Dupuis : Largo Winch T25, L'escadron bleu 1945, Havana split T2

/ Critique - écrit par plienard, le 22/02/2026

Largo Winch – Tome 25 : Si les dieux t’abandonnent … – note : 8/10

Un nouveau tome de Largo Winch fait toujours partie des événements de l'année en BD. Ce 25ième tome, paru en novembre 2025, n’a pas échappé à la règle avec un nouveau scénariste. Après Jean Van Hamme, le scénariste initial des 20 premiers albums et Eric Giacometti, celui des 4 suivants, Jérémie Guez prend la suite. Romancier et directeur d’écriture de la série Canal B.R.I., il emmène Largo sur des territoires qu’il n’a pas encore parcourus. Et oui, le milliardaire en jeans a encore des endroits à découvrir : direction le Nigéria et l’Inde, dans des villes qui font côtoyer futur et passé.


© Dupuis 2025.

 

Le boy-scout milliardaire est en pleine crise existentielle et en pleine réflexion introspective. Réfugié sur son île privée de Sarjevane dans l’Adriatique, il s’interroge sur lui-même, ses actions et ses conséquences. Mais un homme comme Largo Winch ne peut pas rester longtemps dans l’introspection. Et s’il ne réclame pas l’action elle vient à lui par l’intermédiaire d’une jeune adolescente dont le père vient d’être assassiné sous les yeux de Largo. Le bon samaritain ne peut laisser en l’état et se sent responsable d’elle.

Une première partie d’une aventure qui emmène largo dans de nouveaux espaces et dans un complot dont on a encore du mal à en cerner les contours. Il y est notamment question de drones détournés de leurs objectifs humanitaires et de milices privées.

 

L’escadron bleu, 1945 – note : 8.5/10

L’Escadron bleu, 1945 est une bande dessinée publiée par les éditions Dupuis dans la collection Aire Libre. Il s’agit d’un one-shot scénarisé par Virginie Ollagnier et illustré par Yan Le Pon. Parue en janvier 2026, l’œuvre s’inscrit dans le registre du drame historique et du biopic, centrée sur une figure réelle : Madeleine Pauliac, médecin et résistante française.


© Dupuis 2026.

 

 

L’album raconte la réelle histoire de Madeleine Pauliac, médecin pédiatre engagée dans la Résistance durant la Seconde Guerre mondiale. Après avoir participé à la libération de Paris, elle est envoyée en avril 1945 en Pologne et en URSS par le général de Gaulle. Sa mission est d’organiser le rapatriement sanitaire des Français libérés par l’Armée rouge, et de retrouver ceux encore retenus prisonniers par les autorités soviétiques. Elle sera rejointe et accompagnée d’un groupe d’infirmières‑ambulancières, formant ce que l’on appelle l’« escadron bleu ».

La collection Aire Libre connue pour ses récits adultes, sensibles et ancrés dans le réel accueille naturellement cet album documenté, fidèle aux faits historiques, avec une approche humaine, centrée sur le courage, la détermination et les dilemmes moraux de Pauliac. Le dessin détaillé et expressif de Yan Le Pon nous plonge en immersion dans l’épopée de ces jeunes femmes.

L’Escadron bleu, 1945 est une BD historique forte, centrée sur une héroïne méconnue mais essentielle de l’après-guerre. Elle mêle rigueur documentaire, émotion et tension dramatique, tout en éclairant une mission humanitaire complexe dans une Europe dévastée. Un album à ranger à côté de la série consacrée à une autre résistante et dans la même colelction Aire Libre : Madeleine, résistante.

 

Havana split – Tome 2 : Tropicana – note : 7.5/10

Havana split est une BD du scénariste Brrémaud et de la dessinatrice Vic Macioci qui nous emmènent dans le contexte historique du Cuba de 1958 où s’affrontent mafia, CIA, et où les tensions politiques laissent planer un avenir incertain.


© Dupuis 2026.

 

Lily, avec l’aide de John et de José, ont enlevé Concepcion, la pépée d’un mafieux local, pour faire libérer son père retenu prisonnier par un gang rival. Mais loin de résoudre son problème cela déclenche une vague de réactions inattendues qui vont se percuter : la CIA à la recherche de son ancien agent, John ; la mafia qui veut récupérer Concepcion par tous les moyens ; le déclenchement d’une nouvelle guerre des gangs ;

Une BD qui parvient à mettre en place une ambiance tendue qui pourrait facilement plonger dans une violence dérangeante (notamment avec son personnage d’El Torturador) mais que Vic Macioci parvient à adoucir par un dessin caricatural, des couleurs chaudes et douces et un sens de l’humour dans l’exagération des situations et des réactions. 

 


Les couvertures des 3 albums - © Dupuis.