Grand Angle : Héros de guerre - Audie Murphy & Johnny Clem

/ Critique - écrit par plienard, le 11/05/2026

Avec les albums Johnny Clem et Audie Murphy dans sa toute nouvelle série Héros de guerre, les éditions Grand Angle s’attaquent à raconter la guerre à travers des figures réelles… mais oubliée. Est-ce mérité ? Les deux albums, aux directions assez différentes, apportent des éléments de réponses.


© Grand Angle 2026.

 

Avec l’album, Johnny Clem, les auteurs de Delta blues café, Philippe Charlot et Miras, racontent un destin improbable : celui d’un enfant de 9 ans qui s’engage dans la guerre de Sécession, jusqu’à devenir sergent à 12 ans.

Un récit qui ne cherche pas à en faire un héros classique. Au contraire, il installe un malaise constant avec cet enfant au milieu de la violence adulte bien que l’enfant soit transformé en symbole militaire.

Le dessin de Miras offre une vision réaliste avec une reconstitution précise, une expressivité marquée et des ambiances crédibles.

 

 

 

 
© Grand Angle 2026.

 

Avec l’album Audie Murphy, on est face à un parcours beaucoup plus en conformité au récit héroïque : une ascension militaire fulgurante, des exploits spectaculaires et une reconnaissance nationale. Murphy devient même le soldat américain le plus décoré de la Seconde Guerre mondiale.

Sur le papier, tout est réuni pour un récit glorieux. Mais l’album prend une autre direction et s’intéresse aussi au retour à la vie civile d’Audie et à sa seconde carrière, mais aussi aux troubles post-traumatiques. Ou comment l’Amérique sait construire des icônes en détruisant l’homme qui se cache derrière.

Graphiquement, Olivier Frasier propose un style dynamique, avec une ambiance immersive et des scènes de combat lisibles.

Un biopic solide, qui nuance le mythe sans jamais totalement le déconstruire.

Ces deux albums fonctionnent presque comme un diptyque involontaire et offre deux personnages assez similaires : jeune, voir trop jeune pour s’engager dans la guerre, ils montrent une volonté à proposer leur investissement pour leurs idéaux.

La comparaison s’arrêtera là car les deux récits offrent des visions différentes des héros et de la guerre (de sécession pour Johnny et de la seconde guerre mondiale pour Audie).

Ensemble, ils composent une réflexion intéressante sur la fabrication du mythe guerrier — entre fascination et désillusion.

Et un troisième tome, Albert Roche, soldat français de la première guerre mondiale, donnera une vision encore plus large de la collection