8/10Wolverine - 1989

/ Critique - écrit par Canette Ultra, le 26/10/2008
Notre verdict : 8/10 - Servaleur sûre (Ecrivez votre critique)

Temps de lecture estimé de l'article : 6 minute(s) - 1 réaction

Wolverine commet ses frasques à Madripoor et il n'est pas là que pour mettre un bandeau sur son oeil et prendre des bières entre amis. Il va rencontrer Hulk, des sectes démoniaques et repenser à l'époque où il coupait du bois dans les forêts canadiennes en petit marcel.

1989, l'année de la chute du mur de Berlin mais aussi l'année où une décennie se termine. Cela est aussi valable pour nos héros. Les X-Men passent toujours pour morts et vivent dans le désert Australien. Tous ? Non, Wolverine en profite pour mener ses petites affaires entre deux batailles contre les Reavers ou les Broods. Il tient à rester dans le circuit quitte à endosser une autre identité. A Madripoor, succursale du crime, Logan est « Le Borgne » un détective bagarreur. Cette identité sera un très bon exercice pour remettre en question certains points de la vie de Wolverine comme le bien/le mal, l'homme/l'animal, bière blonde/bière brune.


1989, c'est aussi le départ de Claremont qui était le père spirituel de la nouvelle équipe de X-Men (celle avec Wolverine, Storm, Colossus...). D'autres noms fameux vont donc s'attacher à relater les aventures solo du petit griffu. John Byrne ou John Buscema seront les premiers à rejoindre « Le Borgne » et à lui donner petit à petit les dimensions d'une grande série.

Madripoor le plaisir...

Si le premier chapitre est la conclusion du volume précédent, on appréciera tout de même de retrouver Wolvie aka le Borgne dans de magnifiques réflexions stratégiques, comme lors de son explication avec Tiger au cours de laquelle il lui explique le bien-fondé de coopérer avec les autorités locales aussi pourries soient-elles !

La suite, toujours à Madripoor, est beaucoup plus légère : elle commence avec le prince qui présente à l'actrice Lindsay MacCabe sa salle de fan avec statue grandeur nature et autres effigies. Le genre de truc qui vous fait passer pour un masturbateur boutonneux, mais quand c'est le Prince qui fait ça et que l'on a des gardes armés partout, on ne rigole pas (pas trop en tout cas). Cette transition nous amène au cœur du burlesque avec le featuring de Joe Fixit (Hulk Gris pour les connaisseurs). M.Fixit (personne n'est étonné de voir un garde du corps de 3m et 5t arrêter les balles avec son crâne) doit enquêter pour la pègre de Las Vegas à Madripoor (suite à l'intervention du Wolverine dans le tome précédent). Wolverine va repérer facilement le monstre gris et le faire tourner en bourrique tout en lui faisant faire tout le travail. Hulk entre deux destructions d'immeubles va donc se retrouver arrosé par un camion, dans les rues en caleçons rouges et spolié de filles peu farouches par son alter égo Bruce Banner. Hulk sera donc tour à tour vert de honte et vert de rage. Une ambiance plus détendue qui ne fait toutefois pas oublier le côté Shanghai des années 30 de Madripoor. On a plaisir à voir Wolverine ne pas se poser d'état de conscience et blesser, trucider tout ce qui se présente à lui. En effet, au sein des X-Men, tuer ou torturer un ennemi, ça fait mauvais genre, y compris quand ces mêmes X-Men durcissent le ton depuis quelques années (cf. la guerre contre les Maraudeurs en 1986). Si Claremont et Buscema suivent donc un récit mélangeant humour et enquête, nous changeons de style avec le départ de Claremont qui nous laisse avant de partir un récit qui illustrerait l'un des passés possibles de Logan. Dans cet épisode, on voit Wolverine qui se rappelle entre deux déambulations dans Madripoor la branlée qu'il a prise par Sabertooth quand il était un gentil bucheron canadien qui aimait la gentille Silver Fox. Cette dernière s'étant faite massacrée par Sabertooth le jour de l'anniversaire de notre héros velu, celui-ci veut se venger mais... son nemesis est trop fort pour lui à l'époque et cela, à tout point de vue et il laisse Logan pour mort dans la neige et la forêt lointaine.

Ne jamais contrarier un homme qui s'appelle Wolverine...

Peter David prend le relais de Claremont avec un premier récit très sombre intitulé Promesses. Wolverine se rappelle une nuit où il a appliqué la vengeance qu'il a promise lorsqu'il était agent secret à une jeune nonne qui avait été torturée en Irak par des mercenaires. On découvre alors un Wolverine qui traque, tue, torture psychologiquement ses ennemis pour honorer sa promesse. Il est sans pitié et devient le bourreau de ces mercenaires sans scrupules.

