5.5/10Wanderers - Tome 1 - Le Roi de l'Hiver

/ Critique - écrit par athanagor, le 11/12/2008
Notre verdict : 5.5/10 - Le Roi est mort. Vive la Mort ! (Ecrivez votre critique)

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Cette BD propose une alliance notable s'il en est. Le scénariste mythique des X-Men et un dessinateur frenchy qui dessine comme un ricain... ou presque.

Chris Claremont est un cador, un vrai, un tatoué de la BD américaine, du comics comme disent les gens qui savent ou les geeks. Nombre de X-Men lui doivent la vie et les autres le remercient pour les histoires qui firent d'eux des personnages mythiques. Le mec, il est même crédité au générique de X-Men 2 de Bryan Singer pour sa collaboration à l'écriture du scénario. Alors hein !...
Phil Briones a un curriculum plus modeste, mais il est beaucoup plus jeune, et au final il ne s'en tire pas mal. Il a participé, au sein des studios Walt Disney Feature Animation à de nombreux films dont Hercule, Tarzan et Kuzco. Pour la BD, deux albums de La Geste des chevaliers Dragons, un de Kookaburra Universe, mais aussi White Tiger, une chicca sapée avec une combi en lycra modèle tigre blanc, qui démontre bien l'ancrage de Briones dans le comics et son intention de s'imposer comme  une référence du genre en France. Donc, a priori, pas de faute de casting. Mouais...

Assailli par son fils illégitime Mordred et ses armées fantômes, Arthur réunit ses fidèles compagnons avant d'aller taper du mort-vivant.  Convoquant Henry Dunreth, fils de l'intendant des terres où se déroule la bataille, il
lui plante Excalibur dans la poitrine, en faisant ainsi le sanctuaire de l'épée magique (vous avez bien lu). La guerre c'est désordre
La guerre c'est désordre
Henry, qui a maintenant une épée magique dissimulée dans son corps, se sent un peu patraque. Il ne se réveillera qu'entre les mains de guerriers vikings qui, menés par les runes, son venus le chercher, lui et le trésor que protège son corps. Dix ans plus tard, Henry, bien qu'esclave des guerriers qui le sauvèrent, se sent auprès d'eux comme avec sa famille. En leur compagnie et celle de Coy-Yin, jeune fille tibétaine, et de son tuteur, un moine tibétain (vous avez bien lu), il espère le retour du Roi Erik de l'Ile de Bretagne. Officiellement, c'est un voyage pour renouer des liens commerciaux. Officieusement, Erik espère mettre la main sur cette île déchirée depuis la mort d'Arthur Pendragon et maintenant sous le règne du Roi de l'hiver (c'est comme ça qu'il se fait appeler). Alors que les voiles d'Erik paraissent à l'horizon, la fête pour célébrer son retour se prépare, mais pourra-t-on la mener jusqu'au bout ?

Bien que l'association des deux auteurs ne soit pas une mauvaise chose, c'est plus la viabilité de l'inscription d'une histoire arthurienne dans le courant comics qui en est Beuh... j'me sens pas bien...
Beuh... j'me sens pas bien...
une. L'histoire est certes bien écrite, nul doute là-dessus avec Claremont aux manettes, mais l'intrigue en elle-même n'a qu'un intérêt très lointain. Tout d'abord on comprend mal quel avantage il peut y avoir à s'inscrire dans la légende arthurienne si c'est pour s'en dégager le plus vite possible, à l'aide de spéculations et de ficelles qui se seraient aussi bien appliquées à n'importe quel personnage, même inconnu. On utilise Arthur, encore une fois comme un argument marketing, un élément familier sur lequel le lecteur peut se repérer. De plus, l'album se termine sur la genèse de la confrérie des Wanderers, où certains ont des pouvoirs et d'autres sont balèzes, et les derniers sont juste loyaux. Cette confrérie, soit un élément lambda dans l'univers des comics, semble être le seul intérêt de l'histoire, et sa création le seul moteur de ce tome. C'est faible. On a un peu l'impression de commencer une partie de jeu de rôle dont le but serait une quête.

L'argument de Claremont est de proposer un pan de l'histoire arthurienne que l'on ne connaît pas ou que l'on n'a pas l'habitude d'appréhender, où l'on trouve un Arthur aigri, méchant, seul et énervé qui veut récupérer son épée, nous changeant de la sempiternelle image d'un Roi juste et bon. Seulement Arthur vieux, en regard de la légende, ça ne tient pas. Il est mort avant. Faisons alors appel à un effort ultime de tolérance et acceptons tout de même cela. Après tout, on ne s'étonnerait pas de Cette greffe de bras a donc pris
Cette greffe de bras a donc pris
voir surgir des confréries de gars avec des pouvoirs et d'autres avec des gros bras pour combattre Hitler, qui ne serait en fait pas mort. Mais cela ne fait que confirmer que le contexte n'est qu'un prétexte.

Le dessin de Briones démarre plutôt bien et on se sent en confiance, prêt à être diverti et, en effet, on l'est plutôt pas mal. Les pages filent, sont mobiles et vivantes, colorées et amples et tout va bien... la première fois. La relecture ne pardonne pas, et les imperfections remarquées à cette occasion sont doublement mal vécues car, en fait, on les avait bien vues la première fois, mais on pensait s'être trompé ou avoir lu trop vite, ou bu quelque chose avant. Mais la dure réalité se révèle et on fronce le nez. Dans un mouvement général, toute l'illustration est complètement acceptable, mais le détail révèle des perspectives douteuses, des membres mal proportionnés, une alternance étrange entre des coups de crayon de différentes épaisseurs, et des styles tantôt suggestifs par l'emploi de l'ombre et d'un à-peu-près général, tantôt fouillés et acharnés sur le détail. La combinaison des deux survient parfois et là... c'est très dur.

Sans doute les fans de comics trouveront dans cet ouvrage une bonne occasion d'être un peu chauvin et n'y verront rien de rédhibitoire. Les autres, bien que non hermétiques au style, y verront surtout des défauts.

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