7/10Welcome to Paradise - Tome 1 - Myrtilles sauvages

/ Critique - écrit par riffhifi, le 05/06/2009
Notre verdict : 7/10 - Rien à voir avec Blueberry (Ecrivez votre critique)

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Polar en milieu redneck orchestré par deux nouveaux venus, Welcome to Paradise répand du mystère par poignées et donne envie d'en (sa)voir plus.

Les noms de Dobbs et Guglie ne doivent pas évoquer grand-chose aux lecteurs qui tombent sur la bande dessinée, puisque l'un et l'autre signent ici leur entrée dans le monde de la publication, le premier au scénario et le deuxième au dessin. Dobbs fait même un joli doublé, puisqu'en avril paraissaient simultanément cet opus et l'album Ed Gein aux éditions Soleil, dont les dessins sont d'Alessandro Nespolino. Ce statut de novice, fort heureusement, ne transparaît pas dans ce solide Welcome to Paradise, dont on espère le prochain tome en préparation...

Boire et conduire. Et boire à nouveau.
Boire et conduire. Et boire à nouveau.
Une mystérieuse et séduisante sergent de police croise sur le bord de la route le mystérieux Cornelius Bane, apparemment victime d'une collision avec un sanglier. Pendant que le dépanneur s'occupe de la voiture endommagée, l'homme et la femme font route vers leur destination commune : la mystérieuse bourgade de Paradise, où se trament des évènements... mystérieux.

On l'aura compris, le premier tome et ses myrtilles cultivent le suspense, distillant les bases de l'intrigue avec un certain nombre d'indices probables dans les dialogues et le décor. Bane est caractérisé de façon suffisamment efficace pour qu'on accepte la versatilité de son comportement (ses moments "grand méchant loup" ne sont pas les plus crédibles, néanmoins), et on se prend à réfléchir à la vraie nature de ce faux ornithologue à l'occupation trouble. Les personnages qui l'entourent complètent harmonieusement le puzzle : libre à chacun de s'intéresser à l'un ou à l'autre plus particulièrement, mais on se demande s'il n'y a pas quelque chose à creuser du côté d'Angela. Un prénom pareil, ça n'est pas innocent dans la ville de Paradise, d'autant que son coffee-shop exhibe une affiche du film Key Largo... La clé de l'intrigue serait-elle au coin d'une de ses tartes au myrtilles ? Après tout, la petite ville américaine cristallise souvent bien des choses dans ce genre de d'endroit : on se souvient de la série Twin Peaks, où Kyle MacLachlan Remplissez les pointillés à votre convenance
Remplissez les pointillés à votre convenance
aimait à se réfugier dans la douceur des "pies" concoctées au coffee-shop. Outre Humphrey Bogart, présent de plusieurs manières dans le scénario, on note également la volonté de glisser plusieurs allusions littéraires (pas forcément toujours très finement), comme autant d'éclairages de l'intrigue ou des personnages.

Le dessin de Guglie, de facture classique mais appréciablement lisible, semble prendre sa source dans le graphisme des comics, ce qui n'est que logique quand on considère la localisation des évènements... Occasionnellement traversé d'ombres portées quasiment expressionnistes, le dessin fait alors penser au Gil Formosa croisé récemment sur la série Double Gauche. Comme point de comparaison, on fait pire. Comme pour le scénario, on peut dire que le dessin semble au service d'une introduction progressive dans le récit, en attente d'une possible flambée de violence ou d'action. L'album se termine sur un cliffhanger abrupt qui donne définitivement envie, s'il en était encore besoin, de se procurer la suite. On note au passage une discrète épanadiplose, et si on ne sait pas ce que c'est, on cherche dans le dictionnaire.

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