Delcourt - Criminal, Edenwood, Gone, Rocketeer et Duck & Cover

/ Critique - écrit par Canette Ultra, le 22/01/2026

Des héros de tous les horizons, de toutes les dimensions !

Criminal - les Acharnés - 8/10

Commençons par du classique, de la valeur sûre avec un album signé Brubaker et Phillips ! Nous sommes en plus dans l'univers de Criminal donc autant dire que nous sommes en terrain archi-connu. Est-ce que nous serons pour autant transporter ? Existe-t-il des zones à explorer ?
© Delcourt 2025.

 

Direction Hollywood pour débuter ce one shot avec Jacob le fameux auteur de BD qui va découvrir les joies d'Hollywood et les pièges en tout genre. Une bonne intro avant de retrouver une Angie jeune qui va devoir vivre hors du bar l'Undertow ! Et comme tout bon thriller, nos héros vont se croiser, se retrouver mêler à différentes histoires où Tracy Lawless viendra apporter subtilement le liant. On a donc deux histoires entremêlées qui vont toutes les deux titiller notre curiosité. Une fois de plus, Brubaker parvient à montrer sa maîtrise de l'intrigue, des personnages et à conserver la cohérence de tout l'univers Criminal.

Côté dessins, c'est du Phillips family (Sean aux dessins, Jacob aux couleurs) et donc, une symbiose toujours aussi bonne avec Brubaker. En résumé, c'est une valeur sûre pour tous les fans de polar et les fans de Criminal.

 

Edenwood - Tome 1 - 7/10

On change d'ambiance avec Edenwood, un comics écrit et illustré par Tony Daniel dont on a pu admirer les planches dans Nocterra. On reste dans de la SF, de l'univers torturé mais bien loin du Kansas !
© Delcourt 2025.

 

Ou plutôt du Wisconsin et ce n'est pas le héros, Rion Astor, qui va me contredire. En voulant retrouver sa petite amie, notre ado se retrouve dans une autre dimension en pleine guerre entre sorciers et démons. Comment notre jeune homme va survivre ? Cela va nous être narrer au travers de ce tome et nous découvrons notamment tout ça avec Bastille, le charismatique mentor de notre héros.

Mine de rien, c'est sympa, plein de rebondissements mais il faudra s'accrocher un peu car ça part dans plein de direction avec flashback, embroglio magique et temporel et tout le toutim. On a beaucoup de choses à digérer pour un premier tome mais on voit un univers intéressant dans le fond.

Visuellement, c'est maîtrisé, plein de vie et on ne peut pas nier le côté classe des personnages. Cela nous permet d'être embarquer dans Edenwood et de s'accrocher malgré le côté parfois confus de l'histoire qui veut nous dire trop de choses. Edenwood demeure tout de même intéressant et on ne peut pas dire que l'on s'ennuie !

 

Gone - 7.5/10

Direction l'espace maintenant avec Gone, un one shot signé Jock (vu sur Batman, Losers, Snow Angels) où il va nous montrer que l'avenir n'est pas toujours rose en particulier quand on vit sur lointaine, poussiéreuse et que la récup' ou la débrouille sont votre quotidien.
© Delcourt 2025.

 

C'est le quotidien d'Aby, une ado de 13 ans qui veut être partout sauf sur sa planète ! Elle rêve donc de l'espace et c'est là où elle va se retrouver. Son quotidien va être transformé mais cela ne veut pas dire que cela sera mieux pour autant ! Guerre, survie, événements cosmiques et autres attendent la jeune fille.

Un programme qui va nous prendre à contrepied régulièrement et brouiller ce que l'on prend pour acquis pour notre plus grand plaisir. C'est donc un album plein de surprise et on regrette même que cela se termine si vite. Surtout que la fin m'a un peu laissé sur ma faim et semble arriver trop vite.

Côté dessins, on a de très jolis plans mais entre ces moments de grâce, on a des pages inégales même s'il faut reconnaître le côté intriguant et sombre de l'album. Gone est donc un album qui satisfera les amateurs de SF et de rebondissements.

 

 

Duck & Cover - 6.5/10

On retrouve maintenant Scott Snyder (Clear, La Nuit de la Goule) et son comparse d'American Vampire, Rafael Albuquerque pour un comics post apocalyptique qui sent bon les années 50 !

Le titre vient des fameuses campagnes qui inondent l'Amérique sur la menace nucléaire. En cas d'attaque, les élèves doivent donc se baisser et se protéger sous leur bureau. Alors, ça a l'air un peu con comme ça mais quand une bande d'élève qui se retrouvent en heure de colle pour s'être tous chamaillés voient une attaque, ils appliquent la consigne (globalement). Ils pensent alors que la guerre froide a commencé mais ils vont vite se retrouver en pleine Guerre des Mondes façon H.G.Wells. Mine de rien, on a beau connaître la musique, voir les personnages caricaturaux ou autre, le côté série B de l'ensemble a un certain charme.
© Delcourt 2025.

 

Idem pour les visuels qui sont sympathiques, ils ont ce côté film de drive in et on a presque ce petit goût de pop-corn dans la bouche mais il faut reconnaître que l'on pourrait avoir plus de détails ici ou là.

Mais dans l'ensemble, j'ai apprécié ce comics qui, malgré des faiblesses ici et là, nous donne envie d'aller connaître la fin.

 

Rocketeer - Nouvelles aventures - 6/10

Busiek, Cassaday, Kaluta, Cooke, Timm ou encore Gibbons sont présents pour cet album hommage au héros de Dave Stevens ! Bref, du beau monde pour un héros toujours aussi galant !
© Delcourt 2025.

 

Et oui, on reconnaît tout le charme de notre héros mais dans cet album, les femmes et en particulier la petite amie de Rocketeer ne sera pas là pour jouer les demoiselles en détresse. Elle aura voix au chapitre et cela donnera un charme sucré salé à l'ensemble. Après, toutes les histoires ne se valent pas et d'un côté, on lit, on sourit et on oublie presque aussitôt le gros de l'intrigue. On est sur du comics de gare que l'on lit pour s'occuper entre deux stations. J'ai d'ailleurs lu certaines histoires ainsi et cela fait son office.

Visuellement, on a globalement, un travail respectueux de l'univers de Rocketeer, on reconnaît la patte de chaque artiste mais je n'ai pas été plus transporté que cela. Le manque parfois de détail, le côté trop appuyé de l'hommage par moment, un je ne sais quoi qui fait que l'on reconnaît Rocketeer, que l'on est content de le voir sous différents crayons mais qu'en même temps, ce n'est pas non plus une claque visuel.

Un album intéressant pour le melting pot d'artiste et pour les fans de Rocketeer !