Dupuis : Les Vaillant, père et fils

/ Critique - écrit par plienard, le 16/12/2025

Michel Vaillant - saison 2 – Tome 14 : Remparts – note : 6.5/10

Rien ne va plus dans la maison Vaillante. Françoise annonce des restrictions drastiques avec l’arrêt des compétitions et des investissements de la dernière chance pour sauver l'entreprise. Michel se voit contraint de faire le VRP de luxe et sa seule course permise, celle des Remparts d’Angoulême. Mais on va voler la dernière innovation Vaillante et enlever le coureur.

Est-ce la fin de Vaillante ? on serait tenté de penser que non, tant l’entreprise automobile a survécu à de nombreuses épreuves. Mais cette fois, on s’attaque à son ADN, la course automobile.

Est-ce la fin de Michel Vaillant ? La série créée par Jean Graton a toujours placé son personnage Michel Vaillant et sa famille dans l’écosystème et l’histoire de la course automobile. Cette saison 2 a quelque peu déplacé le curseur en se focalisant plutôt sur Vaillante et la famille que sur le seul personnage de Michel. Et le voilà privé de compétition. A quoi va-t-il servir ?

Côté dessin, on n’a pas grand-chose à reprocher aux décors. Les vues d’Angoulême sont parfaitement identifiables pour ceux qui connaissent la ville. Côté personnage, on sera moins clément. N’est pas Jean Graton qui veut, c’est sûr. Mais Michel et Steve ont clairement pris cher, au point qu’on a du mal à les reconnaitre à de nombreuses reprises. A moins que ce ne soit à cause du manque de compétition ?

Il n’en reste pas moins qu’on vibre pour ce nouvel épisode pour la survie de Vaillante et qu’on a hâte de savoir si elle va être sauvée.

 

Henri Vaillant – note : 8/10

Dans la famille Vaillant, je voudrais … le père ! Henri Vaillant, le créateur de la marque Vaillante et surtout père de Michel, a maintenant lui aussi droit à un album qui lui est entièrement consacré. On est loin de la série d’une centaine d’albums dédiée entièrement à son fils, mais ce livre est signé par des habitués de l'univers de Jean Graton avec Marc Bourgne, le dessinateur de la nouvelle saisons Michel Vaillant, et dessiné par Claudio Stassi. Ce dernier est aussi aux dessins de la reprise de Julie Wood.


© Dupuis 2025 - © Graton 2025.

 

On reste donc entre spécialistes et on peut s’attendre à un album cohérent et peut-être stéréotypé. Mais nos doutes s’évaporent rapidement.

Avec ses pages en noir et blanc, on s’éloigne d’emblée des albums de Jean Graton qui ont une vraie unité de ce point de vue. De même, graphiquement, on n’est pas dans un copier-coller du « style Graton », il y a une réelle identité de Claudio Stassi bien que peu à peu, au fil du temps de la vie exposée d’Henri Vaillant, un regard, une attitude et surtout un caractère nous rappelle qu’on l’a bien déjà vu dans les albums de la série Michel Vaillant. Le génie de cet album est de nous dévoiler aussi une vie en se raccordant à ces fameux albums.

Henri Vaillant quitte sa Bretagne natale à 16 ans pour se rendre en Alsace et trouver du travail dans la filière qui le fait rêver : l’automobile. Il parvient à convaincre Ettore Bugatti de l’embaucher. Rapidement, il fait ses preuves, intègre le bureau d’étude, va participer à la création de nouveaux modèles, faire de la compétition, et rencontrer la femme de sa vie.

Une vie totalement dédiée à l’automobile nous est racontée. C’est totalement prenant tant le personnage est entier, intègre et un véritable passionné. On y croit totalement.

 

Michel Vaillant, histoires courtes – Tome 4 : Michel avant Vaillant (1954 - 1964) – note : 7/10

Michel Vaillant est né en 1959, mais son papa, Jean Graton a dessiné avant pour ses deux passions : la course automobile et la BD.

Dans ce spin-off consacré aux histoires courtes de l’univers de Michel Vaillant, on va découvrir une compilation de récits qui ont cette particularité d’être dessinés sans Michel Vaillant. Édités pour certains avant la création du plus célèbre des pilotes automobiles de la BD, ces 13 histoires complètes racontent des anecdotes du sport automobile mais aussi des moments de vie de célèbres coureurs automobiles comme Fangio, Ascuri, Nuvolari ou de constructeurs comme Bugatti. Et si au détour d’une case vous croyez reconnaître Michel Vaillant cela ne pourra pas être étonnant.

L’album propose de retrouver ces histoires parues entre 1954 et 1964, dans « leur jus », tirées directement du Journal de Tintin, en fac-similé.

 


Les couvertures des 3 albums - © Dupuis 2025 - © Graton 2025.