7.5/10Wolverine - 2008 - Logan

/ Critique - écrit par riffhifi, le 25/04/2009
Notre verdict : 7.5/10 - Jopan (Ecrivez votre critique)

Temps de lecture estimé de l'article : 3 minute(s) - 2 réactions

Un album opportuniste mais réussi, qui revient sur une des périodes japonaises de Logan. Brian K. Vaughan au scénario et Eduardo Risso au dessin.

Une histoire axée sur les origines de Wolverine, titrée Logan et réalisée par deux pointures du comic book, publiée quelques mois avant la sortie du film X-men origins : Wolverine, autant dire que ça sentait le coup commercial. Au scénario, on trouve le Brian K. Vaughan Eisnerisé de Y le dernier homme et de la série Lost ; au visuel, le dessinateur argentin Eduardo Risso lui aussi Eisnerisé pour 100 bullets. Marvel n'ayant pas l'intention de laisser l'usufruit des deux hommes à la collection Vertigo de DC Comics, l'éditeur engage les deux hommes pour pondre une mini-série relatant un épisode de la vie de Logan/Wolverine, destinée à faire la lumière sur ses
agissements durant la seconde guerre mondiale. Sous le titre très vague de Logan se cache donc une histoire localisée de façon assez précise dans le temps et dans l'espace. De retour au Japon pour faire le point sur son passé, Wolverine retrouve un fantôme sous une forme enflammée bien agressive et commence à se crêper le chignon avec. Leur altercation est donc ce qu'on pourrait appeler une crêpe flambée. Flache-baque : en 1945, Logan est prisonnier de guerre et se retrouve enfermé avec un Amerloque sur la défensive. Après avoir assis son caractère de Canadien bien rude, le futur X-man montre la sortie de la geôle à son petit camarade, et se fait la belle avec lui... Mais la suite montrera que les deux hommes n'ont pas toujours la même définition de « se faire la belle ».

Récit plus intimiste qu'héroïque, Logan a le mérite de dévoiler un pan inédit de la vie du héros, tout en cultivant les liens qui ont toujours existé entre le Japon et lui. Propulsé en plein drame historique, il puise en 1945 les ressources de souffrance et de doute qui le tenailleront inconsciemment au cours des décennies suivantes.
Le scénario de Vaughan ne fait pas forcément dans la subtilité, mais laisse à Risso l'opportunité de fignoler quelques jolies scènes en clair-obscur où les tensions laissent clairement présager des horreurs à venir. Un cahier de bonus en fin d'album permet d'apprécier le travail de création des pages, où les choix de réalisation peuvent changer du tout au tout le rythme et l'émotion déployés.

Tout en s'appuyant sur les révélations amassées au fil du temps sur les origines du personnage (à la fois sur son identité et sur ses capacités physiques), Brian K. Vaughan fignole une petite histoire qui tient parfaitement la route en solo, permettant ainsi aux lecteurs de passage (« oh, une bd qui me fera patienter au cinéma dans la file d'attente pour Wolverine ! ») de savourer une lecture de qualité sans avoir le sentiment de rater des éléments. Le vilain de l'intrigue manque un peu de personnalité, mais apparaît finalement comme une astuce de scénario qui permet à Logan de se confronter à son reflet, à l'expression de ce qu'il aurait pu devenir s'il ne s'était pas accroché à son indépendance d'esprit et d'action. Soixante ans après la fin de la guerre, on apprécie tout de même l'évolution observée chez les auteurs de comics, qui osent désormais aborder de front les sujets qui ont fait mal... et trouvent un écho dans les années 2000.


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