclut la trilogie de science-fiction imaginée par Kevan Stevens et mise en images par Jef.
Dans un univers dystopique gangrené par une drogue et des tensions sociales extrêmes, la série explore les rouages d’une société au bord de l’implosion.

© Soleil 2026.
Ce dernier tome met en scène l’escalade finale des conflits dans une mégalopole en crise. Insurrections, luttes de pouvoir et trajectoires individuelles convergent vers un affrontement inévitable.
Au cœur du récit, plusieurs personnages — notamment Vananka — tentent de donner un sens à leur passé tout en survivant à un présent chaotique.
Ce troisième volet fonctionne avant tout comme une conclusion chorale. Là où les premiers tomes installaient un univers dense et parfois opaque, celui-ci resserre les enjeux autour des personnages et de leurs trajectoires.
Les auteurs font converger les intrigues dans un imbroglio difficilement compréhensible, malgré une volonté de donner du sens à ce monde fragmenté. Plusieurs pans de réalité se superposent, augmentant la complexité du récit. Les personnages montrent aussi des psychologies plus complexes et moins manichéennes que ce qu’on pouvait penser dans les tomes précédents.
Le travail de Jef est l’un des points forts de la série. Son trait nerveux et détaillé, sa mise en scène dynamique et sa palette colorée donne cette atmosphère dure, oppressante, saturée et froide.
Ce troisième tome est une conclusion compliquée. Les auteurs de Mezkal et Convoi signent une nouvelle série exigeante et ambitieuse, une œuvre de science-fiction froide, plus conceptuelle qu’émotionnelle.
Terres d’Ynuma – Tome 2 : Hijo – note : 8/10
Avec Hijo, David Courtois et Ma Yi abandonnent les personnages du premier tome pour proposer une nouvelle histoire, centrée sur un autre protagoniste. On est dans une logique typique des séries du Monde d’Aquilon où chaque album est autonome, tout en enrichissant un même univers.

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Ce choix a un double effet. D’un côté, il ouvre le champ des possibles et donne une vraie sensation de monde vivant. De l’autre, il impose au lecteur un nouvel investissement immédiat, sans capital affectif préalable.
Le héros, Hijo est un personnage complexe aux multiples talents : messager volant, espion, guerrier, mais surtout homme hanté par son passé et animé d’une haine profonde envers les Elfes. Et comme de bien entendu, sa mission sera de protéger une elfe, alors même qu’il les déteste.
Ce moteur dramatique fonctionne, mais on devine assez vite les émotions du personnage, et la surprise ne vient pas tant du scénario que du contexte dans lequel il s’inscrit.
L’univers d’Ynuma s’inspire fortement des imaginaires chinois et japonais (samouraïs, esprits, créatures hybrides), déjà présents dans le tome 1 ce qui en fait une fantasy asiatique intéressante.
Le dessinateur Ma Yi propose un dessin fluide, lisible avec une vraie élégance dans les scènes aériennes. Les séquences de vol et de poursuite apportent une dynamique bienvenue.
L’album se lit bien, sans temps mort. La narration est claire, structurée autour d’une mission, avec ses obstacles successifs. Mais l’intrigue est assez prévisible, avec des personnages secondaires peu développés.
Terres d’Ynuma offre une branche à part dans le Monde d’Aquilon. Elle s’éloigne du cœur « occidental fantasy » pour explorer un univers d’inspiration asiatique et privilégie une forme plus contemplative.
Avec Hijo, Terres d’Ynuma s’installe comme une série d’heroic fantasy “modulaire”, capable de multiplier les points de vue dans un même monde.
Ce deuxième tome est agréable, bien exécuté, mais encore un peu sage. Il enrichit l’univers plus qu’il ne marque durablement le lecteur.

Les couvertures des 2 albums - © Soleil 2026.