8/10Zone 10 - A en perdre la tête

/ Critique - écrit par Canette Ultra, le 13/06/2011
Notre verdict : 8/10 - à deux doigts du 10 (Ecrivez votre critique)

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Lorsqu'un tueur décapite à tout va dans New York, il y a de quoi perdre la tête. C'est sûrement ce que c'est dit l'inspecteur Kamen après avoir survécu à l'ouverture de la sienne. Cependant, ce qui ne nous vous tue pas ... Et c'est ainsi que de nouvelles pistes apparaissent à l'inspecteur à fleur de peau. Un polar classique mais solide dont les illustrations en noir en blanc soutiennent avec brio l'intrigue.

La collection Dark Knight chez Delcourt a de quoi titiller la curiosité. En effet, avec son thème polar et son univers sombre tout en noir et blanc, le lecteur a le sentiment d’entrer dans un monde riche en contenu avec une histoire mature et des personnages aussi charismatiques et torturés (au propre comme au figuré). Zone 10 est totalement dans cette mouvance et les hommes aux commandes de cette œuvre ne sont pas des novices en la matière. Aux rayons, Chris Samnee est un habitué de la Marvel, de DC ou encore de Dark Horse ou Vertigo. Son travail sur Capote in Kansas est une œuvre graphique qui montre la capacité du dessinateur à restituer un univers complexe. Au scénario, Christos Gage a notamment travaillé sur The Authority ou encore Wildcats. Cependant, dans l’ouvrage présent, c’est sûrement son travail pour la télévision qui dû lui servir. Gage a notamment travaillé sur des scripts pour Numb3rs ou encore Law and Order. C’est donc le côté graphique de Samnee qui va tenter de fusionner avec le côté polar télévisuel de Gage.


Discussion philosophique de comptoir !
New York est la toile de fond classique mais parfaite pour un tueur en série. Ce dernier surnommé Henri VIII, décapite ses victimes. L’enquête piétine puisque les malheureux ne semblent avoir aucun lien entre eux. D’ailleurs, Adam Kamen, le détective en charge de l’enquête est au fond du gouffre. Entre son enquête et les conséquences de son divorce difficile, cet officier est à fleur de peau. Tout va s’accélérer pour lui après une agression qui va lui ouvrir le crane et les idées sur l’enquête. A partir de ce postulat, l’intrigue ne va pas cesser de nous surprendre en jouant sur le tableau du polar et de la psychologie. Nous serons parfois aux frontières du paranormal sans jamais déraper hors de l’enquête. Chaque élément a son importance et lire cet album est comme regarder un bon polar. Les personnages sont certes parfois exagérés à l’instar d’Adam dans son rôle de policier jusqu’au boutiste pour son enquête mais il demeure attachant. De même, certaines ficelles comme les relations amoureuses du héros seront visibles mais elles camoufleront davantage les indices et les révélations sur la fameuse zone 10.


Petit jogging matinal !
Côté forme, c’est du noir et blanc pur et dur mais plutôt convaincant. Si certaines pages ont un cachet un bon « noir et blanc » des années 70-80, elles n’en demeurent pas moins charmantes. Ainsi, les personnages apparaissent plus complexes et torturés que jamais et le jeu d’ombre laisse toujours un goût d’incertitude dans la bouche du lecteur. Les scènes d’action sont par ailleurs très compréhensibles et les décors n’ont pas été oubliés par l’artiste. New York ne cesse pas de nous apparaître au fil de l’enquête sous ses plus beaux atours ou sous ses facettes les plus sombres. Les corps mutilés achèvent de convaincre les plus réfractaires grâce aux détails dont ils fourmillent.

Cet album demeure certes classique sous de nombreux aspects mais la qualité est au rendez-vous. Il est difficile de lâcher l’ouvrage tant que la fin n’est pas atteinte et tant l’histoire nous emporte de la première à la dernière page.


Oh non ! Un suicide de chaise !

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