Richelieu, Kermok le pirate, La dernière maison juste avant la forêt
Bande Dessinée / Critique - écrit par plienard, le 10/01/2026
Richelieu, la journée des dupes chez MARAbulles – note : 5/10
Maël Martial s’attaque à un événement historique que seuls les experts en Histoire peuvent connaître, celui d’une journée au cours de laquelle un affrontement entre Richelieu et la reine régente Marie de Médicis va décider de leur avenir respectif.

© MARAbulles 2025.
Au travers d’un dessin élégant, et avec une volonté de casser les codes (et les cases), l’auteur donne à cet ouvrage une étrange impression de préciosité et de grandiloquence. A qui s’adresse ce livre ? un féru d’Histoire ? Un spécialiste ? Un fan de BD historique ?
On ressent une volonté de ne pas faire une BD comme les autres. Et le choix de certains cadrages avec une mise en scène audacieuse perturbe la lecture. Avec des aplats de couleurs et des ambiances très colorées, Maël Martial parvient à exprimer les questionnements d’un Richelieu qui sent la fin de son règne. Parviendra-t-il à se sauver ?
Kernok le pirate chez Noctambule – note : 7,5/10
Riff Reb’s adapte le roman d’Eugène Sue, Kernok le pirate dans la collection Noctambule des éditions Oxymore. L’univers maritime est un univers qu’il connait bien après avoir signé la trilogie A bord de l’étoile maritime (2009), Un Loup des mers (2012) et Hommes à la mer (2014).

© Noctambule 2025.
Riff Reb’s y excelle, dans sa qualité à exprimer des univers rudes et des personnages aux faciès buriné par la mer et la vie.
Kernok le pirate à la mauvaise idée d’aller rendre visite à la sorcière de la baie de Pempoul de la famille de l’écorcheur. Une démarche qu’il accepte à la demande de la belle Mélie, mais qu’il regrette amèrement à l’écoute des prédictions. 13 jours de vie c’est la sentence qu’on lui annonce et qu’il balaie d’un revers de la main. Mais le doute est installé …
Un album de pirate avec ce que cela comporte de batailles maritimes, de cruauté mais aussi d’un certain sens de l’humour noir.
La dernière maison juste avant la forêt chez Rue de Sèvres – note : 8,5/10
Petit événement en cette fin d’année aux éditions Rue de Sèvres : le retour de Régis Loisel au dessin, sur un scénario de Jean-Blaise Djian. Les auteurs du Grand Mort (8 tomes aux éditions Vents d’Ouest) reviennent avec une histoire pleine d’humour grinçant et un peu de grivoiserie. Une sorte de freaks à la française !

© Rue de Sèvres 2025.
Pierrot n’est pas gâté par la nature. Mais son reflet dans le miroir lui prouve le contraire. Il le doit à sa mère : son physique disgracieux, mais surtout celui de se voir plus beau qu’il n’est ! car sa mère est un peu sorcière. Et cela provoque quelques incompréhensions de sa part quand les femmes ne répondent pas positivement à ses avances. Il ne lui reste qu’à fantasmer sur le mannequin de la vitrine d’un magasin de sous-vêtements devant lequel il passe tous les jours. Lorsqu’un jour, le miracle se produit, à moins que ce ne soit un sortilège de sa mère ? Le mannequin a pris vie et se trouve dans le même car qui le mène dans la ville de ses parents qui l’attendent pour fêter l’anniversaire paternel. Quant à la belle Mimi, elle se demande qui est « ce grand malade » qui bave en la matant avec insistance ? et pourquoi « ce pervers lui colle au train ». Ce qu’elle ne sait pas encore, c’est qu’ils vont au même endroit : à la maison juste avant la forêt.
Une comédie qui mélange magie et personnages monstrueux en apparence. Car la maison avant le bois abrite de biens étranges créatures : une sorcière pas très douée et en mal d’amour, un buste de colonel qui aime le Paris-Brest, un majordome british mais pas trop, une bouée canard et bien d’autres petites surprises …
Quand Mimi arrive dans ce cirque, elle est sans doute « la plus normale » du lot. Ce sera moins le cas quand elle en partira. Remarquez, elle aura la chance d’en sortir, car ce ne sera pas le cas de tout le monde … en effet, les « demoiselles » ont de l’appétit !
Un album jouissif qui rappelle celui de Troubles fêtes par certaines scènes et dans cette ambiance parfois grivoise, parfois freak show …

Les couvertures des 3 albums - © MARAbulles - © Noctambule 2025 - © Rue de Sèvres 2025.