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6/10Ana Lucia

/ Critique - écrit par Maixent, le 10/07/2022
Notre verdict : 6/10 - Sexe et pampa (Ecrivez votre critique)

Tags : lucia ana dominguez saison lost beach disparus

Vie à la campagne et petits secrets

On avait découvert Nill avec Parallèles. Un album avec beaucoup de faiblesses même si déjà se dessinait un certain style. Avec Ana Lucia, l’auteur réitère l’expérience conservant sa passion pour les grands aplats de couleurs que peut offrir la palette graphique et les dialogues « subtils » et « délicats » mais en présentant ce coup-ci une héroïne plus fouillée et donc une histoire que l’on peut suivre avec plus d’intérêt.


Voyeurisme

 

Incarnation du cliché de la fille de ferme version brésilienne gentille et un peu naïve, Ana Lucia n’est pourtant pas aussi pure que l’on pourrait le croire au premier abord. Avec son corps à peine nubile, son ventre rond, ses petites couettes brunes et ses seins rebondis, il s’avère qu’elle n’est pas si innocente que cela au fin fond de son village perdu dans la pampa où finalement la sexualité est au cœur des préoccupations de chacun. A commencer par la mère d’Ana Lucia qui se fait prendre sauvagement derrière les buissons dès que le père a le dos tourné. Heureusement, la jeune fille veille, et après avoir surpris les deux amants brisants les règles sacrées du mariage, décide dans un acte de sainteté et pour sauver sa famille de s’offrir à cet homme brutal et bien membré à condition qu’il laisse sa mère tranquille. Un raisonnement complètement tordu qui n’est évidemment qu’une excuse. On s’apercevra très vite que notre héroïne se tape ou prévoit de se taper la moitié du village, au même titre d’ailleurs que tous les autres habitants qui s’envoient en l’air dès que possible, mais toujours dans une discrétion relative pour préserver les apparences. On a donc un enchaînement de scènes alliant voyeurisme puis passage à l’acte. A titre d’exemple, Ana Lucia sera tellement excitée en découvrant sa tante dans la grange au prise avec deux hommes montés comme des taureaux qu’elle s’empressera d’aller coucher avec son benêt de cousin au milieu des champs.
Une "honnête" proposition

 


Drame au village

 

Malgré que beaucoup de scènes ne soient que des prétextes pour déshabiller la jeune fille, on trouve tout de même un semblant d’histoire et on peut s’accrocher aux personnages. En témoigne le petit ami jaloux et bagarreur qui tuera un homme lors d’une rixe, apportant une touche dramatique et certains rebondissements. Même les scènes de sexe sont plus fouillées, plus longues et parfois ironiques, l’auteur prenant le temps de décortiquer l’action pour un plaisir de lecture plus efficace. Nill fait véritablement d’Ana Lucia une héroïne que l’on a envie de suivre, d’ailleurs une suite est prévue. Reste ce dessin en demi-teinte, parfois trop informatisé, notamment dans les décors et les arrières plan, on pensera à ce champs de tournesol qui fait mal aux yeux. Cela permettant cependant de mieux faire ressortir les corps qui, même s’ils semblent parfois fait de plastique tels des poupées Barbie, réussissent à transmettre une émotion.

Une œuvre en devenir donc avec toujours des faiblesses mais aussi de vraies qualités narratives et un plaisir de lecture certain pour un style qui s’affirme toujours un peu plus.