Le village et The Big Burn
Bande Dessinée / Critique - écrit par Cirriana, le 11/12/2025
Le village
Le Village de Franck Thilliez est une BD qui frappe fort, dès les premières pages. On y retrouve la patte de l’auteur, mondialement reconnu pour ses thrillers redoutablement efficaces : tension sourde, violence maîtrisée, ambiance sombre... bref on est bien...

© Delcourt 2025.
L’univers est parfaitement campé : un huis clos à ciel ouvert, où chaque personnage semble cacher une menace. Les images sont puissantes, parfois franchement sanguinolentes. Elles servent pleinement la montée progressive de l’horreur et de l’inquiétude.
Visuellement, c’est sale, c'est sombre, les planches sont à la hauteur. Entre réalisme cru et atmosphère oppressante, on sent la maîtrise du récit et de la mise en scène, on espère juste ne pas aller précisement où l'auteur veut nous emmener et il nous y emmènent jusqu’au bout sans un moment de relâchement.
Attention toutefois : ce n’est clairement pas une BD pour un public trop jeune. La violence graphique et la noirceur de l’histoire en font une œuvre destinée à un lectorat averti, amateur de sensations fortes et d’univers sombres.
Bref, une excellente lecture pour qui aime le thriller intense.
The Big Burn
The Big Burn fait partie de ces BD qui prennent des risques : un mélange de polar, de fantastique et de drame qui réussit à créer une identité et ça marche ! On y suit Owen et Carlie, un duo de braqueurs inséparables, aussi complices dans l’amour que dans le crime. Leur dernier casse tourne pourtant au désastre, et c’est là qu’un invité inattendu s’invite dans leur destin : le diable en personne.

© Delcourt 2025.
Et l’enfer ? Ici, on oublie les clichés flammes et fourches : il se présente comme un gigantesque casino conçu pour nourrir de faux espoirs avant de les briser. Un lieu brillant en surface, mais profondément cruel. C’est dans ce décor que les deux anciens amants décident de monter le coup le plus audacieux de leur vie : infiltrer le royaume pour récupérer ce qu’on leur a volé ...
L’album surprend par son rythme nerveux : passages d’action, tensions psychologiques, instants de désolation, tout s’enchaîne sans que l’on décroche. L’idée de mêler braquage et mythologie infernale fonctionne étonnamment bien, et l’univers du casino des damnés apporte une ambiance unique, à la fois élégante et malsaine.
En bref, un mélange qui fonctionne, surtout si l’on aime les histoires où se mêlent crime, fantastique et quête existentielle.

Les couvertures des 2 albums - © Delcourt 2025.