6.5/10Yakari - Tome 32 - Les griffes de l'Ours

/ Critique - écrit , le 15/10/2006
Notre verdict : 6.5/10 - Pow-wow attitude (Ecrivez votre critique)

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Derib et Job continuent sereinement leur chemin, sans entraîner leurs fans en dehors des sentiers battus. C'est ce qu'on leur demande au final après tout... Non ?

La griffe de l'Ours est le 32ème album contant les aventures du petit indien capable de parler aux animaux. Yakari a su rapidement s'imposer sur le marché de la bande dessinée. Il fidélise une large public depuis 1973. Que ce soit les enfants d'aujourd'hui, ou ceux d'hier qui ont grandi depuis. Retour en arrière sur un phénomène galopant depuis longtemps au delà du territoire sioux.

pythagore01balpen_250.Claude De Ribeaupierre, dit Derib, possédait déjà une certaine expérience avant de rencontrer sur son chemin professionnel André Jobin. Après s'être amusé un moment avec les petits lutins bleus du studio Peyo, il commence en 1965 à mettre en place des projets plus important (Les belles histoires de l'Oncle Paul et Arnaud de Castellou). Mais les premiers travaux qui permettront d'entrapercevoir son futur succès furent visibles dans deux séries : Attila et Pythagore. Le premier exposait les aventures d'un chien doué de parole. Maurice Rosy était alors au scénario. En 1967, Derib rencontre Job pour animer le magazine : Le crapaud à lunette. C'est à cette occasion qu'ils imaginèrent Pythagore, le hibou mathématicien, fort bavard pour un simple volatile. Tous deux s'ancrèrent dans un registre léger et humoristique qu'ils transposeront en partie dans leur prochaine création.

C'est à la suite de cette expérience que les deux compères lancent l'épopée fort sympathique de Yakari. Fils d'un chef de tribu, le jeune indien débute son enrichissante histoire en rencontrant son bienveillant totem Grand Aigle. Le premier animal avec lequel il discutera, mais c'est son éternel ami Petit Tonnerre qui lui révélera son don unique. Depuis Yakari chevauche à la rencontre de nouveaux animaux, avec lesquels il dénoue des intrigues conflictuelles ou découvre en leur compagnie les secrets de la nature. Un concept qui enthousiasme rapidement le jeune lectorat avec lequel il véhicule certaines valeurs communes. Que ce soit l'amitié, le respect des autres et de son environnement, la sagesse, la fraternité... L'enfant pacifique tire pourtant ses flèches plus loin encore. Il touche et conquiert d'autres pays au point d'être traduit dans vingt langues. En 1983, Le secret de Petit Tonnerre fut récompensé par le festival BD d'Angoulême avec le prix Alfred Enfant. En 2006, un autre album mettant à nouveau les chevaux au devant de la scène, reçoit le prix Jeunesse des 7/8 ans : Yakari et l'Appaloosa. Entre-temps, l'entreprise s'est bien développée au delà du support papier. Une première série animée fut diffusée à la fin des année 80, une nouvelle version a repris aisément le flambeau récemment.

yakari25_250.Que penser maintenant de l'évolution qualitative de la source originelle ? Dans l'ensemble, la légèreté innocente se ressent toujours dans les tomes actuellement sortis. Derib et Job ont en effet conservé les ingrédients clés qui fidélisent un public exigent. Un certain manque de renouvellement est visible par contre dans les sujets traités au point d'aller chercher toujours plus loin les thèmes potentiels. Après avoir décortiqué toute la faune américaine, Job utilise les pouvoirs magiques du lapin Nanabozo pour emmener Yakari et Arc-en-Ciel en Toundra dans L'oiseau des neiges. Il réitère l'expérience en faisant cette fois ci un voyage dans le temps pour remonter au coeur de la préhistoire avec le mystère de la falaise. Entre-temps, il se lance dans le vaste sujet des phénomènes climatiques et autres éléments de la Terre regorgeant de mystères ( La barrière de feu, La fureur du ciel, le réveil du géant ). Les dernières parutions jonglent entre animaux familiers mais pas encore évoqués et légendes indiennes, au détriment d'une intrigue concrète. Chose dont pâtit La griffe de l'Ours.

Yakari souhaite descendre la rivière avec son canoë. Le sage Roc tranquille lui donne alors une peau de bête pour l'utiliser en guise de voile. Avec le chien Oreille tombante, il décide de mettre en pratique son enseignement. Après quelques maladresse, les deux amis réussissent leur traversée. Au fil de leur dérive sur l'eau, ils découvrent un gigantesque rocher étrangement dessiné par les éléments de la nature. Alors qu'ils s'approchent de leur imposante découverte, un ours à lunette en fureur vient perturber leur promenade. Yakari décide de grimper l'immense falaise pour échapper aux griffes du prédateur tandis qu'Oreille Tombante fuit de son côté chercher de l'aide... Le petit indien découvrira ainsi les mystères de cet étrange édifice naturel. Une oeuvre d'art réellement dessinée par la nature dont Job en explique la naissance par le biais de ses personnages. Un procédé qui permet encore une fois à Yakari d'être un acteur véhiculant de manière pédagogique certains éléments historiques ou géographiques. Outre cet aspect permettant à la série de tirer son épingle du jeu, le scénario tend à tourner en rond. La fin trouve un dénouement rapide, en soulignant une fois de plus que l'on résout plus efficacement les conflits en discutant que par la violence. Un pow-wow classique mais efficace pour Yakari (uniquement). Le tout est servi par un dessin fidèle à lui même. Derib et Job continuent sereinement leur chemin, sans entraîner leurs fans en dehors des sentiers battus. C'est ce qu'on leur demande au final après tout... Non ?

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