Les singes et Volodymyr Zelensky

/ Critique - écrit par Cirriana, le 09/12/2025

Les singes chez Dupuis, collection Les ondes Marcinelles

Les Singes est une bande dessinée qui sort du lot d’abord par son atmosphère : sombre, tendue, presque suffocante. Dès les premières pages, le lecteur comprend qu’il ne s’agit pas d’un récit animalier. Les singes, ici, sont le miroir déformé de nos propres comportements : l’ambition, la peur, la domination, la loyauté, l’instinct de survie… rien n’est épargné dans cette sorte de parabole sociale au parfum de thriller.


© Dupuis 2025.

 

Graphiquement, l’album est atypique. Le trait est brut et sert parfaitement un récit où les émotions sont à fleur de peau. Les choix de couleurs, souvent contrastées en noir et rouge, soulignent la tension permanente et l’ambiguïté morale des personnages. 

Narrativement, l’œuvre avance avec une précision chirurgicale. Les auteurs prennent le temps d’installer une famille  crédible, avec ses règles, ses alliances et ses luttes internes. L’intrigue, sans jamais tomber dans le sensationnalisme, maintient un rythme tendu grâce à des non-dits, des jeux de pouvoir et une montée progressive de la menace. L’album se lit autant comme un conte cruel que comme une réflexion sociale.

Bref, Les Singes est une BD dérangeante par moment. Une lecture pour ceux qui apprécient les récits psychologiques, les ambiances tendues et les histoires qui laissent un goût amer dans la bouche au mot « fin ».

Volodymyr Zelensky

Quand une personnalité fait autant parler d’elle que Volodymyr Zelensky, il n’est pas étonnant qu’elle finisse par devenir le sujet d’une bande dessinée. Dans cette œuvre au style dynamique et accessible, on suit le parcours improbable d’un homme passé de la scène comique à la scène politique, puis propulsé au rang de symbole mondial.

La BD retrace les grandes étapes de sa vie comme si elles faisaient partie d’un récit d’aventure moderne : un jeune acteur qui enchaîne les sketchs, triomphe dans une série où il joue… un président, puis se retrouve à vraiment diriger son pays. Le ton est punchy, rythmé, parfois même drôle, malgré la gravité des événements évoqués.

C’est ce contraste qui rend l’histoire captivante : un héros malgré lui, confronté à des choix impossibles et à un contexte géopolitique explosif.

Le dessin joue beaucoup sur l’énergie : traits nets, couleurs vives, cadrages façon reportage. On sent que les auteurs veulent accrocher un public jeune, habitué aux formats rapides et aux images percutantes. Loin de faire un portrait figé, ils montrent Zelensky dans l’action, dans le doute, dans la communication, bref : dans la vraie vie.

Une BD pour comprendre l’époque, au-delà de Zelensky, c’est aussi une BD qui aide à comprendre les grands enjeux actuels. Le conflit en Ukraine est traité de manière claire, accessible, sans tomber dans le cours magistral même si parfois on perd un peu le sens du fil.

Bref pour les lecteurs qui veulent un récit moderne, vivant et facile à lire, aux curieux qui cherchent un point d’entrée visuel sur un sujet complexe et plus généralement à tous ceux qui aiment que la petite histoire dépasse la grande Histoire.