Si Gene Nolan est derrière le graphisme de cet épisode et qu'il a su capter à merveille l'expression de la peur sur les opposants de Logan, il est remplacé par John Buscema dans les épisodes suivants.
John Buscema a un style graphique percutant qui va totalement convenir à la dérision et au côté super-héros du récit suivant. Ce vieux de la vieille qui s'est déjà
illustré sur le Silver Surfer ou the Avengers aime les héros en collants et le récit qui lui est proposé lui permet aussi de rejoindre son amour pour les épées et les légendes barbares (son travail sur Conan fait figure de référence).

Wolverine doit donc sortir un peu de Madripoor (pour mieux y revenir) pour aider son pote Archie qui a des soucis familiaux. Ses soucis vont s'éclipser devant la traque de démons et du « diamant de la Géhenne ». Le récit devient très classique du point de vue super-héros mais on y voit Logan revêtir son costume pour mieux combattre le mal. Il le met par confort plutôt que par vocation afin de limiter ses blessures. En effet, on a beau avoir un pouvoir auto-guérisseur de compétition, on n'apprécie que moyennement les brûlures, les coups de dagues ou les lasers.
Wolverine apprend aussi que son identité du « Borgne » est grillé depuis le début mais que ses amis faisant semblant de ne pas le reconnaître car... si Wolverine, un homme bourru et bagarreur décide de mettre un bandeau, on ne le contredit pas.

Le récit est donc classique, peut-être trop quand on connait le style du petit canadien. On est indulgent quand on découvre certaines blagues comme l'identité secrète qui n'était pas secrète. On appréciera également le travail de Bill Sienkiewics à l'encrage qui exacerbe le côté sauvage des protagonistes.

Entre les deux mon cœur balance au bout des griffes...

Roughouse : avant/après
Roughouse : avant/après
Le recueil s'achève sur le début d'une autre aventure avec Jo Duffy et le légendaire John Byrne qui connaissait déjà bien Wolverine après son travail des années 80 sur les X-Men.

Wolvie va aider Roughouse qui s'est fait vendre suite à une branlée qu'il a prise contre le petit X-Man. Wolverine se fait d'ailleurs malmener et jeter dans l'océan. Il est donc aussi énervé que vexé, et attaque seul les commanditaires de l'enlèvement de Roughouse : un pays ! Logan contre un pays entier, telle est la situation à la fin de cette intégrale 1989.

Le X-Man est donc plus que jamais bourru mais en même temps un superbe camarade de bière et de baston. Il a repris le chemin des collants mais il reste le meilleur dans sa partie. En effet, on ne compte plus le nombre de morts et de blessés que Logan laisse sur son passage au cours de ces diverses aventures. Si le Professeur-X (ce n'est pas un acteur porno) voyait ça, il serait certes choqué mais il saurait également apprécier le combat de Wolverine pour rester humain. La quête d'humanité de Wolverine est l'un des sujets phares du personnage et on le voit lutter sans cesse pour ne pas céder le pas à l'animal qui est en lui.


Wolverine #6 - Roughouse (avril 1989)
Wolverine #7 - Mr. Fixit comes to town (mai 1989)
Wolverine #8 - If it ain't broke... (juin 1989)
Wolverine #9 - Promises to keep (juillet 1989)
Wolverine #10 - 24 hours (août 1989)
Wolverine #11 - The Gehenna Stone Affair 1/6 : Brother's Keeper (septembre 1989)
Wolverine #12 - The Gehenna Stone Affair 2/6 : Straits of San Francisco (septembre 1989)
Wolverine #13 - The Gehenna Stone Affair 3/6 : Blood Ties (octobre 1989)
Wolverine #14 - The Gehenna Stone Affair 4/6 : Flying Wolves (octobre 1989)
Wolverine #15 - The Gehenna Stone Affair 5/6 : Homecoming (novembre 1989)
Wolverine #16 - The Gehenna Stone Affair 6/6 : Electric Warriors (novembre 1989)
Wolverine #17 - Basics (novembre 1989)
Wolverine #18 - All at sea (décembre 1989)
Wolverine #19 - Acts of Vengeance 1/2 - Heroes & Villains (décembre 1989)

A découvrir
Sambre
Sambre
Joe Bar Team
Joe Bar Team
Joe Bar Team
Joe Bar Team