Drakoo : L'académie Clair-Obscur T1, Don Juan des Flots T2, Gueule de cuir T3

/ Critique - écrit par plienard, le 20/02/2026

Et 1, et 2 et 3 albums Drakoo !

L’académie Clair-Obscur – Tome 1 : Un élève encombrant – note : 7/10

L’académie Clair-Obscur est la nouvelle série d’Olivier Gay, et de Grelin (dessins) aux éditions Drakoo. Le premier tome, à destination d’un public plutôt ados, est paru en janvier 2026.

L’histoire se déroule dans une prestigieuse école de magie qui n’admet traditionnellement que les enfants de la noblesse. Quand Daimon, un jeune paysan doté d’un pouvoir exceptionnel, est admis malgré lui, il doit affronter les préjugés, apprendre à maîtriser sa force et trouver sa place au milieu d’étudiants plus favorisés et arrogants.


© Drakoo 2026.

 

Un premier tome qui fonctionne avec un héros attachant et atypique. Daimon n’a rien d’un élève modèle ni d’un « héros né ». Son origine modeste, sa maladresse et sa naïveté le rendent humain et drôle, loin des archétypes de prodiges arrogants. Cela crée un contraste intéressant avec les autres élèves de l’académie issus d’un milieu très élitiste.

L’univers fantasy riche et dynamique mêle classiquement magie, intrigues, rivalités sociales et combats, le tout avec un sens de la narration qui permet de poser des enjeux clairs sans étouffer le lecteur par des détails lourds. Les complots et les interactions entre élèves promettent une intrigue qui va au-delà d’une simple histoire scolaire.


© Drakoo 2026.

 

Le ton alterne entre moments d’humour et scènes d’action, ce qui rend la lecture fluide et agréable. Les interactions entre personnages, par exemple la rivalité ou les quiproquos, apportent légèreté et rythme à l’ensemble.

Le style de Grelin vif et expressif, aux influences manga marquées, donne du dynamisme aux scènes d'oppositions et aux émotions des personnages. L’approche visuelle, bien que parfois épurée en décors, focalise l’attention sur l’action et les visages, ce qui convient bien à ce type de récit.

L’album met en place un outsider puissant dans un contexte élitiste et hostile ce qui n’est pas nouveau dans le genre fantasy/school-life. Quelques situations ou ressorts dramatiques peuvent sembler un peu prévisibles, notamment pour les lecteurs familiers du shōnen ou des récits de magie scolaire.

Ce premier volume pose surtout les bases d’un univers encore en construction : personnages, contexte social et premières tensions. On pourrait regretter qu’il ne se passe pas plus d’événements majeurs ou de révélations profondes dès le premier tome. Cela dit, cette mise en place est généralement nécessaire pour une série.

L’Académie Clair-Obscur est un premier tome convaincant : il introduit un protagoniste atypique, un univers magique séduisant et une galerie de personnages prometteurs. L’équilibre entre humour, action et thèmes plus profonds (inégalités sociales, identité, dépassement de soi) en fait une lecture plaisante et fédératrice, notamment pour les amateurs de fantasy jeunesse et d’histoires de formation.

En somme, c’est une BD divertissante qui donne envie de découvrir la suite des aventures de Daimon et le développement de l’univers de l’Académie. 

 

Don Juan des Flots – Acte II : Petites tragédies – note : 7/10


© Drakoo 2026.

 

Isabelle Bauthian (scénario) et Rebeca Morse (dessins) sont les autrices de Don Juan des Flots, triptyque annoncé, dont le tome 2 vient de paraitre le 07 janvier 2026. Mélangeant magie et ambiance baroque, on est évidemment dans de la Fantasy, genre maîtrisé des éditions Drakoo.

Don Juan profite de sa nouvelle renommée pour assouvir toutes ses envies. Séducteur dans l’âme, il partage son secret avec Dona Elvira sur la disparition du Comendator. Mais combien de temps parviendront-ils encore à le garder ? alors qu’une épidémie de malchance semble s’être abattue sur la ville depuis. Un choix va devoir être fait par la population entre ordre et liberté.

Ce tome creuse davantage la réflexion initiée dans le premier volume. Le scénario d’Isabelle Bauthian joue habilement avec les thèmes du pouvoir, de la manipulation et des choix collectifs. On sent que les enjeux ne sont plus seulement personnels : la montée en tension entre les leaders de Flot questionne la notion même de justice et de liberté.

Un récit dont les qualités s’expriment au travers d’une progression narrative fluide et des thèmes politiques et sociaux sous-jacents. Ainsi, l’intrigue révèle des motivations complexes chez les protagonistes et expose les tensions entre la liberté individuelle et la nécessité d’ordre apportant une couche de profondeur inhabituelle pour ce type de BD d’aventure.

La dessinatrice Rebecca Morse poursuit un travail visuel qui accompagne bien la narration par un trait soigné et lisible qui sert autant les scènes d’action que les moments plus tranquilles. Elle offre une esthétique proche d’une fantasy classique teintée de capes et d’épées, mais rehaussée de touches plus originales dans les décors et les costumes.

Le découpage, classique, s’avère suffisamment efficace pour soutenir le rythme du récit sans perdre le lecteur dans des transitions trop abruptes.

Ce tome donne à la série une plus grande profondeur émotionnelle avec les relations entre Don Juan, Dona Laura et Dona Elvira qui ne sont plus seulement sur le plan de la séduction ou l’action. L’introduction d’une mystérieuse “malchance” (surnommée l’Infortune dans l’album) rajoute un pan dramatique.

Le Tome 2 de Don Juan des Flots est une suite solide, plus mûre et plus complexe que son prédécesseur. Il confirme l’ambition des auteurs de dépasser une simple aventure de cape et d’épée pour explorer des thèmes plus vastes (liberté, pouvoir, vérité), le tout servi par un dessin agréable et une mise en scène maîtrisée.

 

Gueule de cuir – Tome 3 : Le roi des tombes – note : 6.5/10


© Drakoo 2026.

 

Le troisième et dernier tome de Gueule de cuir, aux éditions Drakoo, apporte un final dramatique dans son déroulement pour une conclusion plutôt décevante. Une série mélangeant contexte historique et super-héros made in France.

Une brume rouge fait son apparition désormais chaque nuit dans les quartiers les plus pauvres de Paris. Si elle semble inoffensive, elle instille le doute et la peur dans les esprits de la population de la capitale. Il semble évident que le roi des tombes en soit à l’origine. Mais quelles sont ses intentions ? L’épéiste est chargé par le cardinal Richelieu de trouver quel est l’objectif du roi des tombes et de l’empêcher d’arriver à ses fins.

Un album qui met en scène l’univers du Zodiaque dans le contexte historique de la France du XVIIème siècle. C’est plutôt original dans son approche avec un côté comics made in franco-belge.

Les dessins de Stéphane Créty expriment à merveille l’ambiance historique avec un côté cinématographique.

Les couleurs de Jérôme Maffre finissent de poser cette ambiance de fin du monde avec des noirs profonds et très présents.

Si l’introspection des personnages et la critique sociale sous-jacente sont bien développées et intéresseront les lecteurs friands de ce genre de thème, on est moins enthousiaste sur la conclusion qui peine à définir les réels objectifs du roi des tombes.

Un album conclusif qui apporte les réponses attendues sur certains points mais dont l’affrontement final tourne court pour un denouement qui laisse sur notre faim !