8/10Winter Station

/ Critique - écrit par Maixent, le 12/09/2018
Notre verdict : 8/10 - Mort de froid (Ecrivez votre critique)

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Un slasher à glacer le sang

Quoi de mieux que le cadre angoissant d’une station de sport d’hiver désaffectée pour un slasher efficace plein de rebondissements ?


Un lieu de villégiature calme et tranquille

 

Dans ces étendues désertiques peuplées de rudes ouvriers, la jeune et jolie Lisa Langlois va avoir du mal à trouver sa place. Agent immobilier, elle est là pour restaurer cette station de ski de la Sierra Nevada à moitié abandonnée. Déjà les conditions sont rudes au milieu des  remontées mécaniques rouillées, dans un univers hostile et isolé où la folie de la solitude guette à chaque instant. Mais comme si tout cela ne suffisait pas, un psychopathe semble avoir élu domicile dans la station.
Faut pas embêter Lisa.... 

 

Que ce soit récemment la saison 2 de Slasher sur Netflix, The Thing, 30 jours de nuit ou Shining ; le thème de l’enfer glacé parcours notre imaginaire collectif. Il existe pléthore de références tant le grand blanc fascine, lieu angoissant et vide par excellence où tout devient possible  et où la couleur du sang tranche franchement sur la pureté de la glace. Winter Station ne déroge pas à la règle et malgré le noir et blanc du dessin, les tracées rouges ponctuent le récit, comme une tâche indélébile. Il en est de même pour le passé de Lisa, marquée par ses traumatismes et un passé qui va surgir, foudroyant, violent.


"Quand te reverrai-je? Pays merveilleux..."

 

Le suspens est haletant dans ce récit faussement simpliste, entre enquête policière et survival. A l’instar des films sur le même thème, le rythme est soutenu, l’intrigue bien ficelée et le lecteur suit avec plaisir et effroi  mêlés les aventures de Lisa. On se rendra compte au fur et à mesure de la lecture qu’il ne s’agit pas d’une simple psychopathe dégénérée isolée dans sa montagne comme dans Vertige mais que tout cela remonte à la naissance de Lisa. Une machination ourdie depuis des années avec des ramifications extrêmement larges.

Fleuron de l’excellente collection Flesh & Bones, le scénariste Christophe Bec signe encore une fois une histoire réussie et prenante. Que ce soit dans Bikini Atoll, Blood Red Lake ou Placerville, son style maîtrisé fait mouche à chaque fois, intégrant les codes du genre qu’il met en avant (teen movie, slasher, ou encore paranormal). D’autant plus qu’il parvient à y ajouter ce truc en plus qui à chaque fois, entraîne le lecteur un tout petit peu plus loin tout en le laissant dans un genre qu’il apprécie.

Des scénarii de qualité pour des genres qui souvent en sont dépourvus, et qui, aidés d’un dessin précis façonnent des albums d’excellente facture.

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