Glénat : Mea culpa T1, Ann Bonny T2
Bande Dessinée / Critique - écrit par plienard, le 07/05/2026
Mea culpa – Tome 1 – note : 7/10
En février 2026, les éditions Glénat ont publié le premier tome de Mea Culpa, par le scénariste Jean-Christophe Brisard et le dessinateur Michael Malatini. Les deux auteurs traitent d’un sujet rarement évoqué en bande dessinée : le rôle de l’Église catholique face au nazisme. Le début de ce diptyque se situe dans les derniers mois de la Seconde Guerre mondiale, juste après l’échec de l’attentat contre Hitler lors de l’Opération Walkyrie.

© Glénat 2026.
Le récit navigue entre fresque historique et thriller d’espionnage. Il suit un officier SS chargé de surveiller et infiltrer les réseaux catholiques, alors que le régime nazi cherche des coupables après l’échec du complot contre Hitler. Loin d’être un récit manichéen, il explore ainsi les compromissions diplomatiques du Vatican, les actes de résistance isolés et les ambiguïtés morales permanentes.
Outre le sujet traité, ce qui surprend aussi, c’est de suivre les enjeux moraux d’un personnage nazi, officier SS de la Gestapo , Karl Neuhaus.
Jean-Christophe Brisard, fidèle à son goût pour l’Histoire (déjà présent dans son triptyque aux éditions Glénat, Hitler est mort !), construit une tension basée autant sur des faits réels que sur leurs interprétations. Avec ce tome 1, le scénariste pose les pièces du puzzle et met en place une narration progressive, où les enjeux se mettent en place lentement : réseaux d’influence, espionnage, rivalités internes.
Le trait de Michael Malatini se veut réaliste, et très évocateur, avec des couleurs qui participent fortement à l’ambiance : des tons sombres, des lumières étouffées, et une atmosphère lourde et anxiogène.
Une BD avec un sujet historique original et des personnages réels particulièrement controversés. Les auteurs maitrisent l’ambiance et n’installent pas les lecteurs dans un manichéisme facile.
Après cette entrée en matière sérieuse et prometteuse, qui séduira surtout les lecteurs amateurs de BD historiques exigeantes et de récits politiques, on attend le second tome prévue dans l’année 2026.
Ann Bonny, la louve des Caraïbes – Tome 2 – note : 7,5/10
Avec ce second tome de Ann Bonny – La Louve des Caraïbes chez Glénat, Franck Bonnet clôt son diptyque qui trace le portrait d’une figure historique de la piraterie, et au travers elle, la réalité de leur vie.
Ce tome 2 reprend après la fuite de Nassau et plonge immédiatement dans une cavale sans issue. Ann Bonny et John Rackham enchaînent les prises, mais l’étau se resserre : chasse aux pirates, prime sur sa tête, pression constante du gouverneur Woodes Rogers. Puis l’arrivée de Mary Read change complètement la dynamique. La relation entre les deux femmes — ambiguë, passionnelle et transgressive — devient le véritable centre du récit.

© Glénat 2026.
Franck Bonnet s’éloigne alors du simple récit historique, avec une remise en question des codes virils de la piraterie, et installe un triangle amoureux instable avec Rackham et une tension entre désir, pouvoir et survie. L’aspect romanesque prend alors le pas sur l’aspect historique.
Visuellement, Franck Bonnet confirme son savoir-faire : précision des navires, crédibilité des scènes maritimes, lisibilité des affrontements. On sent la maîtrise technique, notamment dans la représentation de l’architecture navale (sa spécialité).
Avec ce tome 2, Franck Bonnet donne un final solide, savant mélange de vérité historique et de romanesque.

Les couvertures des 2 albums - © Glénat 2026.