Dupuis : G.I. gay, Game over T23, Lady S T18
Bande Dessinée / Critique - écrit par plienard, le 14/10/2024Tags : dessinee chef glenat news roi recherche lombard
G.I. gay - note : 8.5/10
Le co-auteur de La Bombe, Alcante, raconte une histoire d'amour qui pourrait être belle si elle n'était tragique. Dans le cadre historique de la seconde guerre mondiale, au travers du personnage d'Alan Cole, il revient sur le traitement des homosexuels dans l'Amérique des années 40, et plus précisément au sein de l'armée dont ils sont complètement bannis.

© Dupuis 2024.
Alan Cole est un jeune psychiatre qui doit bientôt se marier. Suite à l'attaque de Pearl Harbor, l'Amérique entre en guerre contre le Japon. Face à l'insistance de son futur beau-père, Alan s'engage et rejoint les services de recrutement où il est censé évaluer les recrues et identifier les hommes qui présentent des déviances disqualifiantes: délinquants, mythomanes, alcooliques, … et homosexuels. Si Alan n'est pas fondamentalement en accord avec ces principes, il les mets en œuvre jusqu'à ce qu'il tombe amoureux … d'un soldat.
Une histoire forte, qui parvient à exprimer toutes les difficultés que les personnages ont à être ce qu'ils sont et à paraitre ce qu'ils ne sont pas. Une histoire parfaitement maitrisée, tout en subtilité avec un Bernard Munoz - le dessinateur - qui nous gratifie d'un dessin qui allie réalisme et artistique. Il parvient ainsi à exprimer les sentiments des personnages de manière claire et subtile.
Un Brokeback mountain chez les G.I., certainement, mais surtout une belle histoire d'amour qui appelle à la tolérance.
Game over - Tome 23 : Rest in pieces - note : 8/10

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C'est un 23ème tome de Game Over, spin-off de Kid Paddle, autre série de Midam. Accompagné de Adam et Benz, le trio d'auteurs transpercent, écrasent, brulent, ventilent, découpent au laser, tranchent, tronçonnent leur deux personnages, le petit barbare et la princesse à sauver. Mais, la maladresse de ces deux-là et les Blorks mènent sans cesse à la même conclusion : la partie est perdue.
La série ne perd pas une ride et reste au niveau depuis des dizaines d'années (le premier tome date de 2004). Et c'est bien le paradoxe : Earned !
Lady S - Tome 18 : Au nom, du père, du fils et du Samarium - note : 7.5/10
C'est avec un titre énigmatique que s'ouvre ce 18ème tome de Lady S et qui met fin au récit entamé au tome précédent.
Lady S est chargée de livrer une cargaison de médicaments dans la région du Mawali. Mais la région est contrôlée par le terroriste Abdul Al-Rakim, qui n'est autre qu'un ancien compagnon de Shania qu'elle a connu sous le nom de Simon. Mais l'homme s'est totalement radicalisé et il n'est pas prêt à écouter les propositions de négociations dont Shania est la porte-parole, le sous-sol de la région contenant une terre rare très convoitée.

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Philippe Aymond, le dessinateur historique de la série, et Laurent-Frédéric Bollée (scénariste depuis le tome précédent), mène la vie dure à leur héroïne. Et à travers ses mésaventures, ils tracent les contours réalistes de la realpolitik et le cynisme des dirigeants du monde. Le dirigeant sacrifiant son fils en est sans doute la partie la plus marquante.

Les couvertures des 3 albums - © Dupuis 2024.