Dupuis : Frankenwood, Dortmunder

/ Critique - écrit par plienard, le 04/05/2026

Frankenwood – note : 6/10

Avec Frankenwood aux éditions Dupuis, Darko Macan et Igor Kordey livrent un one-shot qui ressemble à un rêve étrange — ou plutôt à un cauchemar hollywoodien maquillé en polar. Une BD qui intrigue immédiatement par son concept, un mélange de polar noir, de fantastique et de satire hollywoodienne.


© Dupuis 2026.

 

Un détective privé sosie de Humphrey Bogart est engagé par une fausse Marilyn Monroe pour enquêter sur la mort de George Reeves. Très vite, l’enquête mène à un lieu mystérieux — “The Castle” — capable de ramener à la vie des stars disparues pour les exploiter à nouveau.

On est dans une logique presque “frankensteinienne” (le titre n’est évidemment pas innocent) qui recrée artificiellement des figures mortes pour prolonger leur rentabilité.

L’un des plaisirs évidents de la BD, c’est la multiplication des figures mythiques du cinéma comme Clark Gable, Alfred Hitchcock, Laurel and Hardy. Il y a un vrai jeu de références, parfois ludique, parfois grinçant.

Le problème, c’est que cette richesse d’idées ne se traduit pas toujours en récit efficace.

L’intrigue avance de manière assez chaotique avec une accumulation de scènes, des transitions parfois abruptes et une logique floue. On sent que l’histoire sert surtout de prétexte à explorer cet univers étrange.

Igor Kordey livre un album aux ambiances sombres, presque poisseuses, des cadrages efficaces et des visages reconnaissables… la plupart du temps.

Un one-shot audacieux et caustique, porté par un concept original.

 

Dortmunder – tome 1 : Bank shot – note : 8/10

Avec Dortmunder – Tome 1 : Bank Shot publié chez Dupuis, l’éditeur poursuit son exploration du polar américain en BD après Parker, avec un ton radicalement différent.

Adapté du roman de Donald Westlake, le récit repose sur une idée délicieusement improbable : voler une banque … installée dans un mobile home.


© Dupuis 2026.

 

John Dortmunder, cerveau du groupe, élabore un plan simple sur le papier — détourner le véhicule et disparaître avec l’argent. Mais comme toujours avec lui, rien ne se passe comme prévu.

Un casse absurde qui sert de moteur narratif et un anti-héros à contre-courant du polar classique. Tous les ingrédients sont présents pour en faire un album singulier.

Contrairement à Parker (autre personnage de Westlake), Dortmunder n’est ni efficace ni charismatique. Malchanceux chronique, fataliste, ces plans dérapent systématiquement, ce qui en fait un personnage presque burlesque, coincé dans un récit de braquage. Cette approche où les casses finissent souvent en demi-réussites, voire en fiascos complet, reste fidèle à l’œuvre originale et donne sa vraie tonalité à l’album.

Graphiquement, Jesús Alonso Iglesias propose un style très cohérent avec l’époque traitée des années 70, un dessin rétro avec des couleurs pop et des personnages expressifs. Un ensemble qui fonctionne bien.

Un polar décalé, fidèle et agréable qui sera une bonne lecture, en premier lieu pour les amateurs de Westlake.

 


Les couvertures des 2 albums - © Dupuis 2026.